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Grève du CN : un débrayage qui tombe mal pour les producteurs de grain

Un homme portant une affiche de son syndicat regarde la photographe. Il est entouré d'autres travailleurs portant aussi des affiches, et le soleil n'est pas encore levé.

Des travailleurs du Canadien National participaient à un piquet de grève à la gare de Symington mardi matin, à Winnipeg.

Photo : Radio-Canada / Meaghan Ketcheson

Radio-Canada

La grève des employés du Canadien National (CN) tombe à un bien mauvais moment pour les producteurs de grain du pays, qui après un automne désastreux, voudraient que leurs récoltes atteignent les marchés internationaux le plus rapidement possible.

On parle d’une question de jours, pas de semaines ou de mois, lance le vice-président de Richardson International, Jean-Marc Ruest. La grève des employés du CN, dit-il, a pour effet de freiner immédiatement le mouvement du grain canadien, une situation qui n’est pas tolérable à long terme. Établie à Winnipeg, Richardson International joue un rôle important dans la vente du grain et des oléagineux canadiens sur les marchés internationaux.

À Winnipeg, les travailleurs de la gare de triage Symington, la plus importante gare de triage au pays, faisaient le piquet de grève mardi matin. Ils se joignaient ainsi aux quelque 3200 chefs de trains, agents de trains et agents de triage du Canadien National affiliés au syndicat des Teamsters, qui ont déclenché une grève mardi.

Une quinzaine de personnes sont debout, dehors, dans la rue et portent des affiches.

Ligne de piquetage des employés du CN de Winnipeg en grève, à l'aube, mardi matin.

Photo : Radio-Canada / Meaghan Ketcheson

Les représentants du CN n’ont pas spécifié quel impact la grève aura sur la gare de Symington. Ici, tous les jours, des trains de marchandises sont divisés et réassemblés selon leur destination finale. On y manipule 3000 wagons par jour, et 7000 wagons peuvent y être stationnés.

Le spécialiste des questions relatives au transport à l’Université du Manitoba Barry Prentice estime cependant que la grève ne sera pas longue. Dans le passé, rappelle-t-il, le gouvernement fédéral a agi pour mettre fin aux conflits de travail avant qu’ils n’aient un trop grand impact sur l’économie.

Jean-Marc Ruest indique que son entreprise met de la pression et demande au gouvernement canadien d'imposer un retour au travail. Mais présentement, il n’y a pas de Cabinet et de gouvernementen place, rappelle-t-il.

Le premier ministre Justin Trudeau annoncera mercredi la formation de son nouveau Cabinet, après les élections générales du 21 octobre.

L’importance du transport par train

Cinquante pour cent des marchandises sont transportées par train au Canada. L’impact d’une grève sur l’économie se calcule rapidement en millions de dollars, précise Barry Prentice.

De son côté, Jean-Marc Ruest donne une précision concernant Richardson International : Cinquante pour cent de nos élévateurs sont desservis uniquement par le CN et sont donc paralysés pendant la grève, indique Jean-Marc Ruest.

Les élévateurs portuaires de Vancouver sur lesquels on met beaucoup d’importance pour le chargement de navires et l’exportation du grain à l’international sont aussi affectés de façon très sérieuse, ajoute-t-il.

Selon M. Ruest, cette interruption de services a pour effet de nuire à la réputation du Canada à l’étranger en remettant en question la fiabilité des fournisseurs canadiens.

C’est une situation dramatique pour les producteurs locaux qui ont eu un automne et une récolte très difficiles, explique-t-il. Et de voir que les freins sont mis sur les exportations… Ce qui se passe à l’international a des répercussions jusqu’à la ferme. Si les gens ne croient plus que les produits canadiens sont fiables, ça se reflète sur les prix.

Barry Prentice estime que la plupart des entreprises qui comptent sur le train pour l’arrivée de leurs marchandises peuvent s’accommoder de quelques jours ou d’une semaine de retard, mais viendra un moment où leurs stocks seront épuisés. En même temps, ceux qui doivent acheminer des biens auront un autre problème puisque leurs entrepôts seront trop pleins.

La santé et la sécurité au cœur des discussions

Le porte-parole du syndicat des Teamsters, Christopher Monette, indique que le syndicat poursuit ses négociations avec le CN dans l’espoir d’en arriver à une entente le plus tôt possible.

Mais, dit-il, on frappe un mur sur les enjeux de santé et sécurité au travail, qui sont les points qui restent à discuter , précisant que les salaires ne constituent pas un problème.

On a des cheminots qui opèrent des trains de 20 000 tonnes alors qu’ils devraient être en train de se reposer, ajoute Christopher Monette. De nombreux déraillements sont attribuables en tout ou en partie à la fatigue, un problème dans l’industrie ferroviaire qui dure depuis des années et qui est difficile à régler .

Les travailleurs, qui sont sans contrat de travail depuis le 23 juillet, se disent préoccupés par les longues heures de travail, la fatigue et des conditions de travail qu’ils estiment dangereuses.

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