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Près de 250 000 personnes manifestent à Prague contre le premier ministre tchèque

Un homme de dos tient un drapeau tchèque devant une foule de plusieurs dizaines de milliers de manifestants, à Prague, le 16 novembre 2019.

Près de 250 000 personnes se sont rassemblées à Prague pour exiger le départ du premier ministre Andrej Babis, accusé de corruption, à la veille du 30e anniversaire de la Révolution de velours.

Photo : Getty Images

Agence France-Presse

Environ 250 000 Tchèques, selon le ministère de l'Intérieur, ont investi samedi le centre de Prague pour demander le départ du premier ministre milliardaire Andrej Babis, accusé de corruption, la veille du 30e anniversaire de la Révolution de velours qui a renversé le communisme dans l'ancienne Tchécoslovaquie.

Les manifestants ont brandi des drapeaux tchèques et des banderoles appelant M. Babis à se retirer. Ils ont scandé « Honte! » et « Démissionner! »

Le ministre de l'Intérieur, Jan Hamacek, cité par l'agence CTK, a estimé à environ 250 000 le nombre de personnes rassemblées au parc Letna, dans le centre de Prague.

La manifestation se tient la veille du trentième anniversaire de la Révolution de velours – des manifestations sans précédent et une grève générale qui ont mis fin à quatre décennies de totalitarisme imposé par l'Union soviétique dans ce qui était alors la Tchécoslovaquie.

Ancien communiste, le populiste Babis est confronté à une série d'accusations de corruption et à une enquête de la Commission européenne sur un conflit d'intérêts possible autour de son holding, Agrofert, regroupant différentes activités dans ses vastes exploitations agricoles, dans les médias et dans le secteur chimique.

Le chef du gouvernement tchèque rejette les accusations, et son parti populiste ANO reste en tête des sondages avec environ 30 % de soutien, indépendamment de ces controverses.

M. Babis est aussi identifié comme agent, dans des dossiers secrets de la police des années 1980, ce que le milliardaire a fermement démenti.

Une foule tient deux pancartes où l'on peut lire : « J'ai honte du premier ministre tchèque. »

Les manifestants portent des pancartes où l'on peut lire : « J'ai honte du premier ministre tchèque », et ils exigent le départ du premier ministre, Andrej Babis.

Photo : afp via getty images / MICHAL CIZEK

Des habitants d'une maison donnant sur le rassemblement ont déployé samedi une banderole clamant que la vérité et l'amour doivent prévaloir sur les mensonges et la haine, la devise de l'ancien dramaturge dissident anticommuniste puis président tchèque Vaclav Havel.

Kristyna Kovarova, une étudiante de 20 ans, originaire du village de Malenice, dans le sud du pays, a déclaré à l'AFP qu'elle était venue se battre pour la démocratie.

Je pense que la démocratie est en danger parce que de nombreuses personnes tentent de la modifier et d'imposer leurs propres règles. Ce n'est pas correct.

Kristyna Kovarova, 20 ans, étudiante

Je n'aime vraiment pas les mensonges de notre premier ministre, a déclaré de son côté Josef Plandor, venu de Zasova, dans l'est de la République tchèque.

Son énorme conflit d'intérêts, ses mensonges, ses fraudes, c'est trop. Ce n'est pas un homme honnête.

Josef Plandor, 43 ans, forestier

D'origine slovaque, le chef du gouvernement, âgé de 65 ans, a été inculpé l'année dernière dans une affaire de fraude présumée aux subventions européennes d'une valeur de deux millions d'euros concernant son complexe hôtelier près de Prague, mais le parquet de Prague a abandonné les charges en septembre.

M. Babis, la cinquième fortune tchèque selon Forbes, dirige le mouvement populiste centriste ANO dans un gouvernement de coalition minoritaire avec les sociaux-démocrates, appuyé au Parlement par le parti communiste.

Andrej Babis vu de face, alors qu'il regarde à sa droite.

Le premier ministre tchèque Andrej Babis

Photo : Reuters / POOL New

ANO a remporté les élections législatives de 2017 en promettant la lutte contre la corruption en République tchèque, pays membre de l'Union européenne et de l'OTAN fort de 10,6 millions d'habitants.

Le vendredi 17 novembre 1989, la police tchécoslovaque avait dispersé brutalement une marche d'étudiants, ce qui a déclenché leur grève le lendemain, et la création d'un mouvement d'opposition qui a négocié l'abandon du pouvoir par le Parti communiste.

À la fin de décembre 1989, Vaclav Havel, alors chef de l'opposition, a été élu président de la Tchécoslovaquie. Le pays s'est ensuite divisé pacifiquement en République tchèque et en Slovaquie en 1993.

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