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Une nouvelle formule se dessine pour les six quotidiens du Groupe Capitales Médias

Des exemplaires de journaux, propriétés de Groupe Capitales Médias (GCM).

Des journaux de Groupe Capitales Médias (GCM)

Photo : The Canadian Press / Paul Chiasson

Vicky Boutin
Hugo Prévost

Québec a choisi le projet de coopérative formée par les employés pour sauver les six journaux du Groupe Capitales Médias. Le ministre de l'Économie, Pierre Fitzgibbon, en a fait l'annonce mardi.

Le gouvernement Legault juge qu’il s’agit du meilleur modèle parmi les offres déposées.

Selon Radio-Canada, des services comme les abonnements et les ventes pourraient être mis en commun. Il n’est pas garanti cependant que les éditions sur papier vont survivre. Il n’est pas certain non plus que tous les emplois seront maintenus. Les retraités pourraient aussi perdre une partie de leur rente.

À ce sujet, le ministre Fitzgibbon suggère de « retourner au début du processus » : On a rencontré les [possibles] repreneurs, en spécifiant que tout ce qui existait actuellement comme actifs devait être considéré en lien avec le dépôt d'une offre pour sauver Groupe Capitales Médias du naufrage.

Il y a deux offres qui ont été reçues, et dans les deux cas, on demande la "terminaison" du régime de retraite actuel, autant pour les retraités que pour les employés, a reconnu M. Fitzgibbon lors d'une mêlée de presse dans les corridors de l'Assemblée nationale.

Ce dernier précise que les jeux ne sont pas encore faits : Les deux offres sont conditionnelles [entre autres au] financement et [aux] négociations. Il est possible qu'il n'y ait pas de transaction.

Dans tous les cas, la valeur de Groupe Capitales Médias a été estimée à 1 $. Le groupe, tel que structuré présentement, ne vaut pas grand-chose, a lancé M. Fitzgibbon.

On parle de repreneurs qui vont essuyer des pertes dans les premiers temps, [qui devront] trouver une façon de réduire les dépenses et profiter des crédits d'impôt du gouvernement.

Pierre Fitzgibbon, ministre de l'Économie

Près de 50 % de pertes

Le ministre a également souligné que, selon les deux offres reçues par le gouvernement, les crédits d'impôt annoncés par le ministre des Finances, Eric Girard, et sa collègue aux Communications, Nathalie Roy, ainsi que l'aide promise par Ottawa « permettront de couvrir entre 50 et 55 % des pertes ».

La moitié des pertes actuelles devront donc être résorbées par des coupures et des réductions dans les dépenses, a reconnu M. Fitzgibbon.

Impossible, donc, dans cette situation, de maintenir les régimes de retraite actuels et les sommes qui y sont associées.

S'il se dit « très déçu », le ministre précise cependant que « le rendement des marchés est plus important qu'anticipé », et que la disparition de 30 % de la valeur des régimes de rente des retraités et employés de Groupe Capitales Médias, soit la proportion évoquée par divers acteurs du milieu, serait plutôt de « 25, 27 % ».

« Des discussions sont en cours avec Retraite Québec », a poursuivi M. Fitzgibbon, avant d'indiquer que plusieurs mesures pourraient être mises en place pour tenter d'amoindrir l'impact de la cure minceur des régimes de retraite.

Il faudra trouver l'équivalent de « 10 à 15 millions » pour assurer le fonctionnement du fonds de roulement du nouveau Groupe Capitales Médias, a encore mentionné le ministre, sans pouvoir donner plus de détails.

Faut-il immédiatement créer un programme destiné à l'aide aux médias? M. Fitzgibbon a laissé entendre qu'aucune discussion en ce sens n'avait encore eu lieu.

On croit à l'information, on croit que c'est important, a soutenu le ministre en parlant de l'aide que Québec entend apporter à Groupes Capitales Médias. Évidemment, il y a une limite à ce que nous pouvons faire...

Desjardins se désiste

Le projet de coopérative pourrait par ailleurs avoir du plomb dans l'aile, alors que Desjardins a fait savoir qu'elle se retirait du plan de financement, en vertu duquel les éventuels repreneurs espèrent trouver de 19 à 21 millions de dollars.

La confirmation que Desjardins ne participera pas au montage financier n'est pas sans conséquence. La participation du Fonds de solidarité FTQ dans le projet de coopératives semble actuellement compromise.

Le dossier qui a été présenté au Fonds et soumis à notre comité d’investissement comptait différents partenaires financiers, raconte par courriel le conseiller principal aux relations de presse du Fonds, Patrick McQuilken.

Quant à Fondaction, le fonds de travailleurs de la CSN, il serait toujours dans le coup, même s'il a été avisé qu'un des partenaires s'était retiré de l'offre de financement.

La solution proposée par le gouvernement du Québec nous convient toujours, indique par courriel la directrice adjointe du développement corporatif et des affaires publiques, Julie Cailliau.

La non-participation de Desjardins était par ailleurs connue « depuis plusieurs jours », a indiqué Louis Tremblay, porte-parole du comité provisoire des coopératives.

Le comité provisoire préfère la prudence

Le président du syndicat des employés du journal Le Quotidien et porte-parole du comité provisoire à l’origine de la démarche, Louis Tremblay, préfère rester prudent avant de crier victoire. Il affirme qu’il est trop tôt pour présumer de l’issue du processus judiciaire.

Le gouvernement a une influence certaine puisque Investissement Québec détient une créance privilégiée de 15 millions de dollars, explique-t-il. C’est évident que le syndic va écouter ce que le créancier privilégié va lui dire dans tout le dossier, mais il ne faut jamais présumer de la décision d’un juge. Il va prendre sa décision en fonction de la meilleure poursuite des activités économiques de l’entreprise.

Le syndic PricewaterhouseCoopers doit faire sa recommandation à un juge de la Cour supérieure mercredi. Le magistrat devra par la suite trancher.

Si le projet de coopérative est retenu, Louis Tremblay assure qu’une stratégie bien structurée sera mise en place pour assurer la viabilité des journaux d'ici cinq ans.

L'édifice du journal Le Soleil à Québec.

Le quotidien « Le Soleil », à Québec, fait partie des six journaux dont le sort demeure incertain.

Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin

Le président du syndicat du journal Le Soleil, Jean-François Néron, affirme pour sa part que, s’il est retenu, le modèle de coopérative concernera davantage les citoyens.

Avec nos lecteurs, le contrat change aussi. Car ils se l’approprient aussi comme membres soutien de notre coopérative, explique-t-il.

Le projet mis sur pied génère aussi une dose d’espoir et d’enthousiasme au sein du personnel.

Se réapproprier les commandes de l'entreprise et pouvoir avoir notre mot à dire dans la gestion à long terme [sur la manière dont] on voit l’information, il y a quelque chose de grisant, maintient Jean-François Néron.

Le Groupe Capitales Médias emploie 350 personnes dans ses six quotidiens, Le Soleil, La Tribune, La Voix de l’Est, Le Droit, Le Nouvelliste et Le Quotidien.

Avec les informations de Sébastien Bovet

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