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Maison infestée : une mère dénonce l’attitude de Logement communautaire Ottawa

Un piège dans laquel se sont prises des punaises de lit et des coquerelles.

Meram Saleh Sogui partage sa demeure avec de nombreuses coquerelles et des punaises de lit.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Une mère de famille dont l’appartement est infesté de punaises de lits et de cafards depuis des mois dénonce l’inaction de Logement communautaire Ottawa (LCO) dans le traitement de son dossier.

La nuit, quand les enfants dorment, [les insectes] marchent autour de leur corps. Chaque matin, les enfants ont des [piqûres] partout, relate Meram Saleh Sogui, qui a émigré du Tchad à titre de réfugiée pour s’établir au Canada en 2008. Ses cinq enfants ont pu venir la rejoindre en 2016 et en 2017.

Ils doivent toutefois cohabiter avec des colonies de coquerelles et de punaises de lit depuis plusieurs mois. La famille est désormais cantonnée au sous-sol, où s’entassent les matelas des enfants près de nombreuses boîtes de plastique dédiées à l’entreposage de la nourriture.

Meram Saleh Sogui cherche dans une boîte de plastique dans un sous-sol.

La famille doit maintenant dormir dans le sous-sol de son logement pour échapper du mieux possible aux insectes.

Photo : CBC/Amanda Pfeffer

[Mes enfants] me disent : “ Maman, si ça ne va pas, on va retourner chez nous, parce que ça, ce n’est pas la vie qu’on pensait au Canada ”.

Meram Saleh Sogui

Mme Saleh Sogui a tenté tant bien que mal de solliciter l’aide de LCO, responsable d’administrer son logement. Il lui a fallu des mois pour que, à deux reprises, des exterminateurs viennent vaporiser l’appartement avec des insecticides. Mais en vain : la vermine a gagné pratiquement tous les recoins du logement.

Six mois d'extermination

À bout de souffle, la mère de famille a finalement obtenu une aide inattendue de la part de l’enseignante de l’un de ses enfants. Inquiète des performances de son élève, elle s’est rendue à sa demeure et a constaté la gravité de l’infestation parasitaire.

La professeure a contacté la Société de l’aide à l’enfance d’Ottawa plus tôt cet automne, et c’est à partir de ce moment que la situation a débloqué pour la famille Saleh Sogui.

Avant ça, depuis une année, personne ne bougeait, personne ne répondait à nos appels, personne ne venait jeter un coup d’œil. Je suis allée [au bureau de LCO] avec une vidéo, mais personne ne me prenait au sérieux.

Meram Saleh Sogui

Les démarches amorcées par l’enseignante ont porté leurs fruits, même s’il s’agit d’une victoire douce-amère. Mme Saleh Sogui et ses enfants seront placés dès la semaine prochaine dans un nouveau logement, le temps que LCO s’occupe de régler l’infestation, une opération qui prendra environ six mois.

Meram Saleh Sogui en entrevue dans son logement.

Meram Saleh Sogui a fui la guerre au Tchad pour venir au Canada.

Photo : Radio-Canada

On va partir, on laisse tout ici parce que tout est infecté. Donc, on ne peut rien amener. On part comme ça, avec de nouveaux habits, et là-bas on va recommencer notre vie, relate la mère de famille.

Un système « brisé », selon ACORN Ottawa

Dans une réponse envoyée par courriel vendredi, LCO a indiqué qu’elle travaille étroitement et de façon proactive avec les locataires et des partenaires, tels que Santé publique Ottawa et Vieillir chez soi, pour éliminer la présence et la réapparition des parasites.

L’organisation a aussi souligné qu’elle a consacré 2,1 millions de dollars de son budget 2019 à son programme de Lutte antiparasitaire intégré. LCO n’a cependant pas commenté le cas précis de Mme Saleh Sougui, soulignant son obligation de protéger la confidentialité des locataires.

Pour l’organisme ACORN Ottawa, qui fait la promotion des enjeux de logements touchant les personnes à faible revenu, le cas de Mme Saleh Sougui n’est que le plus récent exemple démontrant les failles du système de LCO.

Norma-Jean Quibbell pose pour la caméra devant une maison en hiver.

Norma-Jean Quibell est coprésidente d’ACORN Ottawa Britannia.

Photo : CBC/Amanda Pfeffer

On met toute la responsabilité sur les épaules des locataires. C’est intimidant pour eux, parce qu’ils pensent qu’ils sont seuls, explique Norma-Jean Quibell, coprésidente d’ACORN Ottawa Britannia.

La réponse est basée sur les plaintes; elle n’est pas proactive. Ce n’est qu’un band-aid sur un problème plus large.

Norma-Jean Quibell, coprésidente d’ACORN Ottawa Britannia.

[Plusieurs locataires] viennent d’ailleurs, ils ne connaissent pas leurs droits, ils pensent qu’ils vont se faire évincer et donc ils ne peuvent pas utiliser leur système de plainte comme il le faut, ajoute-t-elle.

Les appréhensions des locataires concernant le système de plaintes faussent, selon elle, les données de la Ville. Confrontée à un nombre de plaintes qui a l’air peu élevé, l’administration n’aura donc pas tendance à changer son système.

Mme Quibell est d’avis qu’Ottawa doit se doter d’un système comme à Toronto, où des inspections ont lieu périodiquement dans les divers logements de la ville. Une note leur est ensuite attribuée et les responsables doivent améliorer la condition des logements qu’ils mettent sur le marché locatif.

Avec les informations de Claudine Richard

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