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Il y a 90 ans, un tsunami frappait Terre-Neuve

Une image de la communauté de Port au Bras.

Peu de choses rappellent le tsunami meurtrier qui a frappé une région isolée de la péninsule de Burin, à Terre-Neuve, le 18 novembre 1929.

Photo : Radio-Canada / Marie-Isabelle Rochon

Radio-Canada

Le 18 novembre 1929, un tremblement de terre de magnitude 7,2 sur l'échelle de Richter engendrait un tsunami dans l’Atlantique. Une vague géante atteignait la péninsule de Burin, à Terre-Neuve, faisant 27 morts et causant de lourds dégâts. Des milliers de personnes dans 40 villages côtiers ont subi des conséquences.

Ce tsunami est le seul connu qui soit survenu dans l’Atlantique.

La péninsule de Burin s’était trouvée isolée du reste du monde, les moyens de communication étant presque inexistants à l’époque.

Gus Etchegary avait 5 ans, à l’époque et s'en souvient encore.

Mes deux soeurs préparaient le souper, il était environ 16 heures et j'étais assis sur un canapé dans la cuisine. Soudainement, les plats se sont mis à trembler très fortement.

Le tremblement de terre avait frappé.

Mes deux soeurs paniquaient, elles m'ont pris par le bras. Elles avaient peur et dans la panique, elles ont commencé à courir vers le village.

Gus Etchegary, survivant
Gus Etchegary relate ses souvenirs, assis dans son salon.

Gus Etchegary avait 5 ans lorsque le tsunami a frappé.

Photo : Radio-Canada / Marie-Isabelle Rochon

Le pire restait toutefois à venir.

La noirceur s'est installée, il y avait une très belle lune. Vers 19 heures, les gens du village ont vu une énorme vague se former dans le havre. La vague s'est approchée du rivage, elle grossissait à vue d'oeil. La plupart des cabanes de pêcheurs ont été détruites, tout comme les bateaux.

Le lendemain de la tragédie, les résidents constatent l'ampleur des dégâts.

Des planches de bois flottent à la surface de la mer, au lendemain du tsunami.

La baie devant Port au Bras était remplie de débris, le lendemain du tsunami.

Photo : Gracieuseté - Musée provincial The Rooms

Des maisons flottent au large et des planches de bois recouvrent les baies.

[Sur] cette image-là, on voit une maison qui flotte au milieu de la petite baie, raconte Edith Cuerrier, archiviste au musée The Rooms, en montrant des photos de l’époque.

Elle appartenait à la famille Rennie. La mère et trois enfants ont été trouvés malheureusement noyés à l'étage principal, dans la cuisine, mais une petite fille a été retrouvée vivante au deuxième étage dans sa chambre à coucher. C'est une histoire un peu triste, mais ça indique le genre de choses qui se sont passées la nuit du désastre.

Edith Cuerrier, archiviste au musée The Rooms, montre des photos de l'époque du tsunami.

Edith Cuerrier, archiviste au musée The Rooms, montre une photo où on voit une maison flotter dans la baie devant Port au Bras.

Photo : Radio-Canada / Marie-Isabelle Rochon

Ce n'est que trois jours plus tard qu'un navire de ravitaillement envoie un signal de détresse à Saint-Jean.

Un immense glissement de terrain sous-marin

Le tsunami de 1929 a été engendré par un glissement de terrain sous-marin de qui faisait trois fois la superficie de l'Île-du-Prince Édouard.

Alexandre Normandeau, chercheur à la Commission géologique du Canada, a étudié spécifiquement cet événement.

Ce sont de grands volumes de sédiments qui déferlent le long des pentes puis qui vont briser tout sur leur passage. Par exemple, en 1929, environ 17 câbles sous-marins ont été brisés, des câbles sous-marins qui reliaient l'Europe à Terre-Neuve, à l'Amérique du Nord [et] qui ont été brisés par le tsunami.

Alexandre Normandeau, chercheur à la Commission géologique du Canada, en entrevue.

Les tsunamis dans l'Atlantique sont rarissimes, confirme Alexandre Normandeau, chercheur à la Commission géologique du Canada.

Photo : Radio-Canada / Marie-Isabelle Rochon

Il confirme que le phénomène est rarissime dans l’Atlantique.

C'est la première évidence, oui, qu'on a rapporté qu'il y a eu un tsunami dans l'Atlantique. Il y a des études en cours par des collègues ici et ailleurs qui essaient d'en identifier d'autres dans le passé. Mais c'est encore de la recherche qui est très préliminaire.

Peu de traces du tsunami aujourd'hui

À Port au Bras, dans la péninsule de Burin, peu de traces de la tragédie subsistent.

Morris Fudge n'était pas encore né, mais le tsunami a décimé sa famille.

Le bateau de mon grand-père et tout le reste ont été engloutis. Mon père et mon grand-père étaient de l'autre côté du havre lorsque ça s'est produit.

Le tsunami a emporté sa grand-mère et trois de ses tantes. Morris Fudge ne les a jamais connues.

Mon père n’a jamais voulu en parler. J'ai essayé de lui demander…

Morris Fudge, résident de Port au Bras
Un mémorial à la mémoire des victimes du trunami de 1929, à Terre-Neuve.

La grand-mère et trois des tantes de Morris Fudge sont mortes lors du passage du tsunami. Ci-dessus, il se penche vers un mémorial qui rappelle le tragique événement.

Photo : Radio-Canada / Marie-Isabelle Rochon

Quatre-vingt-dix ans après la catastrophe, peu de personnes sont encore vivantes pour en témoigner.

Mais le long de la côte, sur la péninsule de Burin, quelques mémoriaux se dressent face à la mer.

Ils témoignent du passé difficile de la région et rappellent le nom de ceux qui sont partis.

D’après un reportage de Marie-Isabelle Rochon

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