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L'insécurité linguistique, l'une des priorités des parents francophones

Des membres de la Fédération des parents francophones de l'Alberta dans une salle de la Cité francophone d'Edmonton.

Une soixantaine de personnes ont fait le déplacement pour le 32e colloque de l'organisme francophone.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Axel Tardieu

La Fédération des parents francophones de l'Alberta tenait samedi son colloque annuel. Les élections des membres du conseil d'administration s'y sont tenues et des ateliers de discussions entre parents ont eu lieu, notamment à propos de l'insécurité linguistique.

Une soixantaine de personnes se sont déplacées à la Cité francophone d'Edmonton pour le 32e colloque de la Fédération des parents francophones de l'Alberta (FPFA). Ils sont douze à avoir été élus pour un mandat de deux ans au sein du conseil d'administration.

Le thème du colloque de cette année : la sécurité linguistique. Gillian Anderson, réélue comme présidente de la FPFA, connaît bien ce thème, n'ayant pas été élevée en français.

Malgré son parcours en école d'immersion, elle ne se sent pas toujours à l'aise dans cette seconde langue, mais souhaite inciter les parents à soutenir leur enfant francophone.

Il ne faut pas avoir peur de faire des erreurs et il faut le montrer à ses enfants, explique-t-elle.

Le point, c'est d'agrandir notre communauté francophone. Il ne faut pas être trop timide. Il ne faut pas garder le français pour nous autres parce que l'on n'est pas à l'aise de parler avec du monde qu'on ne connaît pas.

Des gens sont assis dans une salle de la Cité francophone d'Edmonton.

Des élections et des ateliers ont eu lieu lors du colloque annuel de la FPFA.

Photo : Radio-Canada

Chaque jour, Gillian Anderson rencontre des parents qui disent ne pas parler français, alors qu'ils en sont capables. Il faut donner confiance aux gens.

Elle est formatrice dans des ateliers « I want my child to speak French, how can I help? » [Je veux que mon enfant parle français, qu'est-ce que je peux faire?] qui s'organisent dans des écoles à travers l'Alberta.

Ce sont des petits groupes de 10 à 12 parents à qui nous donnons des outils pour soutenir leurs enfants, précise-t-elle. J'ai hâte de voir le fruit de ce travail.

Père dévoué et bénévole impliqué dans la francophonie, Frédéric Purtell trouve également que la sécurité linguistique est une priorité.

On a tendance à faire ressentir à nos enfants nos propres insécurités. Il faut faire attention à ne pas trop les reprendre quand ils font des fautes. Tant que ton enfant s'exprime, même s'il mélange l'anglais et le français, son éducation sera francophone.

La santé en français

Navia Kalgang a fait le déplacement lors du colloque annuel ce samedi. Elle est membre du conseil scolaire et de l'association de parents d'élèves de l'école Notre-Dame à Edmonton. Selon cette mère, la priorité c'est d'ouvrir plus de garderies francophones subventionnées.

Navia Kalgang, à la Cité francophone lors du colloque de la Fédération des parents francophones de l'Alberta, le 16 novembre 2019.

Navia Kalgang trouve que les services en français manquent à Edmonton.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

J'ai quatre enfants dont deux qui ne sont pas encore en âge d'aller à l'école, explique-t-elle.

Mettre deux enfants à la garderie et aller travailler pour un salaire minimum, ce n'est pas possible. Tu ne pourras pas t'en sortir, tu ne pourras même pas payer et, du coup, tu te sens obligée de rester à la maison.

Cette femme arrivée du Québec en février 2015 doit faire face à un autre défi en Alberta : le manque de spécialistes francophones dans le domaine de la santé.

Je cherchais un ophtalmologue en urgence, mais la liste d'attente pour les francophones était trop longue... j'ai dû aller en voir un anglophone, accompagnée d'un interprète.

Les coupes budgétaires

C'est le premier colloque de la FPFA depuis l'élection des conservateurs de Jason Kenney en Alberta. Dans son budget présenté en octobre, le nouveau gouvernement a annoncé, entre autres, des compressions de 5 % cette année dans l'éducation postsecondaire afin d'équilibrer les finances publiques.

Cette décision déplaît à Frédéric Purtell. Ce père de 44 ans a décidé de reprendre ses études à l'université en théologie cette année. [Il] va falloir que je paie de ma poche, considère-t-il. Cela crée une pression pour moi, qui doit élever, seul, mon enfant.

Frédéric Purtell, à la Cité francophone lors du colloque de la Fédération des parents francophones de l'Alberta, le 16 novembre 2019.

Ce parent monoparental s'inquiète des coupes budgétaires du gouvernement de Jason Kenney.

Photo : Radio-Canada

Les coupes du gouvernement pourraient également avoir un impact sur la Fédération des parents francophones.

Le projet d'amélioration des services à la petite enfance prendra fin le 31 mars 2020. Les appels d'offres pour de nouvelles subventions courent jusqu'au 3 décembre. La distribution des fonds va être revue. Nous ne savons pas pour l'instant s'il y aura plus ou moins de financement, observe-t-elle.

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