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Une communauté autochtone demande le droit de chasser la baleine de nouveau

Des baleiniers Makah se tiennent sur la carcasse d'une baleine grise morte.

Dans cette photo datant de 1999, deux baleiniers Makah se tiennent sur la carcasse d'une baleine grise morte.

Photo : Associated Press / Elaine Thompson

Associated Press

Au coeur d'un combat juridique, la communauté autochtone des Makahs, seul groupe autochtone aux États-Unis à disposer d'un droit de traité de chasse à la baleine, attend l'autorisation du gouvernement pour chasser à nouveau, comme le faisait son peuple par le passé. 

La prochaine étape est une audience administrative d'une semaine qui a débuté jeudi dernier à Seattle. Quel que soit le résultat, le peuple makah sera probablement bloqué lors de nouvelles procédures judiciaires, les défenseurs des droits des animaux jurant de mettre un frein à une pratique qu'ils qualifient d'inutile et de barbare.

Le droit de chasser

Patrick DePoe était à l'école secondaire la dernière fois que sa communauté était autorisée à chasser la baleine. Il était dans un canot qui a accueilli l'équipage remorquant le corps d'une baleine grise. Sa classe d'atelier a contribué à nettoyer les os et à réassembler le squelette, qui est suspendu dans un musée autochtone.

Un homme.

Patrick DePoe se rappelle de la fierté d'avoir capturé une baleine et de la joie de festoyer et de manger sa viande avec la communauté . «J'ai un petit frère qui a 20 ans, dit-il. J'espère qu'un jour, il pourra vivre cela.»

Photo : Associated Press / Elaine Thompson

En 1855, le peuple makah, qui compte actuellement environ 1500 personnes, a cédé 1217 kilomètres carrés de terres aux États-Unis en vertu d’un traité qui leur promettait le droit de chasse et pêche ou de chasser la baleine.

Les membres de la communauté ont tué des baleines jusque dans les années 1920 et y ont renoncé parce que la chasse commerciale avait dévasté les populations de baleines grises. En 1994, la population des baleines grises de l'est de l'océan Pacifique a augmenté et a été retirée de la liste des espèces en péril. Voyant une occasion de récupérer son patrimoine, la communauté autochtone a annoncé son intention de chasser à nouveau ces cétacés.

Demande de dérogation

Après que des groupes de défense des droits des animaux ont intenté une action en justice, la Cour d’appel du neuvième circuit aux États-Unis a annulé l’approbation fédérale. Le tribunal estimait que la communauté devait d'abord obtenir une dérogation en vertu de la loi de 1972 sur la protection des mammifères marins.

Des pagayeurs au lever du soleil.

Dans cette photo datant du 20 août 1998, des membres des Makah se dirigent vers la baie Neah, dans l'État de Washington, en direction des eaux dégagées de l'océan Pacifique, lors d'une séance d'entraînement de chasse à la baleine.

Photo : Associated Press / Elaine Thompson

Onze communautés autochtones de l'Arctique de l'Alaska bénéficient d'une telle dérogation pour les chasses de subsistance, non pas par un traité, qui leur permet de tuer des baleines boréales, même si celles-ci figurent sur la liste des sites menacés d'extinction.

Les Makahs ont demandé une dérogation en 2005. Le processus a été bloqué à plusieurs reprises alors que de nouvelles informations scientifiques sur les baleines et la santé de leur population étaient découvertes.

Certains des baleiniers makahs ont été tellement contrariés par les retards qu’ils ont chassé sans autorisation en 2007. Les rebelles ont tué une baleine grise qui s’est échappée et qui a coulé. Ils ont été condamnés par un tribunal fédéral.

Pour et contre

NOAA Fisheries, un bureau de l’Agence nationale d'observation océanique et atmosphérique, a proposé un règlement autorisant le peuple makah à capturer 20 baleines pendant 10 ans, en limitant le calendrier des chasses afin de minimiser les risques de mise à mort de baleines grises du Pacifique occidental.

La famille, les traditions et les rituels associés à l'histoire de la chasse à la baleine peuvent continuer sans la reprise de la chasse à la baleine, croit le groupe de protection animale Animal Welfare Institute. Les Makahs pourraient, s'ils le souhaitaient, attirer et sensibiliser un nombre incalculable de visiteurs sur ses terres en encourageant la pratique non létale de l'observation des baleines.

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