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Google lance Stadia, sa plateforme futuriste de jeu en nuage

Manette de Google Stadia.

S'abonner à Stadia coûte 11,99 $ par mois.

Photo : Google

Radio-Canada

Google a mis en service, mardi, sa plateforme infonuagique de jeux vidéo Stadia, qui donne la possibilité de jouer depuis n'importe quel écran, sans console ni ordinateur performant. Le géant du web croit fermement qu'elle représente l'avenir du jeu vidéo.

Dans 14 pays, dont le Canada, les joueurs et joueuses peuvent désormais s'abonner à Stadia Pro pour 11,99 $ par mois.

Ce prix inclut l'usage de la technologie à distance, la résolution 4K, le son 5.1, l'accès au catalogue de jeux payants et un accès gratuit à Destiny 2 et à Samurai Shodown. Un différent jeu gratuit sera ensuite offert chaque mois pour les personnes abonnées à Stadia Pro.

Stadia a 22 titres à son lancement, dont Assassin's Creed Odyssey et Mortal Kombat 11, et une trentaine seront ajoutés d'ici la fin de l'année.

Le géant des technologies propose dès maintenant un ensemble de lancement comprenant un abonnement de trois mois, un appareil Chromecast Ultra pour se connecter à un téléviseur et une manette conçue par Google pour 169 $.

Il est par contre possible de se servir de n'importe quelle autre manette USB, comme celles de la PlayStation 4 ou de la Xbox One, pour jouer.

Un abonnement gratuit doit d'ailleurs être proposé en 2020, mais il offrira des caractéristiques techniques moins performantes, comme une plus basse résolution et un son stéréo.

Un modèle différent de celui de Netflix

Stadia consiste avant tout en un ordinateur virtuel. Contrairement aux plateformes de diffusion en continu comme Netflix, son modèle économique est d'abord basé sur la vente des jeux à la pièce, comme le font d'autres services tels que Xbox Live et Steam.

Une manette Stadia devant plusieurs écrans qui affichent la même image. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Stadia donne la possibilité de jouer depuis n'importe quel écran, sans console ni ordinateur performant.

Photo : Google

À terme, Google promet de passer d'un écran à l'autre sans friction, en commençant une partie sur ordinateur et en la continuant ensuite sur un téléphone intelligent, par exemple.

Au lancement, Stadia fonctionne seulement avec quelques appareils comme le décodeur Chromecast pour jouer sur un téléviseur et les derniers téléphones intelligents Google (Pixel 3 et 4), seul téléphone capable de recevoir le signal des serveurs de Google.

Est-ce que ça fonctionne bien?

Plusieurs médias spécialisés ont livré leurs premières impressions de Stadia en début de semaine. Le consensus qui semble se dégager de leurs tests est que la plateforme est impressionnante, mais perfectible.

C’est que le jeu en infonuagique risque de connaître un délai de transit, un obstacle auquel les consoles traditionnelles ne doivent pas faire face. La manette doit envoyer ses commandes à un serveur, qui renvoie ensuite les données à l’écran. Il semblerait que la latence est bel et bien présente avec certains jeux, mais qu’elle n’est pas aussi perceptible que le craignaient certaines personnes.

Le site IGN estime que Stadia ne donne pas l’impression qu’on est en train de diffuser un jeu en direct, mais que l’illusion se brise quand un titre exige plus de précision. On pense notamment aux jeux de tir comme Doom Eternal ou aux jeux de combat comme Mortal Kombat 11.

Capture d'écran du jeu Mortal Kombat 11. Deux personnages se battent. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les jeux de combat comme « Mortal Kombat 11 » sont moins adaptés à Stadia que des jeux qui exigent moins de précision.

Photo : Warner Bros. Interactive

Ce dernier serait d’ailleurs injouable sans une connexion Internet à très grande vitesse, selon le site Gamespot. Mais quand tout fonctionne comme il se doit, Mortal Kombat n’est pas très loin du vrai jeu, poursuit leur article.

Le journaliste Sean Hollister, du site The Verge, soutient que la plateforme est plus fiable que n’importe quel autre service semblable [qu’il] a testé dans la dernière décennie, mais qu’elle semble encore être en mode bêta. Il conseille d’attendre 2020 avant de s’abonner.

En effet, plusieurs des fonctionnalités promises par Google, comme la possibilité de jouer directement à un jeu après avoir vu sa publicité sur YouTube, ne sont pas encore offertes au lancement. Plusieurs aspects sociaux de la plateforme, dont une bonne partie est dédiée à la communauté de diffusion en direct, sont aussi absents.

Il n’en demeure pas moins que Stadia semble bien remplir sa mission première, outre les rares ralentissements et erreurs de déconnexion. La qualité d’image est d’ailleurs encensée par plusieurs personnes ayant testé le service, qui disent qu’on a véritablement l’impression de jouer à une console 4K.

Les critiques avaient aussi de très bons mots pour sa manette conçue par Google, qui a un bon poids en plus d’être confortable, selon le site Polygon.

La connexion québécoise

Google a d'ailleurs décidé d'établir son premier studio consacré exclusivement au développement de jeux Stadia, Stadia Games and Entertainment, à Montréal.

Celui-ci est mené par l'ex-productrice déléguée de la série Assassin's Creed, Jade Raymond, qui s'est jointe à l'entreprise en mars dernier en tant que vice-présidente.

Jade RaymondAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La Montréalaise Jade Raymond a été nommée à la tête de Stadia Games and Entertainment.

Photo : Reuters / Stephen Lam

Le studio promet de changer la manière dont les joueurs et joueuses vivent l'expérience de jeu, en misant notamment sur l'accessibilité.

Des concurrents déjà en place

D'autres services infonuagiques de jeux vidéo existent déjà depuis plusieurs années, comme PlayStation Now de Sony.

Mais le nuage du jeu vidéo n'a jamais vraiment décollé jusqu'à présent. La plateforme française Blade revendique une clientèle de 70 000 personnes pour son ordinateur de jeux vidéo dématérialisé, loin des 100 000 personnes espérées à la fin de l'année 2017.

PlayStation Now a accumulé près de 700 000 personnes abonnées en 5 ans. Mais le mastodonte japonais, qui a vendu des dizaines de millions de consoles, ne propose qu'une partie de son catalogue sur cette plateforme.

Microsoft, le grand rival

Microsoft prépare de son côté son propre service, la xCloud, qui doit sortir en 2020. C'est le rival potentiel le plus dangereux pour Google, estime Ted Pollak, spécialiste du marché des jeux vidéo chez Jon Peddie Research.

Le fabricant de la Xbox a l'avantage d'être déjà un acteur majeur du secteur, avec des titres qu'il a édités et des accords avec d'autres développeurs pour proposer régulièrement des jeux gratuits en échange d'un abonnement.

Microsoft domine en outre Google en ce qui concerne les parts de marché dans le nuage professionnel et possède d'immenses ressources en centres de données et en serveurs.

Les entreprises concurrentes devront également se départager sur le terrain social. Un grand nombre de jeunes s'abonnent à Xbox Live ou à PlayStation Network parce que ces services de jeux connectés leur permettent aussi de trouver leurs amis en ligne.

Avec les informations de Agence France-Presse, IGN, Gamespot, Polygon, et The Verge

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