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Poupée érotique : Antoine Gagnon savait très bien ce qu’il faisait, selon la Couronne

Antoine Gagnon, au palais de justice de Québec, mardi.

Antoine Gagnon, au palais de justice de Québec, mardi

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Marie-Pier Mercier

Au jour 2 du procès de l'ex-avocat Antoine Gagnon, accusé de possession et d'importation de pornographie juvénile, la Couronne tente de démontrer que l’homme de 31 ans savait très bien ce qu'il faisait en commandant de la Chine une poupée pornographique de la grandeur d'un enfant.

L'enquêteur principal au dossier, Olivier Simard, a témoigné, mardi après-midi, qu'en plus de se procurer cette poupée, l'accusé a consulté des blogues où on peut voir des jeunes filles parfois prépubères porter des tenues légères.

L’enquêteur Simard a présenté ces sites Internet au juge Jean Asselin, de la Cour du Québec, et a expliqué leur fonctionnement.

« Soixante-trois pages web ont été visitées sur aliexpress.com et alibaba.com en relation avec des poupées sexuelles le 17 avril 2017. Deux d'entre elles comportaient le mot fille. »

La défense ne remet pas en question le fait que la poupée ait été commandée par Antoine Gagnon, mais conteste son caractère pornographique et la connaissance de l'accusé de la nature de l'objet.

La poupée en question mesure 103 centimètres et est fabriquée avec un matériau qui s'apparente à du silicone.

Elle porte une perruque rose et des vêtements transparents. Malgré sa petite taille, elle a de petits seins, des faux ongles et des hanches. Elle a des orifices à la bouche et aux parties génitales.

Un policier déguisé en livreur avait remis le colis de la poupée à l'accusé le 8 juin 2017. Une heure et demie plus tard, les policiers procédaient à une saisie dans son appartement du quartier Saint-Jean-Baptiste.

La boîte n'avait pas été ouverte par Antoine Gagnon.

Un enquêteur transporte une boîte contenant une poupée érotique au palais de justice de Québec.

L'enquêteur principal au dossier a déposé la poupée en preuve lors des procédures. L'objet a une taille d'environ un mètre, soit celle d'un enfant de 3 à 5 ans.

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Recherche de mots clés

Lundi, l’enquêteur Claude Poulin, de l'Unité de l'extraction des données du SPVQ, a affirmé au tribunal que l'accusé avait recherché sur Internet des mots clés comme : poupée pornographique aux petits seins, poupée pornographique adolescente, poupée pornographique dépourvue de seins.

« Si on a la présence de ces mots clés, c'est parce que la personne a cliqué sur la page », a dit l'enquêteur au tribunal.

Impossible toutefois de déterminer le temps passé sur les pages en question, a affirmé Claude Poulin en contre-interrogatoire mardi matin.

La défense a pu démontrer également, lors du contre-interrogatoire, que l'accusé n'a jamais utilisé les mots : enfant, jeune, bébé ou jeunesse. Le mot adolescent a toutefois été répertorié 7 fois sur plus de 6000 recherches.

Ces 6000 recherches constituent, selon la Couronne, des pages pertinentes aux accusations ou liées à l'achat de la poupée.

Le juge Jean Asselin devra déterminer s’il admet au dossier tous ces éléments de preuve afin de décider si Antoine Gagnon est coupable ou non des accusations portées contre lui.

Mercredi, la Couronne fera entendre Jean-François Fournel, le douanier qui a intercepté la poupée à Mirabel.

Cause similaire à Terre-Neuve

Un homme de Terre-Neuve accusé de possession de pornographie juvénile relativement à l'achat d'une poupée sexuelle de la taille d'un enfant a été reconnu non coupable en mai dernier.

Un juge de la Cour provinciale a déclaré que la Couronne n'avait pas réussi à prouver hors de tout doute raisonnable que l'homme de 54 ans, Kenneth Harrisson, savait ce qu'il y avait dans la boîte livrée à son domicile.

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