•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Moins d'inspecteurs, au détriment de la prévention, déplore leur syndicat

Une pelle mécanique et deux travailleurs de la construction sur un chantier.

Entre 2014 et 2018, le nombre de visites d'inspection effectuées par la Régie du bâtiment du Québec sur les chantiers de construction a diminué de 5 % au Bas-Saint-Laurent et de 31 % en Gaspésie.

Photo : Radio-Canada / Simon Turcotte

Radio-Canada

La baisse du nombre d’inspecteurs qui travaillent pour la province inquiète le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ), qui réclame l’ajout de personnel au Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie. D’après une étude réalisée par l’organisation, la perte d’effectifs a un impact important sur de nombreuses facettes du travail d’inspection.

Le syndicat indique que la diminution de personnel observée dans les cinq dernières années force les inspecteurs à se concentrer sur le traitement des plaintes, au détriment du travail de prévention. Un inspecteur doit, prioritairement, donner du service à un consommateur qui fait une plainte, admet la présidente régionale du SFPQ pour l’Est-du-Québec, Céline Bonneau.

Il n’y a plus de prévention, comme c’était le cas auparavant, quand il y avait plus de personnel. À l’heure actuelle, on est plus en mode réaction qu’en mode prévention, et ce, peu importe le ministère.

Céline Bonneau, présidente régionale du SFPQ pour le Bas-Saint-Laurent, la Côte-Nord, la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine

Quelques chiffres

Entre janvier 2014 et novembre 2019 :

  • Les effectifs en inspection ont diminué de 8 % au Bas-Saint-Laurent. Au ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ), le nombre d'inspecteurs a chuté de 46 %.
  • En Gaspésie, le nombre d'inspecteurs a augmenté, passant de 15 à 16.

Entre 2014 et 2018 :

  • Le nombre de visites d'inspection effectuées par la Régie du bâtiment du Québec a diminué de 5 % au Bas-Saint-Laurent et de 31 % en Gaspésie.

Céline Bonneau souligne aussi la mise en place de nouveaux règlements, qui augmentent la charge de travail des inspecteurs de la fonction publique. Souvent on vote des lois, mais on n’ajoute personne pour les appliquer, dit-elle. Par exemple, la Loi sur le bien-être de l’animal, quand elle a été mise en vigueur [en 2015], on a pris 15 inspecteurs à même le bassin d’inspecteurs du MAPAQ pour la faire respecter. Il n’y a pas eu d’ajout de personnel. On a déshabillé Paul pour habiller Jacques, en fait.

Détresse psychologique

Le SFPQ affirme par ailleurs que des seuils de détresse psychologique inquiétants ont été rapportés chez le personnel d’inspection, notamment au MAPAQ.

L’étude réalisée par le syndicat indique que 42 % des inspecteurs de ce ministère considèrent que leur environnement de travail n’est pas sécuritaire. Ceux-ci doivent notamment se rendre dans des abattoirs d'animaux, souligne Céline Bonneau.

De plus, le SFPQ soutient que l’intimidation et la violence à l’égard des inspecteurs ne semblent pas faire systématiquement l’objet de suivis de la part de la direction.

C’est vraiment inquiétant de voir que les inspecteurs ne se sentent pas en sécurité quand ils font leur travail, affirme Céline Bonneau. 

D'après la présidente régionale du syndicat, les inspecteurs souhaitent être consultés lors des processus menant à des changements administratifs affectant leur travail. Ils demandent également une augmentation des ressources et plus de latitude pour exercer leur travail.

Avec des informations de Caroline Cyr

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Bas-Saint-Laurent

Politique provinciale