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Les conséquences économiques possibles de la grève du CN dans le Nord de l'Ontario

Des emplotés du CN tiennent des pancartes.

Un piquet de grève a aussi été érigé du côté de Hornepayne, au sud-ouest de Hearst, un autre centre important du CN dans le Nord de l'Ontario.

Photo : Radio-Canada / Francis Bouchard

Radio-Canada

Environ 200 employés du CN à Capreol, dans la région de Sudbury, et à Hornepayne se sont joints au mouvement qui regroupent 3200 employés en grève depuis minuit mardi à travers le pays, principalement des chefs de train et des agents de triage. La grève pourrait avoir d'important effets sur l'économie régionale, ce qui pourrait accélérer les négociations, estime un expert en relations industrielles.

L'impact de la grève pourrait être très important pour les industries nord-ontariennes puisque le CN n'utilise pas de trains intermodaux, comme ailleurs au pays, pendant le conflit de travail, selon le président général du syndicat pour le secteur est du pays, Alain Gatien.

Le CN, selon nos sources, ne [veut] plus [faire] rouler aucun train dans le Nord de l'Ontario pour le temps de la grève. Les industries qui auraient besoin de wagons ou quoi que ce soit, ils n'auront pas de services.

Alain Gatien, président général du syndicat des Teamsters pour l'Est du Canada

Les conséquences économiques de la grève pourraient inciter les deux partis à trouver un terrain d'entente rapidement, avance Louis Durand, professeur en relations industrielles à la faculté de gestion de l'Université Laurentienne de Sudbury.

Une grève dans ce secteur-là du transport de marchandises. C'est une pression qui est très forte sur le Canadien National. C'est sûr que le gouvernement ferait pression également face à un impact économique important.

Les demandes des grévistes

Marc Robert, chef de train, fait partie des 94 grévistes à Capreol, dans la région de Sudbury.

Environ autant d'employés en grève se trouvent du côté d'Hornepayne, au sud-ouest de Hearst.

Ils étaient une dizaine sur l'un des deux piquets érigés au coin des rues Front et Yong. Selon lui, la plupart des travailleurs en grève restent solidaires afin de faire entendre leurs demandes.

Trois hommes debout tiennent des pancartes de grève au centre d'une route, l'hiver.

Marc Robert (à gauche) et quelques travailleurs ont érigé deux piquets, bloquant la circulation face à la gare de triage à Capreol.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Projean

On veut plus de sécurité, plus de bénéfices et moins d'accidents, martèle M. Robert, pancarte en main.

Il estime que les conditions de travail actuelles ont été chèrement gagnées par les travailleurs de la région au fil des années, notamment en conciliation travail-famille.

Des piqueteurs de grève tenant des pancartes avec le logo syndical du Teamsters Rail, devant des trains.

Selon le syndicat représentant les employés du Canadien National, la santé des travailleurs, les congés et la sécurité sont au coeur des négociations.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Projean

On ne veut pas les perdre. On aime ce que l’on a, on apprécie de passer du temps en famille, ajoute Marc. On a besoin de notre repos quand on arrive de notre voyage et pour récupérer avant de rentrer au travail.

Des employés déterminés

Malgré les nombreuses heures de grève anticipées, Marc se réjouit du temps clément et de l’ambiance optimiste sur place. Du café et des beignes étaient d’ailleurs offerts pour ravitailler les grévistes.

On arrête des véhicules : la plupart des gens sont polis avec nous et ils comprennent. Le moral est bon, conclut-il.

Des travailleurs tenant des pancartes.

Trois employés du CN au piquet de grève à Sioux Lookout, au nord-ouest de Thunder Bay.

Photo : Nathalie Lavallée

La Conférence ferroviaire des Teamsters, qui représente les 3200 travailleurs du Canadien National, n'est pas parvenue à renouveler leur contrat de travail échu le 23 juillet dernier.

Un préavis de 72 heures a été déposé samedi dernier, comme l'exige la loi. En septembre, les syndiqués s'étaient prononcés à 99,2 % en faveur d'un mandat de grève.

Le syndicat et le transporteur ferroviaire sont en négociations depuis plus de 6 mois.

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