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Éoliennes à Anse-Bleue : le maire de Bathurst parle de « dérapage » et « d'échec »

Des protestataires de tous les âges se sont rassemblés à Bathurst.

Des protestataires de tous les âges se sont rassemblés à Bathurst lundi soir.

Photo : Radio-Canada / René Landry

René Landry

Le maire de Bathurst, Paolo Fongemie, ne mâche pas ses mots au sujet de l'acceptabilité sociale du projet éolien à Anse-Bleue, dans la Péninsule acadienne. « C'est sûr que ç'a dérapé », reconnaît-il. Il parle même d'un « échec ».

C'est regrettable, mais il y a quelqu'un qui a manqué à ses responsabilités, poursuit-il. Ce n'est pas la Ville. Il y a des gens au gouvernement, à Fredericton, qui ont manqué le bateau sur ces projets-là et les projets à venir. Ils ne peuvent pas répéter la même façon de faire parce que, évidemment, c'est un échec. C'est un échec au niveau de l'acceptation sociale.

Le maire de Bathurst, Paolo Fongemie, s'adresse aux journalistes.

Le maire de Bathurst, Paolo Fongemie, s'adresse aux journalistes, sous l'oeil attentif de la présidente du DSL d'Anse-Bleue, Ginette Bertin.

Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

Paolo Fongemie a fait ces affirmations à la suite d'une réunion municipale tenue devant une salle comble lundi soir. Un imposant groupe de protestataires est venu d'Anse-Bleue, un district de services locaux de la Péninsule acadienne qu'ils considèrent comme un « village ».

S'ils se sont ainsi présentés à Bathurst, c'est parce que cette municipalité, en attente d'un prêt de 20 millions de dollars de la province, veut devenir propriétaire, à 51 %, d'un parc éolien à Anse-Bleue.

La réunion publique du conseil municipal de Bathurst a fait salle comble lundi soir.

La réunion publique du conseil municipal de Bathurst a fait salle comble lundi soir.

Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

Dans l'après-midi, des représentants des protestataires ont remis une pétition contre le projet éolien à la Municipalité de Bathurst. Ils affirment qu'on trouve sur ces feuilles les noms de 85 % des résidents d'Anse-Bleue.

Avant le début de la réunion, une centaine de personnes de la région d'Anse-Bleue, pancartes en mains, ont crié à pleins poumons des slogans hostiles au projet de Bathurst et de l'entreprise Naveco Power, de Fredericton.

« Ta scrap, chez vous » et « Non aux éoliennes », pouvait-on lire, notamment, sur des pancartes.

Des opposants au projet de parc éolien devant l'hôtel de ville de Bathurst.

Des opposants au projet de parc éolien devant l'hôtel de ville de Bathurst

Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

On n'est pas du tout d'accord, a lancé Édith Cormier. On ne veut rien savoir des éoliennes parmi nos maisons. Tout le monde est fâché. C'était caché, le village ne le savait pas. Ils ont fait ça dans notre dos.

Si j'étais la Ville de Bathurst, j'aurais honte de m'attaquer à de petits DSL [districts de services locaux], a ajouté Stéphanie Godin. Vous savez qu'on ne peut pas faire de lois. Et c'est pour ça qu'ils ont choisi Anse-Bleue, parce qu'on ne peut pas faire grand-chose. J'aurais vraiment honte, à leur place.

Bathurst a les mains liées, selon Paolo Fongemie

Le maire de Bathurst s'est montré compréhensif envers la population mécontente d'Anse-Bleue.

On trouve ça plate, ce que les gens vivent, dit-il. On n'a pas de mot à dire là-dedans. On essaie de sensibiliser des gens, de dire : "Faites attention, vous devriez peut-être porter attention à la population d'Anse-Bleue". Mais, ce dossier-là, je ne peux pas le porter. C'est ça, le défi. Tout le monde nous blâme et vient nous voir. Les gens qui portent ce dossier, ils ne sont pas ici. On est pognés... Les gens ne sont pas heureux. Nous, on n'est pas plus heureux. Ce n'est pas si évident que ça, de lâcher l'affaire.

Les protestataires de la région d'Anse-Bleue, dans la Péninsule acadienne, se sont massés devant l'hôtel de ville de Bathurst.

Les protestataires de la région d'Anse-Bleue, dans la Péninsule acadienne, se sont massés devant l'hôtel de ville de Bathurst.

Photo : Radio-Canada / René Landry

Paolo Fongemie explique que la Ville de Bathurst est en quelque sorte menottée, sur le plan juridique. On est un partenaire limité, rappelle-t-il. On n'a pas de droit de regard sur l'opération, l'emplacement, la location des terrains, etc. C'est vraiment embêtant. Mais ce n'est pas nous qui avons écrit les lois. Nous, on doit respecter les lois, sinon on subit les conséquences.

Il poursuit ses explications : Dans le processus d'Énergie NB, il manque toute la question de l'acceptation sociale. On voit que dans d'autres provinces, comme au Québec, c'est un élément important. C'est ce qui est plate pour la population d'Anse-Bleue, ce n'est même pas un critère d'évaluation d'Énergie NB. Je pense qu'il y a des leçons apprises dans le processus auprès du gouvernement. Nous, on a demandé où étaient les éoliennes et si c'était approuvé par la population deux ans passés. On a vu les lettres. Puis on a soumis [un projet]. Mais, c'est l'opérateur [Naveco Power] qui est responsable, avec Énergie NB.

Devant un tollé qu'il n'avait pas vu arriver, le maire de Bathurst incite la population d'Anse-Bleue - de même que les journalistes - à questionner le gouvernement et Énergie Nouveau-Brunswick.

La Ville de Bathurst va-t-elle abandonner?

Lorsqu'il est question de la possibilité pour la Ville de Bathurst de faire marche arrière, le maire laisse entendre que d'autres ont l'option de baisser pavillon.

On poursuit les discussions. Mais, ce sont des discussions que les gens d'Anse-Bleue doivent avoir avec leur "maire", qui est le ministre Carr [de l'Environnement et des gouvernements locaux]. Lui, il peut tirer la plug. Énergie NB peut tirer la plug. Pour nous autres, c'est plus difficile. Ce n'est pas nous qui tenons le gros bout du bâton.

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