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Les grands studios américains pourront bientôt détenir des salles de cinéma

On voit le panneau iconique où sont inscrites les lettres d'Hollywood, à Los Angeles.

La séparation entre production et distribution de films est en vigueur aux États-Unis depuis 1948.

Photo : Getty Images / David Livingston

Agence France-Presse

Tous les grands studios américains vont pouvoir posséder des salles de cinéma aux États-Unis, ce qui était jusqu'ici interdit à la plupart d'entre eux, a annoncé lundi un responsable du département américain de la Justice chargé de la concurrence.

La séparation entre production et distribution de films est en vigueur aux États-Unis depuis 1948, en vertu d'un accord entre les studios et ce département.

Le gouvernement américain avait, en 1938, attaqué en justice les cinq grands studios d'Hollywood, qu'il accusait d'entente pour contrôler l'industrie entière.

Dans un discours prononcé lundi devant l'Association américaine des avocats (ABA), un adjoint du département de la Justice, Makan Delrahim, a annoncé que celui-ci allait demander à un tribunal de mettre fin à cette séparation obligatoire.

Après examen, le gouvernement estime qu'il est peu probable que les studios liés par cette interdiction et toujours en activité aujourd'hui puissent s'entendre de nouveau pour contrôler l'industrie du cinéma.

Parmi les cinq studios concernés figuraient Paramount, MGM, Warner Bros, 20th Century Fox, tous encore en activité, et RKO Pictures, disparu en 1959.

Plusieurs grands studios, principalement Disney, Sony ou Netflix, nés après cette interdiction, n'étaient pas concernés par elle.

Ce serait une erreur de la part des autorités de la concurrence de brider le potentiel de l'innovation tournée vers la clientèle, a expliqué Makan Delrahi. Nous ne pouvons pas faire comme si la distribution et la projection des films étaient les mêmes qu'il y a 80 ans.

La levée de l'interdiction porte également sur une pratique baptisée « block booking » (vente par blocs), qui consistait pour les studios à exiger d'une salle ou d'un réseau de salles qu'ils projettent plusieurs de leurs films, et non un seul, sous la menace de les priver de toute leur offre.

Si cette pratique va rester interdite encore deux ans, son retour possible constitue un risque pour les petits studios, qui bataillent déjà pour obtenir des créneaux contre les mégaproductions des grands studios, selon le responsable de la concurrence

Une autre méthode interdite, le « circuit dealing », ne sera plus formellement interdite, également après une période de transition de deux ans.

Elle consiste pour les grands réseaux de salles à obtenir des studios de pouvoir projeter leurs films, plutôt que des salles indépendantes, faute de quoi le film ne serait projeté sur aucun des écrans du réseau.

C'est une menace pour les cinémas indépendants, déjà en difficulté pour certains.

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