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3200 syndiqués du Canadien National en grève

Deux personnes tiennent des pancartes du syndicat des Teamsters devant les bureaux du CN.

Des employés du Canadien National ont manifesté devant les bureaux de la compagnie sur la rue De La Gauchetière, à Montréal. Ailleurs au pays, d'autres syndiqués ont manifesté leur mécontentement.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada
Mis à jour le 

Les chefs et agents de train ainsi que les agents de triage du Canadien National (CN) représentés par la Conférence ferroviaire de Teamsters Canada (CFTC) sont en grève.

Le syndicat représentant 3200 travailleurs n'est pas parvenu à s'entendre avec l'employeur sur le renouvellement de la convention collective, échue depuis le 23 juillet.

Selon les Teamsters, les négociations achoppent sur les conditions de travail, et non sur le salaire.

Un préavis de grève de 72 heures avait été publié samedi, quelques semaines après que les syndiqués se furent prononcés à 99,2 % en faveur d'un mandat de grève.

La grève ne devrait pas perturber le transport des passagers des services ferroviaires exo, de Montréal, GO Transit, de Toronto, et West Coast Express, de Vancouver.

Nous sommes déçus que la CFTC ait initié une grève, a commenté la direction du CN. Nous allons retourner à table de négociation aujourd’hui, avec l’aide des médiateurs fédéraux.

Les services du CN sont névralgiques pour le transport de nombreuses marchandises au pays, dont les céréales, les minerais et le pétrole.

Ottawa pressé d'agir

Les ministres fédéraux du Travail et des Transports, Patty Hajdu et Marc Garneau, exhortent les deux parties à poursuivre les négociations, entreprises il y a six mois, avec l'aide des médiateurs fédéraux.

Ottawa est conscient de l'importance de l'industrie ferroviaire et de ses travailleurs pour l'économie canadienne, indique la ministre Hajdu dans une déclaration officielle.

Bien que nous soyons préoccupés par les conséquences qu'un arrêt de travail aurait pour les Canadiens, nous avons bon espoir qu'ils parviendront à un accord. [...] Nous suivons la situation de près.

Patty Hajdu, ministre du Travail du Canada
Deux locomotives du Canadien National.

Les 3200 employés du Canadien National sont en grève depuis minuit, mardi.

Photo : Radio-Canada

Le gouvernement fédéral est cependant pressé d'agir, tant par le gouvernement albertain que par les entreprises des secteurs pétrolier et minier.

Dans un communiqué, la ministre albertaine de l'Énergie, Sonya Savage, demande d'emblée au premier ministre Trudeau de rappeler le Parlement de toute urgence afin de faire adopter une loi forçant le retour au travail.

Le CN transporte plus de 170 000 barils de pétrole de l'Ouest chaque jour, et il est impossible d'attendre qu'une nouvelle session parlementaire s'ouvre, le 5 décembre, pour agir, dit-elle.

Toute perturbation dans les livraisons de pétrole aurait de graves conséquences pour une économie qui doit composer avec de sévères goulots d'étranglement en raison des [projets d']oléoducs annulés ou retardés.

Sonya Savage, ministre de l'Énergie de l'Alberta

Malheureusement, même cette brève attente pourrait entraîner de graves dommages, non seulement pour l'économie albertaine, mais pour toute l'économie canadienne, allègue la ministre.

L'Association canadienne des producteurs pétroliers dit aussi être inquiète de la tournure des événements, étant donné le manque de capacité des oléoducs pouvant transporter du pétrole de l'Ouest canadien.

Le ministre albertain de l'Agriculture, Devin Dreshen, souligne lui aussi que les agriculteurs de sa province dépendent du transport ferroviaire pour expédier leurs cargaisons partout dans le monde.

Les agriculteurs n'ont pas besoin que des retards de livraison viennent aggraver leurs problèmes, particulièrement après des récoltes difficiles. Il est temps d'agir maintenant, affirme-t-il.

Lorsque vous perdez une journée, vous ne la récupérez jamais. Il n'y a vraiment rien à faire. Une fois que les trains sont immobilisés, vous êtes pratiquement au neutre, sans autre solution, jusqu'à ce que le problème soit résolu.

Wade Sobkowich, président de l'association des exploitants de silos à céréales

L'Association minière du Canada demande pour sa part au gouvernement Trudeau de régler ce conflit de travail en ordonnant le recours à l'arbitrage exécutoire.

Un arrêt du transport ferroviaire a des répercussions importantes sur les opérations des mines, qu'il s'agisse de transporter du matériel vers les installations d'exploitation ou d'expédier les produits qui en sont extraits, indique-t-elle dans un communiqué.

Cette grève entraînera une réduction importante ou l'élimination de la capacité ferroviaire, et provoquera la fermeture de mines et la mise à pied de milliers de travailleurs d'ici quelques jours, prévient son président, Pierre Gratton.

Singh refuse de forcer le retour au travail

Pas question de réclamer le retour précipité en Chambre des députés fédéraux s'il s'agit d'adopter une loi forçant le retour au travail des grévistes, a de son côté déclaré le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh.

En marge de la cérémonie d'assermentation des députés néo-démocrates, à Ottawa, M. Singh s'est résolument rangé du côté de la « négociation de bonne foi » et du droit, pour les travailleurs, de « travailler dans des conditions sécuritaires ».

Je suis fermement opposé aux lois forçant le retour au travail, et je suis fermement opposé au fait de rappeler les députés en Chambre pour cette raison, a-t-il ajouté, avant d'indiquer que si les libéraux tentaient bel et bien de faire adopter une loi de retour au travail visant les grévistes du CN, « je voterais contre, et mon parti voterait contre ».

Des questions de santé et de sécurité au cœur du litige

Le conflit de travail ne porte pas sur les salaires, mais sur les conditions de travail, et plus particulièrement les questions liées à la santé et sécurité du travail.

Le CN exige des conducteurs de trains qu’ils conduisent seuls les trains à partir de l’extérieur de la locomotive, en s’agrippant au train en mouvement d’une main et en manœuvrant la locomotive à l’aide d’une télécommande dans l’autre main, a indiqué le syndicat en fin de semaine.

On s’attend à ce que les cheminots s’exécutent ainsi en tout temps, y compris sous la pluie et par temps glacial, sur des distances pouvant parfois atteindre environ 27 km, ont ajouté les Teamsters, qui demandent la fin de cette pratique.

Le syndicat déplore en outre que des demandes du CN visent à accroître le rendement tout en réduisant le personnel.

Des travailleurs auront conséquemment de la difficulté à prendre des congés et devront s'astreindre à travailler de plus longues périodes sans repos, indique-t-il.

Un trop grand nombre de cheminots conduisent des trains alors qu’ils devraient se reposer. Pour la sécurité de tous les Canadiens, le CN ne doit pas empêcher nos membres de prendre les périodes de repos dont ils ont besoin.

Lyndon Isaak, président de la CFTC

Chris Kabin, un chef de train rencontré mardi par Radio-Canada alors qu'il faisait du piquetage, soutient que ses collègues et lui n'ont pas eu le choix d'opter pour un débrayage.

Nous étions dans cette position il y a deux ans, et nous avons décidé de ne pas faire la grève. Mais nous en sommes maintenant à un point où nous croyons que nous devons nous faire entendre un peu plus, dit-il.

C'est la seule façon que nous avons trouvée pour faire passer notre message. Nos voix méritent d'être entendues.

Chris Kabin, chef de train au CN

Le syndicat des Teamsters a déjà rejeté une demande d'arbitrage exécutoire de la partie patronale, en affirmant que le CN espère ainsi réaliser des gains inatteignables par voie de négociation.

La semaine dernière, le CN a annoncé qu'il procédera à quelque 1600 mises à pied, soit près de 6 % de sa main-d'oeuvre, alors que l'affaiblissement de l'économie nord-américaine freine la demande.

Avec les informations de La Presse canadienne

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