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Régis Labeaume compare la détresse de citoyens à celle des jeunes en centre

Régis Labeaume, maire de la ville de Québec.

Photo : Radio-Canada / Marc Andre Turgeon

Sébastien Tanguay

Excédé, le maire Régis Labeaume a sèchement répondu à des citoyens venus lui demander une rencontre, comparant leur mécontentement à l’égard de la densification autorisée par la Ville dans leur quartier aux misères vécues par les jeunes placés en centre.

On veut vous voir, M. Labeaume. C’est important, a imploré lundi soir France Lévesque, une résidente de Sainte-Foy qui a vu un immeuble de 10 mètres pousser à une distance de bras de sa cour.

Depuis plusieurs mois, elle et un groupe de voisins du secteur déplorent le préjudice occasionné par l’édifice à leur intimité et à la valeur marchande de leurs propriétés. Un autre immeuble, celui-là de 14 mètres, a lui aussi vu le jour dans ce même secteur dominé par les maisons unifamiliales.

Les résidents, qui ont interpellé leurs conseillers à de nombreuses reprises sur la question, portaient pour la première fois leur préoccupation à l’attention du maire.

Un bungalow d'un étage apparaît à gauche de l'image. À droite se dresse un immeuble de 14 mètres en construction.

L'immeuble de 14 mètres respecte la réglementation municipale. Devant les plaintes des voisins, l'administration a changé les règles de zonage.

Photo : Radio-Canada / Sébastien Tanguay

Je ne suis pas prêt à vous rencontrer, a lancé le maire lors d’une séance du conseil qui s’est étirée pendant près de cinq heures, lundi soir. Vous allez rencontrer vos conseillers et ce sera assez pour moi.

Régis Labeaume a ensuite comparé la « détresse » vécue par ces résidents à celle des jeunes qui fréquentent des centres d’accueil, en s’adressant directement à France Lévesque.

Vous dites que vous avez des séquelles psychologiques [...] Tantôt on a parlé de misère, de solitude, de désespérance. On a parlé des jeunes…, a répliqué le maire, mentionnant avoir écouté les « grosses misères » de six d’entre eux au cours des derniers jours.

Je veux bien comprendre votre problème [...] mais avec ce qu’on a vu ces derniers jours, les problèmes humains, profonds, je ne suis pas prêt à vous rencontrer. Je préfère que vous rencontriez vos conseillers municipaux. En attendant, moi...

Après une hésitation, le maire conclut : … je vais garder mon sang-froid.

« On n’est pas surpris, on connaît le personnage »

France Lévesque, la citoyenne prise à parti par le maire lors du conseil, ne se formalise pas de l’attitude de l’élu à son endroit, même si elle reconnaît qu’elle ne méritait pas de se faire parler comme ça.

Il a fait un parallèle que je trouve odieux, en comparant la souffrance des gens. Son ton était dénigrant, déplore-t-elle, en ajoutant toutefois ne pas être étonnée.

France Lévesque et Mario Lapointe se dressent devant leur cour. En arrière-plan, un passage de moins d'un mètre sépare leur jardin et l'escalier de l'édifice de trois étages.

France Lévesque et Mario Lapointe doivent désormais composer avec un immeuble de dix mètres dont la façade surplombe directement leur jardin. Ils estiment à 50 000 $ la perte de valeur de leur résidence.

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

Je ne suis pas fâchée, je m’attendais à ça. Nous connaissons tous le personnage. Que d’autres puissent maintenant voir son attitude à notre égard, c’est consolant.

Elle conclut en affirmant que selon elle,un maire doit être à l’écoute, peu importe la souffrance des gens.

L’opposition sort de ses gonds

Apostrophé par un autre résident du secteur, le chef de l’opposition, Jean-François Gosselin, n’a pu cacher son indignation lors du conseil municipal.

C’est absolument inacceptable, la manière dont [le maire] a parlé aux citoyens tantôt. [...] Je trouve ça cheap. [...] Monsieur le président, ça me vient me chercher : ça n'a pas de bon sens de parler aux citoyens de cette façon-là..., a dit le chef de Québec 21 , entre les trois rappels à l’ordre du président de l’assemblée.

La Ville écarte toute compensation financière

Les deux immeubles apparus sur les rues Richer et Terrasse-Laurentienne, un secteur prisé situé près des cégeps et de l’université Laval, respectaient la réglementation en vigueur.

Devant les plaintes soulevées par les résidents du secteur, la Ville a agi promptement, de l’avis même des habitants du quartier, pour modifier les règles de zonage et limitées le nombre d’étages et de logements autorisé. 

Les voisins les plus affectés par l’apparition des deux logements exigent cependant une indemnisation de la Ville.

Une clôture, à l'avant-plan, paraît minuscule à côté de la façade de 14 mètres qui se construit juste à côté, en arrière-plan sur l'image.

Deux nouveaux immeubles de plusieurs étages gâtent l'intimité des cours environnantes. Les citoyens du secteur se demandent pourquoi la Ville a approuvé des projets qui détonnent autant dans le quartier.

Photo : Radio-Canada / Sébastien Tanguay

Il n’y aura pas de compensation financière parce qu’une Ville, ça ne fait pas ça, a répété la conseillère Émilie Villeneuve lors du conseil municipal, rappelant que les projets autorisés, même s’ils étaient conformes, ne sont pas ceux qu’elle aurai[t] voulus là. La Ville étudie des mesures de mitigation pour limiter les désagréments provoqués par les deux immeubles donnant directement sur les jardins des résidents du quartier.

La plantation d’arbres ou de haies, notamment, est à l’étude.

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