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Le gouvernement Kenney veut congédier le commissaire aux élections de l’Alberta

Brian Jean, Jason Kenney, Doug Schweitzer.

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) enquête sur des allégations de fraude électorale lors de la course à la direction du Parti conservateur uni, en 2017.

Photo : The Canadian Press / Jeff McIntosh

Audrey Neveu

Le gouvernement de Jason Kenney fait face à des accusations d’ingérence politique et de corruption pour avoir déposé, lundi, un projet de loi qui abolirait le bureau du commissaire aux élections de l’Alberta.

Cela survient alors que le commissaire enquête sur la course à la direction du Parti conservateur uni (PCU) de 2017 et, indirectement, sur le premier ministre.

S’il est adopté, le projet de loi 22 transférerait les pouvoirs d’enquête du commissaire Lorne Gibson au directeur général des élections de l’Alberta. Le rôle du commissaire aux élections est d’enquêter sur des violations de la loi électorale et d’imposer des amendes aux contrevenants.

« Un jour noir »

Le commissaire enquête depuis janvier sur le financement de la campagne à la direction du Parti conservateur uni de Jeff Callaway. Celui-ci a collaboré avec Jason Kenney pour attaquer un adversaire commun, Brian Jean, et faire élire le premier à la tête du parti, selon des documents obtenus par CBC/Radio-Canada.

Le commissaire a déjà imposé plus de 200 000 $ d’amendes à des membres du PCU dans ce dossier.

C’est un jour noir pour l’Alberta, a déclaré la chef de l’opposition néo-démocrate, Rachel Notley.

Ça pue la corruption. C’est le genre d’arrogance et de favoritisme pour lesquels les conservateurs se sont fait connaître. C’est un abus de pouvoir pur et simple. On peut seulement se demander ce que le PCU essaie de cacher aux Albertains dans ces enquêtes.

Rachel Notley, chef de l’opposition néo-démocrate

Rachel Notley affirme que son caucus va tenter de bloquer l’adoption de la loi à l’Assemblée législative. Elle est prête à la contester en cour et à demander à la lieutenante-gouverneure de l’Alberta de refuser de lui donner la sanction royale.

Le poste de commissaire aux élections de l’Alberta a été créé par les néo-démocrates. Le contrat de Lorne Gibson devait se terminer en 2023.

Ce changement législatif n'a pas d'effet sur l’enquête que mène de son côté la Gendarmerie royale du Canada (GRC) sur des allégations de fraude électorale dans la course à la direction du PCU.

Le gouvernement nie toute ingérence politique

Le ministre des Finances, Travis Toews, qui a déposé le projet de loi, a rejeté du revers de la main les accusations d’ingérence politique. C’est une restructuration. Nous voulons assurer que les opérations du gouvernement soient les plus efficaces possible, a-t-il affirmé.

Il estime que le gouvernement économisera ainsi 1 million de dollars en cinq ans.

Travis Toews ajoute que le directeur général des élections pourra réembaucher le commissaire actuel, Lorne Gibson, s’il le juge pertinent. Il dit s’attendre à ce que les enquêtes du commissaire reprennent sous cette nouvelle direction, mais qu’il ne peut en donner l’ordre au directeur général des élections, qui est indépendant du gouvernement.

Le poste pourrait toutefois demeurer vacant si le directeur général des élections choisit de ne pas faire cette embauche.

Le premier ministre, Jason Kenney, n’a pas commenté le projet de loi.

Avec les informations de Laurent Pirot

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