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Un débat environnemental sur les réseaux sociaux dérape pour un militant écologique

Des doigts sur le clavier d'un ordinateur portable.

Un homme de Saskatoon, Aarash Amir, s'est dit étonné de recevoir un grand nombre de messages haineux à la suite d'une publication sur les réseaux sociaux.

Photo : Getty Images

Radio-Canada

Les questions environnementales provoquent parfois des débats enflammés sur les réseaux sociaux. Un homme de Saskatoon qui demeure présentement à Vancouver, Aatash Amir, l’a constaté lorsqu’il a lancé une pétition en ligne pour demander aux élus de Saskatoon et de Vancouver d’interdire les souffleuses à feuilles qui fonctionnent avec de l’essence.

Le militant écologique était loin de se douter que son idée, inspirée d’une motion rejetée par le conseil municipal de Vancouver, en 2005, allait provoquer une vague de commentaires indésirables.

Dès que j’ai publié des articles sur le sujet, j’ai commencé à recevoir des messages haineux, indique-t-il, ajoutant qu’il cherchait simplement à relancer le débat autour de l’utilisation des souffleuses à feuilles.

L’homme a été étonné de constater qu’une discussion sérieuse sur les changements climatiques se soit transformée en une vague de messages haineux.

Les gens m'insultaient, me menaçaient, me suggéraient de me suicider. C’était assez surprenant de recevoir autant de propos comme ceux-là.

Aatash Amir, militant écologique

J’ai dû désactiver les commentaires. Je ne voulais pas répondre à ces personnes-là, car elles n’étaient pas rationnelles, ajoute-t-il, sachant qu’aucune discussion civilisée ne pouvait avoir lieu.

En début d’après-midi, lundi, plus de 6000 personnes avaient signé la pétition en ligne lancée par Aatash Amir.

Débattre à l’ère des réseaux sociaux

Professeur d’éducation aux technologies de l’information et de la communication de l’Université de Regina, Alec Couros n’est pas surpris qu’une histoire semblable ait provoqué autant de propos déplacés.

Selon lui, le débat autour de l’interdiction des souffleuses à feuilles qui fonctionnent avec de l’essence a pu provoquer de vives réactions chez les personnes qui travaillent dans l’industrie pétrolière et gazière.

Alec Couros précise également que, dans un cas comme celui-ci, il est important de regarder de près l’auteur des commentaires déplacés, parce qu’il peut s’agir de robots ou de personnes payées pour enflammer les débats en ligne.

Il y a ce qu’on appelle la loi de Godwin, qui dit essentiellement que les commentaires en ligne peuvent finir par inciter un internaute à traiter quelqu'un d'autre de Hitler, explique-t-il au sujet de l’escalade de tensions parfois visible sur le web.

Le professeur Alec Couros.

Le professeur Alec Couros estime qu'il est possible d'avoir des discussions civilisées sur les réseaux sociaux, mais il n'est pas surpris que des propos haineux se soient frayés un chemin à travers ce débat environnemental en ligne.

Photo : Radio-Canada

Un défi pour les organismes environnementaux

Une coordonnatrice à la Société environnementale de la Saskatchewan, Megan Van Buskirk, souligne que des groupes écologiques comme le sien ont dû apprendre, avec le temps, à lutter contre la haine en ligne.

Elle mentionne que les commentaires déplacés suivent souvent des modèles similaires, mais que son organisation s’était donné comme mot d’ordre de ne pas donner une voix aux personnes qui font déraper les discussions à l'aide de leur clavier.

Nous avons choisi de ne pas répondre à ces gens, affirme-t-elle.

Avec les informations de Fiona Odlum

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Saskatchewan

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