•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Enquête sur Trump : de nouvelles informations viennent préciser le rôle de Sondland

Gordon Sondland, ambassadeur des États-Unis auprès de l'Union européenne

Gordon Sondland, ambassadeur des États-Unis auprès de l'Union européenne

Photo : Reuters / Francois Lenoir

Radio-Canada

Des retranscriptions dévoilées samedi dans l’enquête publique en destitution contre Donald Trump montrent le rôle important qu’a joué l’ambassadeur des États-Unis à l'Union européenne, Gordon Sondland, dans les efforts du président pour pousser l'Ukraine à ouvrir une enquête sur Joe Biden.

Les nouveaux éléments de preuve proviennent de centaines de pages consignant le témoignage à huis clos de Tim Morrison, un ancien conseiller en sécurité à la Maison-Blanche.

Ils viennent contredire une partie importante du témoignage que Gordon Sondland a donné à huis clos, au cours duquel il avait nié avoir participé à des actions visant à geler de l'aide afin de faire pression sur le gouvernement ukrainien.

Donald Trump avait lui-même dit douter des informations que détenait M. Sondland au sujet de cette affaire. Mais Tim Morrison assure que l'ambassadeur lui avait affirmé en avoir discuté avec le président.

Le président Donald Trump est plongé dans la pire crise politique de sa présidence depuis le dévoilement d’un appel au cours duquel il a demandé à son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, d’enquêter sur le meneur de la course à l’investiture démocrate, l’ancien vice-président Joe Biden.

Dans son témoignage, qui date d’une précédente audition, Tim Morrison a dans un premier temps corroboré les témoignages des autres acteurs de l’enquête, en plus d’apporter un nouvel éclairage à ce que certains ont appelé une diplomatie de l’ombre, menée par l’avocat personnel de Donald Trump, Rudy Giuliani.

Comme Gordon Sondland, M. Giuliani et d’autres membres de l’entourage de Donald Trump auraient fait pression pour convaincre le président ukrainien de répondre favorablement à la requête du président américain.

Tim Morrison s’en détache toutefois, et affirme avoir tenté de demeurer à l’écart, même s’il a lui-même été témoin de l’appel entre les deux présidents.

Il a même été témoin d’une rencontre subséquente, en septembre, entre l’ambassadeur et un collaborateur de Zelensky, AndreÏ Yermak, en marge d’un sommet à Varsovie. Gordon Sondland lui aurait ensuite raconté ce qui s’y était dit.

Selon l’ambassadeur des États-Unis auprès de l'Union européenne, le déblocage d’une aide militaire de près de 400 millions de dollars aurait été évoqué, si le procureur général de l’Ukraine annonçait l'ouverture d’une enquête sur les Biden.

Le fils de Joe Biden, Hunter, a siégé au conseil d'administration de la société gazière ukrainienne Burisma jusqu'en 2019.

Une première

J’étais préoccupé de savoir que Sondland a suggéré que les Ukrainiens devaient s’ingérer dans la politique américaine pour débloquer une aide militaire, a déclaré Tim Morrison. C’était la première fois qu’une telle condition était évoquée.

Peu après leur échange, Tim Morrison a dit avoir fait part de ses préoccupations à John Bolton, l'ancien conseiller américain à la sécurité nationale, et à William Taylor, le chargé d'affaires américain en Ukraine. Les deux lui auraient répondu de ne pas s’en mêler et de mettre les avocats au courant.

Quelques jours plus tard, le 7 septembre, Gordon Sondland – qui venait de mettre fin à un appel avec Donald Trump – et Tim Morrison discutaient à nouveau de l’affaire. Je m’en souviens, parce qu’il m’a fait remarquer qu’il était plus facile de rejoindre le président [Donald Trump] que moi, a témoigné Tim Morrison.

M. Sondland aurait alors tenté de le rassurer, raconte-t-il, en lui disant qu’aucune condition n’était attachée au versement des sommes à l’Ukraine.

Le président lui aurait dit qu’il n’y avait pas de contrepartie, mais que le président Zelensky doit, et devrait vouloir, annoncer la tenue d’une enquête, a-t-il relaté.

Tim Morrison a dès lors craint que l’aide militaire, pourtant approuvée par le Congrès américain, ne soit jamais versée.

Les millions de dollars promis ont toutefois été débloqués quelques jours après l’annonce de l’ouverture d’une enquête par les comités du renseignement, des affaires étrangères et celui chargé de la surveillance gouvernementale.

Selon l’ancien conseiller en sécurité à la Maison-Blanche, le vice-président Mike Pence et le sénateur de l’Ohio, Rob Portman, auraient convaincu Donald Trump de laisser partir les fonds immédiatement, lors d’une réunion à la Maison-Blanche, le 11 septembre. Tim Morrison n’était pas présent à la rencontre, mais il en aurait été informé par la suite.

MM. Sondland et Morrison doivent témoigner la semaine prochaine, publiquement cette fois, devant la Chambre des représentants.

Le témoignage d’une assistante de Mike Pence a aussi été dévoilé, samedi, suscitant des interrogations sur la connaissance qu’avait le vice-président Pence de toute cette affaire. Une proche conseillère de Mike Pence, Jennifer Williams, qui était présente lors de l'appel du 25 juillet entre Trump et Zelensky, a qualifié leur conversation d'inhabituelle et inappropriée, selon la retranscription.

Avec les informations de Associated Press, et Reuters

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Politique américaine

International