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L'impression d'avoir assez mangé ne vient pas de l'estomac, comme on le croyait

L’impression d’avoir mangé à sa faim ne vient pas de l’estomac, comme il était largement convenu jusqu’à aujourd’hui. Explications.

Un homme sert un invité lors d'un souper.

Vous devrez modifier l’expression « Non merci, j’ai l’estomac plein » pendant le temps des fêtes lorsque viendra le moment de décliner une seconde portion ou un dessert.

Photo : iStock / SolStock

Alain Labelle

Vous devrez modifier l’expression « non merci, j’ai l’estomac plein » pendant le temps des fêtes lorsque viendra le moment de décliner une seconde portion ou un dessert.

L’organe en forme de poche ne serait en rien responsable de la sensation d’être plein après avoir bien mangé.

Le neuroscientifique américain Zachary Knight et ses collègues de l’Université de la Californie à San Francisco ont découvert que la perception de satiété vient plutôt d’un autre organe du système digestif humain : les intestins.

Leurs travaux menés sur des rongeurs ont permis d’identifier et d‘étudier les cellules nerveuses des intestins qui détectent leurs mouvements mécaniques.

Ce vaste réseau de terminaisons nerveuses tapissant les intestins joue ainsi un rôle central dans le contrôle de la quantité de nourriture ingérée en envoyant au cerveau des signaux qui augmentent ou diminuent votre appétit.

L’équipe américaine a simulé des intestins pleins pour activer ces cellules nerveuses avec de la lumière et des produits chimiques pour s’apercevoir que les souris mangeaient moins de nourriture.

De plus, le fait d'étirer physiquement les intestins des rongeurs en y insérant un liquide salé ou un diurétique les a également amenés à manger moins.

Illustration montrant le système digestif humain.

Mieux comprendre le système digestif pourrait permettre de traiter certains troubles de l'alimentation.

Photo : iStock / Mohammed Haneefa Nizamudeen

Repères

  • Le système digestif est composé de plusieurs organes connectés les uns aux autres sous la forme d’un long tube reliant la bouche à l’anus;
  • Ce tube comprend l'œsophage, l’estomac et les intestins (grêle et gros);
  • L'estomac peut contenir deux litres de nourriture. Les glandes gastriques sécrètent des enzymes qui aident à digérer;
  • Les aliments que nous ingérons sont décomposés en lipides, glucides, protéines, et autres substances qui nourrissent les différents systèmes du corps;
  • Les deux intestins mesurent de 7 à 8 mètres;
  • Les glandes salivaires, le foie, la vésicule biliaire et le pancréas aident à la digestion.

À ce jour, la plupart des scientifiques pensaient que cette rétroaction implique des terminaisons nerveuses hormonales sensibles dans le système digestif qui suivent les nutriments que vous consommez et calculent quand vous en avez assez. Personne n'avait encore trouvé le type exact de neurones qui transmet ces signaux au cerveau.

Compte tenu du rôle central que joue l'alimentation dans notre vie, il était particulièrement étonnant que nous ne comprenions toujours pas comment notre corps sait qu'il cesse d'avoir faim lorsque nous mangeons de la nourriture.

Zachary Knight, Université de la Californie à San Francisco

Les chercheurs savaient qu’il existe des milliers de terminaisons nerveuses de types différents impliquées dans la collecte d'informations sensorielles à partir de l'estomac et de l'intestin et qu’elles transmettent toutes des messages au cerveau via un bulbe nerveux connu sous le nom de nerf vague (il est responsable de la régulation végétative comme la digestion et la fréquence cardiaque).

Les scientifiques réussissaient bien à bloquer ou à stimuler l'activité de ce nerf pour modifier l'appétit des animaux, mais ils ne comprenaient pas précisément quelles terminaisons nerveuses vagales étaient responsables du changement.

Pour résoudre ce mystère, le groupe de recherche du Dr Knight a dressé une carte complète des types de cellules sensorielles vagales des neurones de l'estomac et de l'intestin et de leurs caractéristiques moléculaires et anatomiques.

Ce travail a permis aux chercheurs de stimuler sélectivement différents types de neurones vagaux chez la souris, permettant d’établir que la modulation des capteurs d'étirement intestinal peut empêcher des rongeurs qui ont faim de vouloir manger.

Cette découverte est tout à fait inattendue, parce la science pensait depuis des décennies que les récepteurs de l'étirement de l'estomac sentent le volume de la nourriture consommée et que les récepteurs des hormones intestinales sentent son contenu énergétique.

Ling Bai, Université de la Californie à San Francisco

Traiter l’obésité

Les chercheurs estiment que cette nouvelle connaissance pourrait permettre d’étudier l’intérêt de la modulation de ces capteurs d'étirement dans le traitement de l’obésité.

Le détail de ces travaux est publié dans la revue Cell (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

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