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Affaire Lionel Desmond : l'enquête publique sur la tragédie s'amorce

L'ancien combattant avait tué sa fille, sa femme et sa mère avant de s'enlever la vie.

Lionel Desmond assis, en uniforme et avec son arme.

Lionel Desmond

Photo : Radio-Canada

La Presse canadienne

Près de trois ans après que Lionel Desmond, un ancien soldat ayant combattu en Afghanistan et souffrant du trouble de stress post-traumatique (TSPT), eut tué sa mère, sa femme et sa jeune fille avant de se suicider, l'enquête publique sur la tragédie s'amorce lundi dans un immeuble municipal de Guysborough, en Nouvelle-Écosse.

Les faits se sont déroulés dans la maison familiale, à Upper Big Tracadie, en Nouvelle-Écosse.

L'enquête vise à déterminer ce qui s'est passé dans la tête de Desmond et de trouver ce qui pourrait être fait pour éviter de nouvelles tragédies.

« M. Desmond souffrait d'un grave TSPT », rappelle l'avocat Adam Rogers, qui représente la succession du caporal âgé de 33 ans au moment de sa mort. « Il a essayé de se soigner pendant 10 ans de manière différente et rien n'a fonctionné. Il n'a jamais trouvé de réponse. Sa famille veut trouver ces réponses, pour lui et pour les autres. »

Me Rogers a indiqué que l'enquête provinciale s'amorcera par une déclaration liminaire de celui qui la préside, le juge Warren Zimmer, de la Cour provinciale de la Nouvelle-Écosse. Les divers avocats feront ensuite leur présentation.

« Le système l'a laissé tomber à différents moments », soutient l'avocat. « On l'a laissé dans sa collectivité sans un soutien adéquat. »

Le médecin légiste en chef de la Nouvelle-Écosse, Matt Bowes, sera le premier témoin à comparaître. C'est lui qui, après avoir passé en revue les circonstances des décès, avait recommandé la tenue d'une enquête publique en vertu d'une loi provinciale.

Le gouvernement de la Nouvelle-Écosse avait promis d'instaurer une enquête publique en 2017.

« Les Canadiens devront être attentifs à ce qui se déroulera à Guysborough, car ces problèmes ne sont pas résolus », fait valoir Me Rogers. « Il y aura toujours des soldats qui partiront au combat et reviendront souffrant du TSPT. Ils reviendront pour se réintégrer et régler leurs problèmes de santé. Nous voulons trouver de meilleurs moyens pour faire face à ce genre de situation. C'est quelque chose qui pourra affecter toutes les régions du pays. »

Shanna Desmond et Aaliyah Desmond.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Shanna Desmond et Aaliyah Desmond

Photo : Facebook

Le 3 janvier 2017, Lionel Desmond est entré chez lui, armé d'un fusil qu'il avait acheté plus tôt dans la journée. Quelques instants plus tard, il abattait sa femme, Shanna, âgée de 31 ans, sa fille, Aaliyah, âgée de 10 ans, et sa mère, Brenda, âgée de 52 ans, avant de retourner son arme contre lui.

Au cours des mois qui ont suivi la tragédie, des membres de la famille ont déclaré à plusieurs reprises que Lionel Desmond avait cherché en vain un traitement pour soigner sa maladie.

Brenda Desmond, mère de Lionel Desmond, travaillait dans l'industrie de la construction.

Brenda Desmond, mère de Lionel Desmond, travaillait dans l'industrie de la construction.

Photo : Brenda Desmond/Facebook

Sa soeur Cassandra espère que les recommandations de l'enquête contribueront à éviter des drames semblables.

L'enquête visera notamment à déterminer si Lionel Desmond avait eu accès à des services de santé mentale et de lutte contre la violence conjugale, et s'il aurait dû pouvoir acheter un fusil.

En outre, l'enquête cherchera aussi à établir si les prestataires de soins de santé et de services sociaux avec lesquels il a eu affaire avaient été formés pour reconnaître les traumatismes liés au stress ou la violence conjugale.

Et on demandera aux responsables provinciaux s'ils ont été aux prises avec des restrictions en tentant d'accéder aux dossiers médicaux fédéraux de Lionel Desmond.

M. Bowes a souligné que son examen initial du cas indiquait un manque de coopération entre les agences gouvernementales, affirmant que « l'interconnexion entre tous ces éléments aurait très bien pu être meilleure ».

Les représentants du procureur général fédéral témoigneront au cours des prochaines semaines au nom de Santé Canada, d'Anciens Combattants Canada, de la Gendarmerie royale du Canada et du ministère fédéral de la Sécurité publique.

Le juge Zimmer déposera un rapport contenant ses conclusions et recommandations. Il ne contiendra aucune conclusion de responsabilité judiciaire.

Les enquêtes sur les décès sont rares en Nouvelle-Écosse. La dernière fois que le gouvernement a demandé une telle enquête remonte à 2008.

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