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chronique

The Offspring/Sum 41 : coup de chaleur nostalgique à Laval

Dexter Holland porte des lunettes fumées et chante dans un micro.

Le chanteur du groupe punk rock The Offspring, Dexter Holland, lors d'un concert donné dans le cadre du 25e anniversaire du Vans Warped Tour, le 30 juin 2019, à Atlantic City, au New Jersey.

Photo : Getty Images / Corey Perrine

Philippe Rezzonico

Officiellement, il s’agissait de la « tournée pancanadienne » des groupes The Offspring et Sum 41. Officieusement, ce que l’on a vu à la Place Bell, dimanche, ressemblait drôlement à une tournée commune visant à célébrer des tas d’anniversaires. Les chiffres ne mentent pas.

The Offspring, groupe américain originaire de la Californie, a lancé son premier disque homonyme en 1989, il y a 30 ans cette année. Leur album phare, Smash, a vu le jour il y a 25 ans, en 1994. Quant à Sum 41, groupe ontarien formé il y a deux décennies (1996), il a lancé son disque Chuck, il y a 15 ans cet automne.

Cela dit, ce n’est peut-être qu’un hasard. Qui sait? The Offspring a peut-être tout simplement décidé de mettre sur pied cette tournée vaguement nostalgique afin de faire oublier que l’on attendait cette année leur premier disque depuis 2012. Et que ledit disque a été reporté à 2020.

Cela dit, va-t-on voir The Offspring – et même Sum 41, d’ailleurs – pour autre chose que leurs succès du passé de nos jours?

Quelques nouveautés

Sum 41, il est vrai, a tenu à mettre à l’avant quelques chansons de son nouvel opus Order in Decline, paru en juillet. Avec la pochette de son plus récent disque en arrière-plan, Deryck Whibley et sa bande ont balancé trois nouveaux titres parmi les six premières chansons.

Out for Blood a été victime d’une rupture de son, mais, globalement, les petites nouvelles tiennent la route. Cela dit, quand elles sont interprétées dans la même séquence que des bombes d’antan, notamment We’re All to Blame, propulsée par des milliers de spectateurs qui hurlent : « Sacrifice! », tu es largement déficitaire.

Ce qui ne s’est plus reproduit par la suite. Whibley a déchaîné les passions en courant de la scène principale à une petite plateforme à l’autre bout de la patinoire de la Place Bell pour entonner Pieces. Effet bœuf. Quant aux chansons comme In too Deep, Fat Lip et Still Waiting, elles ont été l’occasion pour des milliers d’amateurs de chanter à pleins poumons. Rassembleur.

Si Sum 41, qui était franchement en feu, a été une belle surprise pour bien des amateurs – tous les commentaires à l’entracte allaient dans ce sens –, les gens étaient venus pour The Offspring. D’autant plus que Dexter Holland (voix, guitare), Noodles (guitare) et leurs collègues étaient en mode tournée grands succès.

Preuve à l’appui, une salve d’ouverture formée d'Americana (1998), avec ses « Well, f… you » bien sentis, All I Want (1997) et Come Out and Play (1994), cette dernière hurlée par la foule le poing en l’air. Le message était clair. It Won’t Get Better (solide), nouveauté de 2018 que l’on s’attend à voir sur le prochain album, a été la seule chanson récente de la soirée.

Une impression familière

La foule au parterre, qui était souvent déchaînée durant Sum 41, a redoublé d’énergie durant l’une des meilleures versions entendues d’Original Prankster et d’une Staring at the Sun décoiffante au possible. Et les spectateurs étaient dans le même état d’esprit pour Bad Habit et Gotta Get Away.

Pendant quelques minutes, j’avais l’impression de revoir cette foule d’adolescents et de jeunes adultes qui s’empilaient les uns dessus les autres le soir du 4 juin 1995, quand The Offspring a présenté sa tournée Smash au CEPSUM.

Si l’énergie était similaire, c’était quand même plus débile il y a un quart de siècle. Je n’avais jamais vu à l’époque – ni depuis – 18 personnes surfer simultanément sur la foule durant un concert. Nous avons eu notre part de surfeurs, hier soir, mais rien de comparable.

L’autre différence majeure entre 1995 et 2019, c’est la voix de Holland. Heureusement que tous les jeunes des années 1990 désormais trentenaires ou quadragénaires chantent avec lui. À la basse, Todd Morse, le remplaçant de Greg K, est adéquat, mais il manque de lourdeur ici et là, surtout sur Gotta Get Away.

Parmi les éléments qui confinent à la nostalgie de la soirée, les reprises des Ramones (Blitzkrieg Bop) et d’AC/DC (Whole Lotta Rosie) sont du nombre. Parmi les trucs rafraîchissants, l’interprétation de Gone Away par Holland en mode piano-voix. Joli.

« Sexy » Laval

Depuis l’ouverture de la Place Bell, on a entendu quelques artistes saluer par erreur ou méconnaissance la foule de « Montréal ». Hier, Noodles, très efficace, n’a cessé de parler de Laval, au point de faire un monologue sur le côté sexy de la ville avant Pretty Fly (For a White Guy). Quiconque ayant grandi à Laval – comme l’auteur de ces lignes – a dû être pris d’un fou rire.

À moins que ce ne soit quand Holland est revenu sur scène pour le rappel avec un chandail numéro 31… du Rocket de Laval. Peut-être qu’un jour, le chandail porté par Cayden Primeau vaudra plus cher que celui de Carey Price, allez donc savoir… Mais bon, on respecte la tradition. Cela a été, ma foi, l’un des éléments les moins nostalgiques de cette soirée qui en comptait beaucoup. Mais il faudra s’y habituer.

Dans six semaines, nous serons en 2020, ce qui signifie que tous les artistes ou groupes qui ont vu le jour dans les années 1990 auront, au minimum, deux décennies de métier derrière eux. Les années 1990 – comme les années 1960, 1970 et 1980 avant elles – seront désormais marquées du sceau de la nostalgie.

Pas grave. Cela mène à de très bonnes soirées musicales un dimanche soir glacial de novembre, à Laval.

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