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Aide d'urgence après les pannes : des familles à faible revenu oubliées

Le reportage de Fannie Bussières-McNicoll

Photo : Radio-Canada / Fannie Bussières McNicoll

Radio-Canada

Les Banques alimentaires du Québec déplorent que la nouvelle aide pour les bénéficiaires de l'aide sociale qui ont perdu de la nourriture lors des récentes pannes d'électricité prolongées ne puisse aussi inclure les familles à faible revenu.

Le réseau des banques, qui sert de courroie de transmission pour plus de 1200 organismes communautaires au Québec, pense que ce soutien d'urgence devrait être accessible à toutes les personnes en situation de précarité financière.

La famille Toko aurait bien aimé recevoir cette aide gouvernementale. Privée d'électricité pendant plusieurs jours lors des pannes qui ont touché des centaines milliers de Québécois au début du mois, elle a par conséquent perdu toutes ses provisions, ce qui a creusé un trou dans son budget déjà serré.

On a vidé [le congélateur], raconte Pedro Toko, qui a été privé de courant durant trois jours.

Ce trou-là nous a beaucoup plus causé de tort parce que nous avons fait des dépenses inattendues. Alors c'est vraiment un peu d'angoisse.

Pedro Toko

Les Toko et leurs cinq enfants vivent au Québec depuis huit ans. Pedro est de retour sur les bancs d'école, tandis que sa femme travaille de nuit et gagne 13 $ de l'heure. Avec un revenu déjà faible, la perte de leurs réserves de nourriture est venue compliquer la donne.

Pour la première fois, la famille a dû se tourner vers une banque alimentaire. On fournit les efforts pour pouvoir subvenir à nos propres besoins, mais quand cela est arrivé, nous n'avons plus eu d'autres choix que de nous tourner vers là, confie Pedro Toko.

La famille Toko ne pourra toutefois pas bénéficier du soutien spécial annoncé lundi dernier par le ministre de la Solidarité sociale, Jean Boulet.

De toutes les personnes qui ont manqué d'électricité pendant plus de 24 heures lors de la tempête automnale, seules celles qui adhèrent déjà à un programme d'assistance sociale pourront réclamer une compensation, soit 75 $ pour chaque membre de la famille, jusqu'à concurrence de 300 $.

Cette décision est une erreur, estime la directrice générale des Banques alimentaires du Québec, Annie Gauvin. L'aide de Québec aurait dû être plus large et devrait aussi servir à soutenir d'autres personnes démunies, avance-t-elle.

Nous sommes en mesure d'identifier les personnes et les familles les plus à risques dans le réseau des banques alimentaires, explique-t-elle. Alors avec des paramètres clairs, des informations claires, on aurait pu identifier les personnes qui sont vraiment en situation de besoin immédiat.

Annie Gauvin déplore aussi que son organisation n'ait pas été contactée pour relayer l'information concernant cette mesure d'urgence. Le réseau des Banques alimentaires du Québec aurait dû en être avisé plus rapidement, car c’est maintenant que ces familles ont besoin de ce soutien financier, juge-t-elle.

Pedro Toko et deux de ses cinq enfants, Jérémie et Joyce

Pedro Toko et deux de ses cinq enfants, Jérémie et Joyce

Photo : Radio-Canada / Fannie Bussières McNicoll

Même s'ils ne bénéficient pas de cette aide, Pedro et sa famille ne se découragent pas. On est toujours optimistes, assure Pedro Toko.

S'il y a des gens qui pouvaient nous aider, ça serait une très, très bonne chose. Mais si jamais l'aide ne vient pas, nous n'allons pas nous croiser les bras. On continue toujours à travailler dur, assure-t-il.

Les bénéficiaires de l'aide sociale concernés par cette mesure d'urgence ont jusqu'au 29 novembre pour se présenter au bureau de Services Québec ou au centre local d'emploi le plus près afin de réclamer cette aide.

D'après le reportage de Fannie Bussières-McNicoll

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