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Un chef autochtone devient prêtre anglican

Un homme en soutane.

Le chef Leo Friday a été ordonné prêtre de l'Église anglicane le 30 octobre.

Photo : CBC/Erik White

Radio-Canada

Le chef de la Première Nation de Kashechewan, Leo Friday, est désormais prêtre anglican dans sa propre communauté. Il devient ainsi le tout premier Autochtone au Canada à occuper simultanément les deux fonctions.

Pour l’homme de 61 ans, ses nouvelles responsabilités respectent la tradition crie.

Il y a longtemps, nos aînés étaient à la fois des leaders dans leur communauté et des leaders spirituels aussi. C’est un peu différent de nos jours, mais je crois qu’il s’agit du même rôle, indique le chef Friday.

Lorsqu’il était jeune, souligne le chef, l’église était remplie de monde lors des messes. C’est à l’âge de 15 ans que Leo Friday a commencé à aider le prêtre, peu avant d’être élu membre du conseil de bande, à 19 ans.

Une croix brune sur un mur.

La nouvelle église anglicane de Kashechewan a été inaugurée cette année et remplace une vieille roulotte de construction où se réunissaient les fidèles.

Photo : CBC/Erik White

Je ne croyais pas que j’allais être élu, se rappelle-t-il en riant.

Le chef Friday s’estime chanceux de ne pas avoir fréquenté de pensionnat autochtone comme plusieurs autres membres de sa communauté, dont son frère, qui reçoit toujours des services de counselling en raison des sévices subis à l’école Horden Hall, à Moose Factory. L’établissement était géré par l’Église anglicane.

À la lumière des expériences vécues par les membres de Kashechewan, Leo Friday s’est sérieusement demandé s’il voulait devenir prêtre.

C’est la chose qui m’a fait le plus réfléchir avant de dire oui, affirme-t-il.

Des erreurs humaines

Paul Wesley a complètement oublié ses parents pendant son séjour de sept ans au pensionnat Horden Hall. Il gère maintenant un camp culturel non loin de Kashechewan, où les personnes cries peuvent se ressourcer et renouer avec leurs croyances traditionnelles.

Un homme qui sourit.

Paul Wesley s'est tourné vers les traditions cries pour se remettre des sévices qu'il a subis à un pensionnat autochtone géré par l'Église anglicane.

Photo : CBC/Erik White

Voir le chef de sa communauté devenir également un leader au sein d’une institution qui lui a causé beaucoup de souffrance ne lui pose aucun problème.

Dieu ne nous a pas fait pour nous juger les uns les autres dans nos croyances, dit M. Wesley.

Si quelqu’un choisit cette voie, c’est bien. Il n’y a rien de mal avec l’Église, ce sont juste les humains qui font des erreurs avec l’Église.

Paul Wesley, membre de la Première Nation de Kashechewan

Pour sa part, le chef Friday croit que les traditions cries et les enseignements chrétiens se complètent bien.

Croire, c’est croire et nous devons nous respecter les uns les autres et croire en nous. C’est de cette manière que nos jeunes nous suivront, conclut-il.

Avec les informations d’Erik White, de CBC News

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