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60 000 enseignants du secondaire de l'Ontario en position légale de grève

Un homme en conférence de presse avec les micros des grands réseaux posés sur son lutrin.

Le président de la FEESO, Harvey Bischof, déclare que ses membres se sont prononcés à plus de 90 % en faveur de la grève.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les enseignants du secondaire de l'Ontario sont prêts à débrayer si les négociations contractuelles avec le gouvernement du premier ministre Doug Ford restent au point mort.

La Fédération des enseignantes et des enseignants des écoles secondaires de l'Ontario (FEESO) a dévoilé lundi après-midi les résultats d'un vote de grève provincial. Les travailleurs de l'éducation ont soutenu une grève éventuelle dans une proportion de 92 %, tout comme 95,5 % du personnel enseignant et suppléant.

Le syndicat, qui représente environ 60 000 enseignantes et enseignants et travailleuses et travailleurs de l'éducation de l'Ontario, est donc en position légale de grève légale, mais doit donner un préavis de cinq jours avant que ses membres ne puissent entamer une action collective.

Nos membres se sont engagés à défendre la qualité de l'éducation en Ontario contre un gouvernement qui est déterminé à la miner, a déclaré Harvey Bischof, président de la FEESO.

Le gouvernement Ford à la médiation

Plus tôt dans a journée, le ministre ontarien de l'Éducation Stephen Lecce avait demandé aux syndicats d'enseignants d'accepter la nomination d'un médiateur pour tenter de dénouer l'impasse dans les négociations contractuelles.

Le président de la Fédération des enseignantes-enseignants des écoles secondaires de l'Ontario (FEESO), Harvey Bischof, s'est dit ouvert à cette option, affirmant que les négociations ne progressaient pas.

Nous sommes très loin d'un accord.

Harvey Bischof, président de la FEESO

L'Association des enseignants catholiques anglophones, qui a aussi reçu un mandat de grève de ses membres en cas d'échec des pourparlers, prônait déjà la médiation.

Le syndicat accuse le gouvernement de Doug Ford de continuer à demander des coupes majeures.

Nous aussi nous voulons que les élèves puissent continuer à aller en classer [et éviter une grève], mais nous ne voulons pas le faire dans des classes qui débordent, ajoute M. Bischof, qui affirme que les conservateurs refusent de garantir qu'il y aura des plafonds quant au nombre maximal d'élèves par classe.

Stephen Lecce en conférence de presse.

Le ministre de l'Éducation, Stephen Lecce

Photo : Chaîne de Queen's Park

Le ministre Lecce maintient, lui, qu'il a adopté une approche raisonnable dans les négociations et qu'il est déterminé à conclure une entente à la table de négociation.

Je suis convaincu que c'est la bonne marche à suivre, car une médiation permettra à un tiers indépendant d'aider les syndicats, les associations d'employeurs et le gouvernement d'arriver à une entente.

Stephen Lecce, ministre de l'Éducation

Le ministre Lecce ajoute que la médiation a fonctionné avec les employés de soutien dans les écoles, avec qui le gouvernement a conclu une entente, en octobre, sans qu'il y ait une grève.

Grève du zèle à l'élémentaire

La Fédération des enseignantes et des enseignants de l'élémentaire de l'Ontario (FEEO), qui affirme qu'un conciliateur aide déjà les parties à la table de négociation, affirme que malgré les déclarations publiques du ministre, ses représentants ne « négocient pas de bonne foi ».

Les représentants du gouvernement, dit la FEEO, continuent à demander le retrait des protections dans la convention collective concernant la taille maximale des classes à l'élémentaire, en plus de refuser de collaborer avec la FEEO pour trouver des solutions au problème de violence en classe et de ne pas vouloir renouveler le financement pour les élèves aux besoins spéciaux, sans parler de la réduction demandée du budget des écoles élémentaires de jusqu'à 150 millions de dollars.

Les enseignants anglophones de l'élémentaire menacent de déclencher une grève du zèle dès la semaine prochaine si un accord de principe n'est pas conclu d'ici là.

Conciliation c. médiation

Selon le gouvernement de l'Ontario, la conciliation est un processus par lequel le ministère du Travail désigne un individu qui rencontre le syndicat et l'employeur pour tenter de parvenir à une entente. Le conciliateur s'efforce d'aider les deux parties à régler leurs différends. La plupart du temps, les parties doivent passer par le processus de conciliation avant d'être en mesure de déclencher une grève ou un lock-out. Lorsque la conciliation ne mène pas à une entente, le gouvernement « peut offrir une assistance additionnelle pour aider le syndicat et l'employeur à parvenir à une convention par voie de médiation afin d'éviter un arrêt de travail. Les deux parties doivent accepter volontairement cette assistance ».

Taille des classes et salaires

Pour sa part, le président de la FEESO, Harvey Bischof, a accusé la province de ne pas vouloir discuter de questions de fond comme celles des effectifs et de la taille des classes.

Le gouvernement Ford veut augmenter le nombre d'élèves par classe de la 9e à la 12e année, mais a offert, en guise de compromis, d'augmenter le ratio moyen de 22,5 à 25 élèves, plutôt qu'à 28.

La députée du NPD Marit Stiles presse la province d'annuler ces compressions « terribles ». C'est Doug Ford qui voulait faire la guerre avec les étudiants, les enseignants et les travailleurs de l'éducation, dit-elle. Il faut renverser les coupes, ça, c'est la solution.

Pour sa part, le chef du Parti vert, Mike Schreiner, dénonce l'adoption par le gouvernement d'une loi limitant à 1 % les augmentations de salaire des employés du secteur public, et ce, en pleines négociations contractuelles avec les enseignants. C'est comme jeter de l'huile sur le feu, selon lui.

Pas de vote de grève chez les enseignants francophones

De son côté, l'Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO) n'a pas annoncé de date concernant un vote de grève.

Rémi Sabourin, président de l'AEFO.

Rémi Sabourin, président de l'AEFO

Photo : Radio-Canada

Son président, Rémi Sabourin, trouve toutefois que le processus de négociation a beaucoup ralenti. On a une journée de négociations demain; donc, on espère avoir un dialogue ouvert et vraiment parler des problématiques, parce qu’il y en a plusieurs en éducation et surtout au niveau de l’apprentissage des élèves. C’est très important pour nous. Donc, on va donner la chance à la négociation, mais sinon, bientôt, on aura peut-être des décisions importantes à prendre, affirme-t-il, en ajoutant que si les parties ne trouvent aucune solution, il consultera ses membres.

Rémi Sabourin déplore aussi les dispositions législatives prises par le gouvernement Ford sur les salaires et le nombre d'élèves dans les salles de classe. Les solutions sont à la table, mais il faudrait que les parties veuillent s’entendre. Mais le gouvernement aime mieux légiférer que de négocier, dit-il.

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