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Les cellules de la Force policière d’Halifax manquent de personnel, selon le syndicat

L'enseigne du poste de police

Le syndicat des policiers d'Halifax réclame plus de personnel pour surveiller les détenus et une modernisation des cellules dans le poste de la rue Gottingen.

Photo : CBC/Robert Short

Radio-Canada

Il n’y a trop souvent qu’une ou deux personnes pour superviser les cellules au quartier général du service policier d’Halifax, ce qui met ces employés et les détenus dans une position vulnérable, selon le syndicat des policiers.

Le président de l’association de la force policière régionale d’Halifax, Dean Stienburg, a écrit au chef du service policier, Dan Kinsella, vendredi, pour lui demander d’augmenter le personnel, de former davantage les employés affectés aux détenus et d’apporter des changements à cette section de l’édifice.

C’est un lieu de travail dangereux. Nous faisons affaire à des personnes agressives, souvent en état d’ébriété et irrationnelles, souligne Dean Stienburg en entrevue.

Les syndiqués craignent pour leur responsabilité et leur propre sécurité en cas d’incident, explique M. Stienburg. Ils se préoccupent aussi des soins à prodiguer aux détenus.

Dean Stienburg a rédigé sa lettre à la suite de la condamnation récente des policiers Dan Fraser et Cheryl Gardner pour négligence criminelle causant la mort. Ils étaient accusés relativement à la mort de Corey Rogers, survenue le 16 juin 2016.

Un homme vu de haut couché à plat ventre dans une cellule fermée par des barreaux.

Corey Rogers est mort dans une cellule de dégrisement dans la nuit du 15 au 16 juin 2016.

Photo : La Presse canadienne / Tribunaux de la Nouvelle-Écosse

M. Rogers avait été arrêté pour ébriété publique. Il crachait durant son arrestation. Les policiers lui ont alors fait porter une demi-cagoule, qui couvre la moitié inférieure du visage. On lui a laissé cette demi-cagoule après l’avoir jeté en cellule de dégrisement au poste de police. L’homme de 41 ans est ensuite mort asphyxié en s’étouffant dans son vomi.

Cette affaire démontre qu’il faut plus de ressources pour superviser les personnes détenues, selon M. Stienburg. Les cellules du poste de police accueillent environ 2800 personnes par année pour le dégrisement et 3500 autres personnes pour des affaires criminelles, souligne-t-il. Les installations comprennent 18 cellules ordinaires et 2 pour le dégrisement.

Dean Stienburg réclame une formation additionnelle pour les policiers en matière de pose des demi-cagoules et d’évaluation des personnes en état d’ivresse, entre autres.

Le chef Dan Kinsella a déclaré lundi qu’il révise lui-même les soins aux détenus pour s’assurer qu’ils sont efficaces et sécuritaires. Cela comprend le personnel, la supervision et l’équipement, y compris les demi-cagoules, les menottes et les courroies de retenue des jambes. Le but est de corriger toute lacune, a-t-il expliqué.

Le drapeau du Nouveau-Brunswick a été installé au quartier général de la police régionale d'Halifax.

Il y a 18 cellules au quartier général de la police d'Halifax. Elles accueillent annuellement 2800 personnes pour le dégrisement et 3500 autres pour des affaires criminelles.

Photo : Jean-Michel Blais/Twitter

Le syndicat des policiers a déjà demandé dans le passé plus de personnel, sans succès jusqu’à présent. Le service policier emploie des civils comme agents de la paix pour superviser les détenus et ils sont moins payés que les policiers, indique M. Stienburg .

Environ la moitié des travailleurs à plein temps sont en congé à cause de blessures physiques ou psychologiques subies au travail et ils sont remplacés par des travailleurs à temps partiel, souligne le président du syndicat

Dean Stienburg recommande qu’un policier ayant le grade de sergent ou de caporal supervise les deux membres du personnel en poste dans le secteur des cellules et prenne les décisions importantes en cas de besoin. Il ne suffit pas de simplement affecter des policiers à cette tâche lorsque les cellules sont particulièrement achalandées parce que cela réduirait le nombre des agents au travail dans la ville, ajoute-t-il.

Il faut compter sur un nombre suffisant d’employés pour répondre immédiatement en cas de bagarre ou d’urgence médicale chez les détenus, affirme Dean Stienburg. Il dit qu’on ne peut attendre l’arrivée d’agents dans de telles situations.

Pour des conseil médicaux en tout temps

Le syndicat propose aussi au service policier d’employer des professionnels de la santé pour faire un suivi auprès des personnes détenues. Des travailleurs paramédicaux ou des infirmiers, par exemple, aideraient le personnel à mieux connaître l’état de santé des détenus, explique-t-il.

En l’absence de cette expertise, le personnel doit appeler une ambulance en cas de besoin, indique M. Stienburg. Il s’attend à ce que ce soit le cas de plus en plus souvent à cause des préoccupations du personnel en matière d’évaluation des détenus.

Il est question depuis belle lurette de remplacer le poste de police de la rue Gottingen, qui a ouvert ses portes en 1974. Dean Stienburg affirme que les cellules sont vieilles et qu’elles n’ont jamais été rénovées. Lorsque les choses tournent mal à l’intérieur, dit-il, il arrive trop souvent que le personnel se démène pour ouvrir la porte coulissante avec une clé. Il estime que ce système est antique et dépassé.

Les employés courent un grand risque lorsqu’ils doivent entrer dans une cellule qui compte de six à huit détenus pour faire cesser une bagarre, dit-il, parce qu’il est toujours possible que les détenus s’en prennent à eux.

Il arrive aussi que des détenus aspergent d’urine les employés ou leur jettent des matières fécales, ajoute-t-il.

Le syndicat réclame pour les cellules de nouvelles serrures pouvant être activées à distance ainsi que des panneaux en plexiglas qui empêcheraient les détenus de jeter quoi que soit au personnel.

D’après un reportage d’Elizabeth McMillan, de CBC

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