•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le spectre d'une intervention chinoise plane sur Hong Kong

Deux tiennent une corde attachée à un pont

Des étudiants s'échappant de l'université

Photo : via reuters / Handout .

Radio-Canada

Le gouvernement chinois ne restera pas les bras croisés si la situation devient « incontrôlable » à Hong Kong, prévient l'ambassadeur chinois à Londres, Liu Xaoming.

Je pense que le gouvernement de Hong Kong déploie tous ses efforts pour garder la situation sous contrôle. Mais si la situation devient incontrôlable, le gouvernement central ne restera certainement pas sans rien faire.

Liu Xaoming, ambassadeur chinois au Royaume-Uni

La Chine a assez de détermination et de pouvoir pour mettre fin au soulèvement, a cru bon de rappeler l'ambassadeur Liu lors d'une conférence de presse.

Selon le diplomate, Hong Kong glisse dans l'abîme et les manifestants cherchent à déstabiliser son gouvernement pour s'emparer du pouvoir.

Si les violences continuent, l'avenir sera épouvantable, a-t-il dit.

La mobilisation en cours depuis plus de cinq mois dans l'ex-colonie britannique rétrocédée à la Chine en 1997 est sans précédent.

Elle est entrée la semaine dernière dans une phase plus radicale et plus violente, alimentant la crainte d'une intervention chinoise.

Un premier assaut de la police repoussé

Ce nouvel avertissement est lancé alors que de nombreux manifestants prodémocratie sont cernés par la police sur le campus de l'Université polytechnique de Hong Kong, où ils se sont retranchés depuis quelques jours.

Des dizaines d'entre eux ont cependant réussi à s'échapper du campus lundi soir. Ils sont descendus en rappel depuis une passerelle, avant d'être récupérés sur une route en contrebas par des personnes à moto. Certains d'entre eux ont été interpellés.

Mais des dizaines de personnes restaient sur le campus dans la nuit, a déclaré un des protestataires à l'AFP. Des manifestants mineurs ont cependant été autorisés à partir.

Une dizaine de personne marchent en rang, escortés par un policier antiémeute.

Des protestataires sont escortés par la police de Hong Kong après avoir été arrêtés.

Photo : Reuters / Thomas Peter

La police de Hong Kong avait tenté un assaut contre les protestataires retranchés dans l'Université polytechnique de Hong Kong plus tôt dans la journée, avant de se replier en raison de leur féroce opposition.

Je demande ici aux émeutiers de ne pas utiliser de cocktails Molotov, de flèches, de voitures ou d'armes létales pour attaquer les policiers, avait commenté le porte-parole de la police Louis Lau.

S'ils poursuivaient des actions aussi dangereuses, nous n'aurions pas d'autre choix que d'utiliser la force minimale nécessaire, y compris les balles réelles, pour riposter, avait-il ajouté.

Des protestataires qui avaient ensuite tenté de fuir le campus ont été repoussés par des tirs de grenades lacrymogènes, ce qui les a contraints à se replier vers le campus. Des dizaines de personnes ont été arrêtées, parfois très violemment.

Ailleurs dans la mégapole de 7,5 millions d'habitants, les transports en commun demeurent lourdement paralysés et les écoles, fermées.

Un manifestant anti-gouvernement debout dans le tunnel bloqué par des cônes de construction et des briques.

Le tunnel routier desservant l'île de Hong Kong est bloqué depuis mardi par les manifestants.

Photo : Reuters / Thomas Peter

L'armée est venue montrer la souveraineté chinoise

Jeudi dernier, le président chinois, Xi Jinping, a déclaré que la tâche la plus urgente pour Hong Kong consistait à« mettre fin à la violence et au chaos » et à « rétablir l'ordre ».

Les activités illégales violentes des manifestants ont sérieusement bafoué l'État de droit et l'ordre social, et remis gravement en cause le principe "un pays, deux systèmes", a-t-il dit.

Ce principe, qui permet aux résidents de Hong Kong de bénéficier de plus grandes libertés que les autres Chinois, doit normalement être en vigueur jusqu'en 2047.

Deux jours plus tard, des soldats de la garnison locale de l'armée chinoise ont fait une apparition rarissime et fortement symbolique dans les rues de Hong Kong pour déblayer certaines rues de leurs barricades.

Ils sont là pour montrer la souveraineté chinoise et dans un objectif de défense, a déclaré lundi l'ambassadeur Liu.

Liu Xaoming, devant un lutrin, en conférence de presse.

« Si la situation devient incontrôlable, le gouvernement central ne restera certainement pas sans rien faire », a déclaré lundi l'ambassadeur chinois au Royaume-Uni, Liu Xaoming.

Photo : Getty Images / AFP/NIKLAS HALLE'N

Le diplomate a en outre mis en garde contre toute ingérence étrangère à Hong Kong, en désignant le Royaume-Uni, ex-puissance coloniale, et les États-Unis.

Nous voudrions dire à ces forces extérieures que le gouvernement chinois reste déterminé [...] à s'opposer à toute ingérence extérieure dans les affaires de Hong Kong

Liu Xaoming, ambassadeur chinois au Royaume-Uni

Londres extrêmement préoccupé par la tournure des événements

À Londres, le ministère des Affaires étrangères s'est dit lundi extrêmement préoccupé par l'escalade des violences du côté des manifestants comme des autorités aux abords des campus universitaires.

Il est vital que les blessés puissent recevoir le traitement médical approprié et qu'un passage sécurisé soit mis en place pour ceux qui souhaitent quitter la zone, affirme le ministère dans un communiqué.

Londres plaide pour que cessent les violences et que les parties engagent un dialogue constructif, peut-on aussi y lire.

À Washington, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a déclaré qu'il incombe au gouvernement de Hong Kong de rétablir le calme dans le territoire, en prenant notamment des mesures claires pour répondre aux demandes de l'opinion [publique], estimant que le recours aux forces de l'ordre ne saurait suffire.

La violence est inacceptable d'où qu'elle vienne, mais la responsabilité de rétablir le calme revient en premier lieu au gouvernement de Hong Kong.

Mike Pompeo, secrétaire d'État des États-Unis

Le secrétaire d’État américain en a profité pour rappeler au Parti communiste chinois son engagement d’honorer les promesses de liberté qu’il a faites aux habitants de Hong Kong lors de la rétrocession de l’île.

Une porte-parole de l'Union européenne en matière de politique étrangère, Maja Kocijancic, a aussi fait part des inquiétudes des pays membres en conférence de presse.

Nous avons vu des informations selon lesquelles des secouristes et des équipes médicales ont été arrêtés par les forces de l'ordre alors qu'ils tentaient de venir en aide aux blessés, a-t-elle déclaré. C'est pour nous un sujet de profonde inquiétude.

Toute violence est inacceptable, bien sûr, et toute action des forces de l'ordre doit demeurer strictement proportionnée, et les libertés fondamentales, en particulier les libertés de se rassembler et de s'exprimer, doivent être garanties, a ajouté Mme Kocijancic.

Du souci pour les 300 000 Canadiens vivant à Hong Kong

Le ministère canadien des Affaires étrangères dit aussi qu'Ottawa est sérieusement préoccupé par les incidents de violences en cours, d'autant plus que 300 000 Canadiens vivent à Hong Kong.

La sûreté et la sécurité des Canadiens à l'étranger sont les priorités absolues du gouvernement, a-t-il fait savoir dans un courriel envoyé à Radio-Canada. Nous continuons de suivre la situation de près.

Il est crucial de faire preuve de retenue, de rejeter les incidences de violence et de prendre des mesures urgentes pour désamorcer la situation, indique-t-il. Il est essentiel que toutes les parties prenantes clés soient engagées dans un processus de dialogue large et inclusif.

Les libertés fondamentales, y compris le droit de réunion pacifique, et le degré élevé d'autonomie de Hong Kong en vertu du principe "un pays, deux systèmes", sont consacrées dans la Loi fondamentale et dans les accords internationaux et doivent continuer à être respectées.

Déclaration du ministère canadien des Affaires étrangères

Depuis l'abandon au début de septembre du texte visant à autoriser les extraditions vers la Chine, à l'origine du mouvement de contestation, le gouvernement de Hong Kong refuse toute nouvelle concession aux manifestants.

Craignant l’emprise de plus en plus grande de Pékin sur Hong Kong, ces derniers réclament notamment la mise en place de véritables élections au suffrage universel et une enquête indépendante sur le comportement de la police.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Politique internationale

International