•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Affaire Epstein : la ligne de défense du prince Andrew vivement critiquée

Le prince Andrew à Harrogate en juillet dernier.

Le prince Andrew s'est expliqué sur ses liens avec le financier américain Jeffrey Epstein lors d'une entrevue accordée à la BBC.

Photo : Getty Images / Ian Forsyth

Agence France-Presse

Vivement critiqué par la presse britannique, le prince Andrew subissait dimanche le puissant retour de flamme d'une entrevue dans laquelle il s'exprimait pour la première fois sur l'affaire Epstein, analysée comme un pari risqué qui tourne au fiasco.

Lors d'un entretien de près d'une heure diffusé samedi soir sur la BBC, le prince Andrew, âgé de 59 ans, s'est expliqué sur ses liens avec le financier américain Jeffrey Epstein, qui s'est suicidé en prison en août, et a catégoriquement démenti les affirmations de son accusatrice.

Virginia Giuffre [née Roberts, nom qu’elle portait à l’époque] affirme avoir été forcée d'avoir des relations sexuelles avec le prince Andrew à Londres en 2001 alors qu'elle avait 17 ans, puis à deux autres reprises à New York et sur l'île privée de Jeffrey Epstein dans les Caraïbes.

Je peux catégoriquement, absolument vous dire que ce n'est pas arrivé, a déclaré le prince Andrew, se disant prêt à déposer devant la justice dans de bonnes circonstances.

L'entrevue à la BBC a fait la une dimanche de la plupart des journaux britanniques. Et beaucoup ironisaient sur la ligne de défense du prince, ou estimaient que son pari de s'expliquer à la télévision risquait fort de se retourner contre lui et la famille royale.

Il n'avait pas l'air conscient du sérieux de l'affaire, riant et souriant à plusieurs reprises pendant l'entrevue [...] et n'exprimant aucun regret ou inquiétude envers les victimes d'Epstein.

Extrait du quotidien The Guardian

Je n'ai jamais rien vu d'aussi désastreux, a réagi le consultant en relations publiques et communication de crise Mark Borkowski, pour qui cette entrevue peut servir d'exemple à des étudiants dece qu'il ne faut pas faire. C'était comme regarder un homme dans des sables mouvants à qui malheureusement personne n'aurait jeté de corde pour tenter de s'en sortir.

Le prince Andrew, huitième dans la ligne de succession au trône, a reconnu que ses relations avec le financier américain Jeffrey Epstein ont pu mettre la famille royale dans l'embarras, mais estime ne pas avoir nui à la réputation de la reine Élisabeth II.

Sur Twitter, Peter Hunt, ancien chroniqueur royal de la BBC, a estimé que cette entrevue, qui à ses yeux affecte la reine, traduisait un malaise au sein de la royauté. Selon lui, son frère aîné le prince Charles devrait avoir le courage de dire au prince Andrew de se retirer de la vie publique.

Selon plusieurs médias, le conseiller de presse du prince, opposé à cette entrevue, a récemment quitté ses fonctions.

La presse raillait notamment l'alibi invoqué par le prince, qui a affirmé qu'il se trouvait dans un restaurant de la chaîne Pizza Express de Woking, une ville au sud de Londres, le jour des faits décrits par son accusatrice.

Les chevaux suent, les hommes transpirent, mais les membres de la famille royale ne font que briller.

Sunday Times dans un éditorial

Le journal Sunday Times rebondit sur l'une des explications les plus commentées du prince Andrew.

Là où Mme Giuffre le décrit comme transpirant abondamment en dansant dans un club de Londres en 2001, lui rétorque que c'était impossible. Et ce, dit-il, en raison d'une maladie due à une montée d'adrénaline lorsqu'il a été visé par des tirs au cours de la guerre des Malouines en 1982, où il était pilote d'hélicoptère.

Le Sunday Times, qui publie une photo montrant le prince apparemment en train de transpirer en 2000, s'en prend au pauvre chéri qui s'est présenté comme un héros de guerre.

Le prince se voit aussi reprocher le vocabulaire qu'il a employé tout au long de son entretien, comme le fait qu'il se soit présenté comme trop honorable, pour expliquer qu'il avait vu Epstein en 2010 après sa condamnation pour couper les ponts. Ou encore quand il a qualifié d'inconvenant le comportement de son ami.

Inconvenant?!, lui a rétorqué la journaliste qui l'interviewait, c'est un délinquant sexuel!

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Justice

International