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Les manifestants barricadés à l’Université de Hong Kong refusent de se rendre

Des manifestants sont assis au sol et abriés de couvertures métalliques.

Des manifestants prodémocratie attendent d’être vus par des médecins, à Hong Kong, le 19 novembre 2019.

Photo : Getty Images / Laurel Chor

Agence France-Presse

Les dizaines de manifestants prodémocratie retranchés depuis dimanche dans un campus hongkongais ont refusé mardi de se rendre en dépit des appels en ce sens des autorités locales et des menaces d'intervention de plus en plus explicites du gouvernement chinois.

Le siège de l'Université polytechnique de Hong Kong constitue la confrontation la plus longue et la plus violente avec les forces de l'ordre depuis le début de la contestation en juin dans l'ex-colonie britannique.

De nombreux lycéens demeuraient à l'intérieur de ce campus situé sur la péninsule de Kowloon, redoutant d'être arrêtés par la police. Face à la baisse des températures mardi, beaucoup étaient enveloppés dans des couvertures de survie.

Certains manifestants ont réussi lundi soir une audacieuse évasion en descendant d'une passerelle au moyen de cordes avant d'être récupérés en contrebas par des motos et des scooters.

Le sort des reclus de l’Université polytechnique a suscité une vague d'émotions au sein de la mouvance prodémocratie à l'origine de la plus grave crise politique dans l'ex-colonie britannique depuis sa rétrocession en 1997 à Pékin.

Des dizaines de milliers de personnes ont ainsi manifesté lundi soir à Kowloon pour alléger la pression sur l’université et créer des contre-feux afin d'attirer la police antiémeute, qui s'est dite prête à faire usage de balles réelles.

Hong Kong: Pékin hausse le ton

Une issue pacifique?

La cheffe de l'exécutif hongkongais, Carrie Lam, qui est désignée par un comité acquis à la cause de Pékin, a estimé mardi à une centaine le nombre de protestataires toujours retranchés.

S'exprimant pour la première fois depuis le début de ce siège, elle a affirmé que ces derniers n'avaient d'autre solution que de se rendre.

Ce but ne peut être atteint qu'avec la pleine coopération des manifestants, et notamment des émeutiers qui doivent cesser les violences, rendre les armes et sortir pacifiquement en écoutant les instructions de la police, a dit Mme Lam.

Elle a promis que les mineurs qui se rendraient ne seraient pas arrêtés. Les protestataires majeurs sont, eux, passibles de 10 ans d'emprisonnement.

Même si nous nous rendons, ils nous mettront en prison, a déclaré à l'AFP un étudiant en mécanique. On donne l'impression que nous avons deux options, mais il n'y en a qu'une : la prison.

Depuis trois jours, les protestataires accueillent toutes les tentatives de les déloger par des barrages de cocktails Molotov. Un policier a même été blessé à la jambe par une flèche tirée par un manifestant.

Les soldats de l'armée chinoise, en garnison à Hong Kong depuis la rétrocession, sont sortis ce week-end de leur caserne pour déblayer certaines rues des barricades. Une intervention qui a alimenté l'hypothèse d'une opération militaire.

L'ambassadeur de Chine au Royaume-Uni, Liu Xiaoming, a averti que Pékin ne resterait pas les bras croisés si la situation dans le territoire devenait incontrôlable.

Le régime chinois a également balayé la décision de la Haute Cour hongkongaise qui a jugé anticonstitutionnelle l'interdiction du port du masque par les manifestants.

La décision de la Haute Cour affaiblit gravement la gouvernance du chef de l'exécutif et du gouvernement de Hong Kong, a déclaré Zang Tiewei, porte-parole de la commission des Lois du comité permanent de l'Assemblée nationale populaire (ANP), selon les médias d'État.

M. Zang a estimé que seule l'ANP avait le pouvoir de décider si une loi est oui ou non conforme à la loi fondamentale hongkongaise.

L’Université polytechnique de Hong Kong est voisine du très stratégique Cross Harbour Tunnel, l'un des trois tunnels routiers desservant l'île de Hong Kong et le cœur financier de la mégapole, qui est bloqué depuis une semaine.

Des manifestants se rendent aux policiers.

Des manifestants quittent le campus de l’Université polytechnique de Hong Kong pour se rendre aux policiers le 19 novembre 2019.

Photo : Reuters / Thomas Peter

Le mouvement de contestation a débuté en juin à la suite du rejet d'un projet de loi visant à autoriser les extraditions vers la Chine, et qui est depuis suspendu. Les manifestants ont depuis élargi leurs revendications pour exiger des réformes démocratiques et une enquête indépendante sur les violences policières.

Près de 4500 personnes ont été arrêtées en cinq mois et demi.

La contestation a basculé la semaine dernière dans une phase nouvelle, beaucoup plus violente, avec une nouvelle stratégie baptisée Éclore partout (Blossom Everywhere), qui consiste à multiplier les actions simultanées – blocages, affrontements, vandalisme – pour éprouver au maximum les capacités de la police.

Alors que les manifestants préconisaient précédemment des actions éphémères afin d'être insaisissables et fluides comme l'eau, la nouvelle stratégie a eu pour effet d'ancrer la contestation dans plusieurs lieux.

Alors que toutes les écoles du territoire sont fermées depuis une semaine, les autorités ont annoncé que l'amélioration des conditions de circulation allait permettre la réouverture de la majorité d'entre elles mercredi.

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