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Une mère ne peut plus loger ses six enfants après un incendie provoqué par son fils

Joni Gabriel est mère de six enfants.

Joni Gabriel a été expulsée d'une résidence de Logement Manitoba avec ses six enfants en octobre à la suite d'un incendie accidentel et a maintenant du mal à trouver un logement abordable.

Photo : Radio-Canada / John Einarson

Radio-Canada

Une mère de six enfants n’arrive plus à se loger depuis qu’elle a été expulsée de Logement Manitoba, après que son fils eut mis accidentellement le feu à la maison.

Le fils de Joni Gabriel, âgé de 6 ans, jouait avec un briquet lorsqu’il a mis accidentellement le feu aux toilettes du logement familial le mois dernier. Toute la famille a pu évacuer le logement saine et sauve, mais Joni Gabriel a par la suite reçu un avis d’expulsion de la part de Logement Manitoba, pour avoir enfreint les règles de sécurité.

Honnêtement, je ne sais pas comment il a fait, mais nous lui avons parlé, assure Joni Gabriel en parlant de son fils.

Depuis le 7 octobre, sa famille, composée de quatre garçons et deux filles âgés de 3 à 16 ans, est logée à Sonrise Village, un refuge familial dirigé par l’Armée du Salut.

Se tourner vers Manitoba Logement n’est plus une option, selon Mme Gabriel, car sa candidature a été rejetée.

Conditions de vie stressantes

Désormais sans possibilité d’accéder à un logement social et avec des enfants qui ne supportent plus de vivre enfermés dans un refuge, Joni Gabriel dit ne plus savoir vers qui se tourner pour trouver un endroit où vivre qui soit abordable.

Elle dit que, depuis l’accident, son fils a vécu beaucoup de stress et a des difficultés à l’école, mais qu’il essaye de tirer les leçons de ses erreurs.

Dans un courriel adressé à Radio-Canada, un porte-parole de Logement Manitoba a déclaré que l’organisme pouvait choisir de ne pas reloger un locataire responsable d'un incendie.

Joni Gabriel explique que les conditions de vie dans le refuge où elle vit avec ses six enfants sont particulièrement stressantes.

Des enfants dorment dans des couvertures de la Croix-Rouge.

Joni Gabriel et ses six enfants demeurent dans un refuge de l'Armée du Salut jusqu'à ce qu'ils puissent trouver un logement.

Photo : Joni Gabriel

Elle explique que des repas sont servis trois fois par jour, mais que le dernier est servi à 16 h 30, ce qui fait que les enfants ont souvent faim avant d'aller se coucher.

Elle dit également que le chauffage du refuge ne fonctionne pas et qu’elle a dû partager son lit avec deux de ses enfants pendant que d’autres ont dû dormir par terre.

Un porte-parole de l’Armée du Salut a indiqué que le chauffage avait été réparé et précisé que le refuge ne disposait pas d’un service de garde et que les enfants étaient sous la responsabilité des parents à chaque instant.

Cela me fait penser à une prison

Le cas de Joni Gabriel n’est pas unique, selon Corga Morgan, la défenseure de la famille des Premières Nations, qui relève de l'Assemblée des chefs du Manitoba.

La question du logement est très critique pour beaucoup de familles avec qui nous travaillons, souligne-t-elle.

Corga Morgan est assise dans un fauteuil pendant une entrevue.

Cora Morgan, la défenseure de la famille des Premières Nations, qui relève de l'Assemblée des chefs du Manitoba, souligne que le cas de Joni Gabriel n’est pas unique.

Photo : Radio-Canada

Selon elle, le refuge de l’Armée du Salut n’est pas fait pour accueillir une famille de cette taille.

Toutes les portes sont fermées à clé, les murs sont peints de la même couleur, il y a peu de fenêtres. C’est un espace confiné régi par beaucoup de règles, note Cora Morgan.

Selon moi, c’est de l’enfermement institutionnel. Cela me fait penser à une prison.

Joni Gabriel affirme qu’une infirmière de la santé publique et une assistante sociale tentaient de l'aider à trouver un logement convenable, mais sans succès pour l’instant.

La crainte de voir ses enfants enlevés par les services sociaux

La mère de famille dit qu'elle craint que ses enfants lui soient un jour retirés par les Services à l'enfant et à la famille.

Ces craintes sont confirmées par Cora Morgan, qui reconnaît que des enfants peuvent être enlevés à leurs parents si les Services à l'enfant et à la famille estiment qu’il n’y a pas assez de place dans le logement.

Elle explique que les règles en vigueur prévoient qu’un parent ayant la charge de six enfants doit disposer d'au moins quatre chambres pour les loger.

Joni Gabriel dit qu'elle consacre tous ses efforts à trouver un logement dans le secteur privé, mais que louer un appartement de quatre chambres coûte entre 1400 $ et 1500 $ par mois, sans compter l’eau, l’électricité et la nourriture.

Elle compte désormais sur l’aide de Cora Morgan et espère trouver un logement pour sa famille d’ici le mois de décembre.

Avec les informations de Nelly Gonzalez.

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