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Transport de veaux : une nouvelle réglementation qui dérange

Deux veaux d'élevage dans leurs enclos.

À partir du 20 février, une nouvelle réglementation régira le transport des veaux.

Photo : Radio-Canada

Isabelle Larose

Les producteurs laitiers gaspésiens s'inquiètent de l'entrée en vigueur prochaine d'une nouvelle réglementation fédérale qui concerne le transport des veaux.

À partir du 20 février, les veaux destinés à l'encan ne pourront passer plus de douze heures consécutives sans alimentation, abreuvement et repos. Cette période inclut le temps nécessaire au chargement des animaux, au transport et au déchargement, jusqu’à ce que des aliments et de l’eau leur soient de nouveau fournis.

Après cet intervalle, au moins huit heures de repos devront être consenties à l’animal avant de reprendre la route.

Il s’agit d’une modification apportée au Règlement sur la santé des animaux par l’Agence canadienne d’inspection des aliments dans le but d’améliorer le bien-être animal.

La réglementation précédente datait de 1977 et limitait le confinement d’un animal à 18 heures, sans égard à son accès à l’alimentation avant ou après le transport. Cinq heures de pause étaient nécessaires entre deux épisodes de transport.

Des distances trop grandes

La nouvelle limite de temps est problématique pour les éleveurs laitiers les plus à l'est du territoire gaspésien, car le trajet vers l’encan de Saint-Hyacinthe dépasse 12 heures. De nombreux veaux laitiers mâles transitent vers la Montérégie avant de prendre la route vers des parcs d’engraissement.

Un veau regarde l'objectif de la caméra. Il est dans une étable sur du foin.

La ferme la plus à l'est en Gaspésie se situe à Shigawake.

Photo : Radio-Canada / Adrianne Gauvin-Sasseville

Le président du conseil des producteurs de lait Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, Normand Barriault, estime que le règlement va entraîner des pertes financières aux agriculteurs, déjà affectés par la chute des prix des veaux.

Les producteurs gaspésiens explique-t-il, pourraient être exclus par certains acheteurs qui ne veulent pas avoir à se soucier de nourrir et de donner une pause aux animaux en route. En limitant le nombre d’acheteurs, ça fera en sorte que le prix payé aux producteurs sera à la baisse.

De son côté, l'Union des producteurs agricole (UPA) de la Gaspésie-Les Îles qui gère un transport collectif des veaux laitiers n'a pas encore trouvé de solution, à trois mois de l’entrée en vigueur du nouveau règlement.

On essaie de voir si les animaux pourraient être alimentés à l’encan du Bic avant de reprendre le transport vers Saint-Hyacinthe, explique l'agent syndical Germain Babin. Mais, à l’heure actuelle, il n’y a rien d’établi.

L'UPA régionale n'exclut pas de délaisser le transport des veaux laitiers aux mains des transporteurs privés. Ceux-ci pourraient toutefois refuser de desservir certaines fermes plus éloignées pour des raisons financières.

La plupart des veaux laitiers mâles vendus à l’encan ont à peine 10 jours et boivent du lait au biberon. Ils ne peuvent s’abreuver de façon autonome.

Report demandé

La Fédération des producteurs de bovins du Québec estime qu'Ottawa a annoncé ses nouvelles règles de façon précipitée.

Elle demande un report de l’entrée en vigueur du règlement, afin de laisser le temps aux producteurs de changer leurs pratiques, mais aussi pour connaître les conclusions d’études scientifiques en cours dans le domaine du bien-être animal.

Quelques hommes sont assis dans des gradins et regardent avec attention l'enchère d'un veau.

L'encan de Saint-Hyacinthe est un passage obligé pour de nombreux veaux laitiers du Québec, de l'Abitibi à la Gaspésie.

Photo : Radio-Canada

Ils n’ont pas pris le temps de consulter les producteurs pour connaître les problématiques de transport, ajoute le président de la Fédération, Claude Viel. La réglementation comporte des aberrations qui touchent plusieurs régions du Québec, mais la ministre ne semble pas vouloir reporter le règlement.

Claude Viel précise toutefois qu’Ottawa a ouvert la porte à des assouplissements réglementaires.

Pour l’instant, on n’a aucune information, on est dans le néant à trois mois de l’application du règlement. C’est ridicule!

Claude Viel, président de la Fédération des producteurs de bovins du Québec

L'Agence canadienne d'inspection des aliments affirme qu'elle travaille présentement avec les représentants nationaux de l’industrie laitière et de l’industrie du veau afin de revoir et discuter des inquiétudes liées au transport suite à la modification de la réglementation sur le transport des animaux.

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Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Agro-industrie