•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Froid : les refuges peinent à accueillir tout le monde à Montréal

Le reportage de Jacaudrey Charbonneau.

Photo : Radio-Canada / Charles Contant

Radio-Canada
Mis à jour le 

Le froid mordant qui frappe Montréal a exercé une forte pression sur les refuges pour sans-abris de la métropole. Certains itinérants ont même dû dormir dehors, faute de place. Les refuges, en concertation avec la Ville de Montréal, les organismes et les services sociaux, tentent de trouver des solutions en attendant la mise en place de mesures plus adéquates.

La semaine dernière, la ministre de la Santé Danielle McCann annonçait que l’ancien hôpital Royal-Victoria allait rouvrir comme refuge pour itinérants le 2 décembre. Cette bonification portera à 1100 lits la capacité d’accueil des refuges dans la Ville de Montréal.

Mais d’ici au 2 décembre, les refuges devront composer avec une augmentation de la clientèle.

La nuit de vendredi à samedi était une autre nuit de fort achalandage, tous les lits étaient pris, et il y a même des gens qui ont dû dormir dans la cafétéria. Ce n’est pas idéal, ce n’est pas humain, mais c’est mieux que de dormir dehors.

Matthew Pearce, directeur général de la Mission Old Brewery

La plupart dorment assis, avec les bras et la tête sur les tables à manger. Depuis la semaine dernière, une cinquantaine de personnes s’installent ainsi pour la nuit dans la cafétéria de la Mission Old Brewery et, vendredi soir, ils étaient environ 60.

La Mission Old Brewery va ouvrir 150 lits supplémentaires dans une unité de débordement et des haltes-chaleur, mais seulement le 2 décembre. Dans une semaine et demie, on va être correct. Entre-temps, on va vivre avec l’hiver précoce qui nous a pris par surprise, ajoute M. Pearce.

Le sort des femmes en situation d’itinérance est elle aussi préoccupante, selon la directrice des communications à la Mission Old Brewery, Mélissa Bellerose. Depuis le 12 novembre, il y a deux fois plus de demandes d’accueil au Pavillon Patricia Mackenzie, qui compte 55 lits.

La semaine, on les dirige vers d’autres ressources comme la Rue des femmes. Mais le week-end, comme hier, quelques dames ont dû dormir dans la cafétéria, affirme Mme Bellerose.

Le nombre de lits disponibles à la Maison du Père va lui aussi augmenter pour l’hiver, passant de 171 à 194. Mais, encore une fois, cette mesure entrera en vigueur au début du mois de décembre seulement.

Une feuille jaune indiquant « complet » est affichée sur la porte de la Maison du Père.

Le refuge pour sans-abris La Maison du Père affiche complet, obligeant les itinérants à trouver un autre refuge ou à dormir dehors.

Photo : Radio-Canada

La nuit dernière, des patrouilles du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) ont circulé dans les quartiers névralgiques où il y a un taux élevé de personnes en situation d’itinérance, pour s’assurer que personne ne soit obligé de dormir à l’extérieur.

La situation risque de se compliquer encore une fois la nuit prochaine, où le mercure devrait descendre sous la barre des - 15 degrés.

Certains refuges offrent des navettes vers d'autres établissements lorsque l’achalandage est trop élevé.

Non, je ne suis pas allé dans un refuge, il n’y a pas assez de place. La Mission Bon Accueil est une alternative. Quand il n’y a pas de place à la Maison du Père, il y a une navette, un petit autobus qui vient nous chercher et nous amène à la Mission Bon Accueil qui est au métro Lucien-L’Allier.

Un itinérant

La météo des prochains jours devrait être plus clémente, mais les nuits demeureront froides. Les refuges pour sans-abris et les autorités devront être vigilants pour cette clientèle vulnérable.

Avec les informations de Yasmine Khayat et de René Saint-Louis.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Grand Montréal

Pauvreté