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Contrats des pompiers et policiers : les villes néo-brunswickoises réclament des limites

La mairesse Arnold devant les armoiries de la Ville de Moncton.

Des villes de Moncton veulent que l'arbitrage obligatoire utilisé, lorsque les municipalités n'arrivent pas à négocier des ententes collectives avec leurs pompiers et policiers, soit mieux balisé.

Photo : Radio-Canada / Pierre Fournier

Radio-Canada

Moncton et Saint-Jean ont ajouté leurs voix, lundi soir, aux autres villes du Nouveau-Brunswick qui demandent que l’arbitrage exécutoire pour leurs employés désignés essentiels soit limité.

Les villes de Fredericton, Edmundston, Campbellton, Bathurst et Miramichi avaient déjà voté pour des changements.

Les municipalités membres de l’Association des Cités du Nouveau-Brunswick considèrent que les règles actuelles, concernant l’arbitrage exécutoire, ne tiennent pas compte de leur situation financière.

La Loi sur les relations industrielles du Nouveau-Brunswick interdit aux policiers et pompiers municipaux de faire la grève. Lorsque les deux parties n'arrivent pas à s'entendre, les salaires et conditions de travail de ces employés sont établis par un arbitre qui les fixe bien souvent en faisant des comparaisons entre municipalités de taille comparable, dans la province.

Les pompiers arrosent les flammes

Les pompiers municipaux n'ont pas le droit de faire la grève.

Photo : Radio-Canada / Catherine Allard

Les villes déplorent que ce processus ne tienne pas compte de leur capacité de payer les augmentations décrétées par l’arbitre. Elles sont bien souvent supérieures à celles obtenues par d’autres employés municipaux.

Les villes souhaitent que les arbitres soient tenus de considérer plusieurs critères, avant de prendre une décision :

  • les conditions d’emploi des travailleurs tant dans le secteur public que privé;
  • les ententes collectives conclues avec d’autres employés des municipalités;
  • la santé économique du Nouveau-Brunswick et de ses municipalités, y compris des changements au marché du travail, le niveau des impôts fonciers et d’autres caractéristiques socio-économiques;
  • la capacité des municipalités de recruter et de retenir des pompiers et policiers qualifiés;
  • les intérêts et le bien-être des communautés desservies;
  • tout autre facteur ayant des répercussions sur les communautés.

Le gouvernement Higgs s’est déjà engagé à considérer des changements à la suite du rapport déposé plus tôt cette année sur les problèmes financiers de la Ville de Saint-Jean.

« Le système n'est pas brisé »

Toutefois, les employés concernés s’y opposent.

J’ai souvent entendu dire que le système était brisé… À mon avis, il ne l’est pas, a déclaré Glenn Sullivan, président de l’Association des pompiers de l’Atlantique, lundi soir, devant le conseil municipal de Moncton.

Glenn Sullivan devant un lutrin, accompagné de deux autres représentants de pompiers.

Glenn Sullivan, président de l'Association des pompiers de l'Atlantique, s'est adressé au conseil municipal de Moncton pour s'opposer aux changements.

Photo : CBC/Shane Magee

Il a souligné que les autres employés municipaux ont la possibilité de négocier avec les villes, ce qui n’est pas le cas des pompiers ni des policiers.

Des dizaines de membres du syndicat qui représente les pompiers de Moncton étaient présents à la réunion.

À Moncton, les changements ne toucheraient que ce groupe d’employés, puisque les policiers font partie de la Gendarmerie royale du Canada, qui négocie avec le gouvernement fédéral.

Un débat rempli d'émotions, selon la mairesse Arnold

La mairesse Dawn Arnold a précisé que le vote des villes ne mènera pas automatiquement à la réforme exigée. La province devra modifier la Loi sur les relations industrielles, a-t-elle précisé. Cela pourrait se faire dès la prochaine session de l’Assemblée législative, qui commence mardi après-midi.

Comme vous le voyez ici ce soir, avec probablement 45 pompiers dans l’assistance, la question est controversée et les émotions à fleur de peau. Ce sera un défi pour la province [de procéder à la réforme], a-t-elle lancé.

Glenn Sullivan a d’ailleurs l’intention de s’adresser aux différents partis politiques.

Je sais qu’avec un gouvernement minoritaire, nous avons de meilleures chances de faire pencher la balance d’un bord ou de l’autre, a-t-il dit. Tout ce que nous demandons aux députés c’est de se renseigner et de ne pas adopter aveuglément des règles qui balaieront 50 ans de jurisprudence, en matière d’arbitrage, au Nouveau-Brunswick.

Des contrats arrivent à échéance

Ce débat a lieu au moment où les contrats de travail des pompiers de Moncton, de Fredericton et de Saint-Jean arrivent à échéance, à la fin de l’année.

Un fonctionnaire municipal s'adresse aux employés, avec un écran à l'arrière.

Un fonctionnaire municipal a expliqué aux conseillers de Moncton que les salaires des pompiers et policiers augmentait plus vite que ceux des autres employés municipaux.

Photo : CBC

Le dernier contrat des pompiers de Moncton leur accordait des augmentations salariales de 2,97 % par année pendant quatre ans. Leurs confrères de Fredericton et de Saint-Jean avaient obtenu des hausses similaires.

Au moment de la conclusion de l’entente collective, l’ancien directeur général de la Ville de Moncton avait affirmé que la Ville s’était sentie obligée d’accorder ces augmentations relativement généreuses pour éviter l’arbitrage exécutoire, qui aurait pu mener à des hausses encore plus fortes.

Avec les renseignements de Shane Magee, CBC

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