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Affaire Epstein : le prince Andrew dément les accusations d'agressions sexuelles

Le récit de Mélissa François.

Photo : Reuters / Toby Melville

Radio-Canada
Mis à jour le 

Mis en cause dans l'affaire Epstein, le prince Andrew, troisième enfant de la reine Élisabeth II, a démenti « catégoriquement » les accusations d'une femme qui affirme avoir été forcée d'avoir des relations sexuelles avec lui, dans une entrevue diffusée samedi soir sur les ondes de la BBC.

Je n'ai aucun souvenir de n'avoir jamais rencontré [Virginia Giuffre], s'est défendu le prince et duc d'York à l'émission Newsnight.

Virginia Giuffre [née Roberts, nom qu’elle portait à l’époque], l'une des plaignantes dans l'affaire Epstein, affirme avoir été forcée d'avoir des relations sexuelles avec le prince Andrew à Londres en 2001 alors qu'elle avait 17 ans, puis à deux autres reprises à New York et sur l'île privée du financier américain dans les Caraïbes.

Je peux catégoriquement, absolument vous dire que ce n'est pas arrivé.

Le prince Andrew

L'homme s'est dit prêt à déposer sa version des faits devant la justice « dans de bonnes circonstances ».

Un discours décousu

Le deuxième fils de la reine Élisabeth II a donné un compte rendu parfois décousu et contradictoire.

Le prince Andrew a déclaré qu'il n'aurait pas pu avoir de relations sexuelles avec la victime présumée parce que, le soir en question, il était à la maison avec sa famille après avoir visité un restaurant Pizza Express, à Woking, avec sa fille Béatrice.

Il a aussi dit qu'à l'époque il souffrait d'un problème médical qui l'empêchait de transpirer, contredisant le récit de Virginia Giuffre qui a rapporté que le prince transpirait alors qu'ils dansaient ensemble dans une boîte de nuit de Londres avant d'avoir des rapports sexuels.

Toujours dans l'entrevue, il a défendu sa relation avec Jeffrey Epstein, affirmant qu'elle lui a ouvert des possibilités à mesure qu'il quittait la Marine.

Les gens que j'ai rencontrés et les occasions qu'il m'a données d'apprendre, soit par lui, soit grâce à lui, ont été très utiles.

Le prince Andrew

Gloria Allred, avocate représentant les victimes présumées de Jeffrey Epstein, a déclaré qu'Andrew devrait répondre aux questions sous serment.

Le prince doit accepter de témoigner sous serment et aussi d'accepter volontairement de parler aux forces de l'ordre, dit-elle.

Le prince sait exactement ce qu'il a fait et j'espère qu'il va être honnête, avait déclaré Mme Giuffre à la presse après une audience fin août à New York, où 15 autres plaignantes ont été entendues par la justice américaine dans le cadre du plus récent procès de Jeffrey Epstein.

Une photo embarrassante

Les trois personnes sourient en regardant l'objectif.

Le prince Andrew et Virginia Giuffre chez Ghislaine Maxwell en 2001.

Photo : Virginia Roberts Giuffre

Une photo montrant le prince et la jeune fille ensemble a été largement diffusée dans les médias. À l'arrière-plan apparaît Ghislaine Maxwell, fille du magnat des médias Robert Maxwell.

Plusieurs accusatrices d'Epstein ont affirmé avoir été recrutées par cette amie du prince, ce qu'elle a toujours démenti. Le prince Andrew a dit douter de l'authenticité de ce cliché.

On reproche au prince Andrew d’avoir séjourné chez M. Epstein après que celui-ci ait été libéré, en 2010, au terme d’une peine de prison pour sollicitation de prostitution d'une fille mineure.

À l’époque, l’homme d’affaires était fortement soupçonné d’être à la tête d’un réseau de prostitution impliquant des adolescentes et d'un système de chantage auprès de clients riches.

Le prince de la famille royale britannique dit qu’il trouvait honorable, à l’époque, de demeurer l’ami de Jeffrey Epstein, mais qu’il en arrive désormais à un constat différent.

Ce n'était pas quelque chose de convenable pour un membre de la famille royale, reconnaît-il aujourd’hui en exprimant des regrets pour avoir mis sa famille dans l’embarras.

Mis en cause dans la presse britannique, le prince de 59 ans avait affirmé fin août n'avoir jamais vu ni soupçonné d'abus sexuels de la part de Jeffrey Epstein.

Dans un tweet, son ex-épouse Sarah Ferguson, mère de leurs deux enfants, a pris sa défense. Andrew est un vrai gentleman, a-t-elle affirmé, soulignant le sens du devoir du prince et sa gentillesse.

Un appel à témoin lancé

Jeffrey Epstein, mal rasé, regarde l'objectif de l'appareil photo.

Une photo de Jeffrey Epstein qui apparaît dans le registre des délinquants sexuels de l'État de New York.

Photo : Reuters

Jeffrey Epstein avait été arrêté début juillet pour avoir organisé, pendant plusieurs années, un réseau constitué de dizaines de jeunes filles sous son emprise, pour des séances de massage qui tournaient au viol dans ses nombreuses propriétés.

Ce procès ne s’est toutefois pas rendu à terme, puisqu’il a été interrompu par la mort de l’accusé. Il se serait suicidé dans sa cellule.

Vendredi, un appel à témoin à l'international a été lancé dans le cadre de l'ouverture d'une enquête en France.

Les enquêteurs français s'intéressent au rôle joué par l'agent de mannequins français Jean-Luc Brunel, un ancien proche de Jeffrey Epstein, accusé de viols par plusieurs anciens mannequins.

Selon une source judiciaire, « M. Brunel n'a pas été convoqué à ce stade », mais il a indiqué qu'il était prêt à répondre aux questions des enquêteurs.

Avec les informations de Agence France-Presse, BBC, et CBC

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