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« On commence à désespérer un peu » : des agriculteurs tentent de sauver leur récolte

Une moissonneuse-batteuse récolte du maïs dans un champ l'hiver.

L'arrivée hâtive de la neige a pris au dépourvu de nombreux cultivateurs de l'Est ontarien.

Photo : Radio-Canada / Boris Proulx

Radio-Canada

Des agriculteurs de l’Est ontarien craignent les effets d’un hiver hâtif sur leurs récoltes. Ils tentent tant bien que mal de profiter de la météo un peu moins froide pour éviter des pertes potentiellement catastrophiques.

À cette période-ci de l’année, Sylvain Quenneville, agriculteur de Casselman, s’apprête normalement à terminer sa récolte.

Mais l’automne 2019 n’a rien de normal : son champ de maïs est recouvert de neige. Il doit donc attendre que la neige fonde, parte au vent ou soit plus ferme pour mettre la moissonneuse-batteuse au travail.

Sylvain Quenneville, agriculteur de Casselman, doit composer avec un hiver hâtif cette année.

Sylvain Quenneville, agriculteur de Casselman, doit composer avec un hiver hâtif cette année.

Photo : Radio-Canada / Denis Babin

La batteuse ne peut pas battre de la neige. Il faut attendre que la neige parte. [...] S’il fait ben froid, la neige va passer à travers la batteuse, explique-t-il.

Marc Quesnel, un autre cultivateur, éprouve lui aussi son lot de problèmes. Il est debout avant l’aube et se couche au petit matin depuis les derniers jours pour tenter de rescaper sa récolte.

On n’est pas vite à jeter la serviette [...] On n’abandonne pas, mais on commence à désespérer un peu.

Marc Quesnel, agriculteur

On a une petite accalmie dans la météo. Il fait soleil, la neige a fondu sur le plant de maïs, alors on vient à bout de le passer et de récolter, décrit-il. Impossible pour lui cependant de récolter son soja tant qu’il y aura la moindre trace de neige dans son champ.

Par ailleurs, les agriculteurs n'auraient pas pu devancer leur récolte. Les champs ont été recouverts de glace pendant une bonne partie de l’hiver dernier, ce qui a tué une importante part de certaines cultures de M. Quesnel. Il a donc dû labourer et semer à nouveau son champ. Qui plus est, le temps fut particulièrement sec à la fin de l’été.

On arrive à l’automne avec un retard dans les cultures [...] On a été obligés d’attendre un peu plus que d’habitude et la neige est venue de bonne heure, se désole M. Quesnel.

Un autre problème auquel les cultivateurs de maïs sont confrontés est le taux d’humidité plus élevé qu’à la normale dans leurs grains.

Quand tu as du maïs à 30 %, 32 % d’humidité, c’est dispendieux à faire sécher. C’est le profit qui s’en va et, en agriculture, les profits, [il n’y en a] pas tant que ça, fait valoir M. Quenneville.

Un silo à grain rempli de maïs

Les grains de maïs récoltés par Sylvain Quenneville sont plus humides qu'à l'habitude.

Photo : Radio-Canada / Denis Babin

Appel à l’aide

À l’instar des Producteurs de grain du Québec, M. Quesnel demande une aide du gouvernement provincial pour encaisser le coup asséné par l’hiver précoce, mais aussi par des mois de temps peu clément.

On peut dire qu'il y a au moins 500 $ l’acre [en perte], facile. Il me reste encore presque 100 acres à ramasser, estime également le cultivateur établi à Moose Creek.

Marc Quesnel en entrevue dans un champ de maïs recouvert de neige.

Marc Quesnel estime ses pertes potentielles à 500 $ par acre, alors qu'il lui reste 100 acres de maïs à récolter.

Photo : Radio-Canada

C’est sûr que des pertes comme ça, on ne peut pas éponger ça. C’est la deuxième année difficile en ligne, a souligné M. Quesnel.

Avec les informations de Denis Babin et Boris Proulx

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Ottawa-Gatineau

Agriculture