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Pénurie d'infirmières : « Prenez soin de vos employées », lancent des intervenants en santé

Une infirmière de dos poussant une civière dans un corridor.

De nombreuses infirmières ayant étudié en Outaouais décident de ne pas pratiquer dans la région.

Photo : Shutterstock / John Panella

Radio-Canada

Si de nombreuses infirmières formées en Outaouais partent au terme de leurs études, c’est parce qu’elles savent qu’elles n’auront pas de bonnes conditions de travail, plaident divers observateurs et intervenants du milieu de la santé.

La région peine à retenir les infirmières qui y étudient, même si elles sont toujours aussi nombreuses à graduer des programmes qui y sont offerts, selon des données obtenues par Radio-Canada.

Pour le coordonnateur d’Action Santé Outaouais, Daniel St-Jean, ce sont les piètres conditions de travail qu’on offre aux travailleuses de la santé qui causent cette fuite vers les autres régions du Québec et de l’Ontario.

Si la moitié des jeunes qui étudient ici, qui viennent d’ici et voudraient rester ici ne restent pas ici, c’est parce qu’elles n’aiment pas l’expérience.

Daniel St-Jean, coordonnateur, Action Santé Outaouais

Qu’on le veuille ou non [...] on le sait que notre réseau n’a pas bonne réputation, a également lancé lundi M. St-Jean en entrevue à l’émission Sur le vif. Qu’est-ce qu’on fait pour changer cette réputation-là?

La pénurie d’infirmières qu’éprouve actuellement l’Outaouais ne date pas d’hier, d’après lui. L’Outaouais, comme le reste du Québec en 2000, on a mis 5000 infirmières à pied, elles étaient les plus expérimentées, a-t-il souligné.

[La pénurie d’infirmières] c’est arrivé plusieurs fois depuis 10-15 ans. À chaque fois, on nous sert les mêmes solutions qui marchent à court terme, mais que ne marchent jamais à long terme, a aussi dénoncé M. St-Jean.

La grande séduction

Je ne suis pas surpris de voir qu’il y a environ 50 % de la relève qui ne veut pas travailler dans la région, a renchéri le président du Syndicat des professionnelles en soin de l’Outaouais (SPSO), Patrick Guay.

Patrick Guay pose pour la caméra dans le stationnement d'un hôpital.

Patrick Guay est président du Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais.

Photo : Radio-Canada / Laurie Trudel

Ce dernier est d’avis que les conditions de travail ne sont pas forcément supérieures ailleurs dans la province ou en Ontario. Il faut sortir du lot au niveau provincial québécois pour attirer du monde ici dans l’Outaouais, a-t-il fait valoir.

Le Syndicat est par ailleurs en pleines négociations pour régler divers enjeux de personnel dans la région, comme les bris de service à répétition dans le Pontiac.

La nouvelle direction générale est vraiment ouverte à toutes les propositions qu’on avance, a indiqué M. Guay avec optimisme. « Avec la théorie du petit pas, je pense qu’on va pouvoir en sortir. »

Un enjeu d’inégalités

Pour Dr Gilles Aubé, porte-parole en matière de santé pour le groupe Équité Outaouais, il faut que les élus mettent de côté leur rivalité politique pour corriger les problèmes d’inégalités financières entre les diverses régions du Québec.

Des 25 % de sous-financement en santé, on ne veut plus ça, a martelé le médecin de famille, qui a notamment parlé aux cinq députés de l’Outaouais dans les derniers jours pour faire valoir sa demande.

Nous demandons au parti au pouvoir et aux partis d’opposition officielle [...] une équité entre toutes les régions, car il existe un manque à gagner de 250 millions de dollars en santé dans la région, selon Dr Aubé.

Avec les informations de Laurie Trudel

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