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Le nouveau test d’anglais obligatoire pour les futures infirmières est en suspens

Une jeune femme tâte un mannequin avec un stéthoscope.

Une étudiante de l'École des sciences infirmières de l'Université de Saint-Boniface

Photo : Université de Saint-Boniface

Gavin Boutroy

L’Ordre des infirmiers et des infirmières du Manitoba suspend la mise en place d’un test de compétences d’anglais obligatoire. Cette décision a lieu à la suite de consultations avec les établissements qui forment les infirmières, dont l’Université de Saint-Boniface.

L’entrée en vigueur de l’examen était prévue le 1er janvier 2020. Celui-ci devait évaluer quatre compétences langagières : l’expression écrire, l'expression orale, la compréhension orale et la compréhension écrite. Une étude s’étendant sur plusieurs années menée par l’Ordre des infirmiers et des infirmières du Manitoba avait montré que certains diplômés n’avaient pas les compétences adéquates en anglais.

Or, dans une récente entrevue à CBC, l’Ordre des infirmières a indiqué avoir fait marche arrière.

Nous avons entendu beaucoup de commentaires [...] et nous avons découvert beaucoup de conséquences non désirées, qui n’ont peut-être pas été envisagées dès le début, déclare Katherine Stansfield, la registraire de l’Ordre des infirmiers et des infirmières du Manitoba.

Parmi ces conséquences figurent le coût du test, le manque de soutien pour ceux qui n’ont pas un niveau d’anglais adéquat, ainsi que les préoccupations des établissements postsecondaires.

Selon le vice-recteur à l’enseignement et à la recherche de l’Université de Saint-Boniface, Peter Dorrington, les établissements qui offrent un baccalauréat en sciences infirmières n’avaient pas été consultés avant que l’Ordre annonce la mise en place de ce test.

Il est donc satisfait de voir l’organisme faire marche arrière. C'est une décision sage. L'Ordre a pris la bonne décision et il a tenu compte de conseils et de réactions de la part d’autres intervenants dans le domaine, dit-il.

Particulièrement inquiétant pour l’USB

L’Université de Saint-Boniface a appris en novembre 2018 que cette mesure allait être mise en place, et s’est rapidement jointe aux autres établissements offrant un baccalauréat en sciences infirmières de la province pour s’y opposer.

Pour l’établissement francophone, ce test était particulièrement inquiétant.

Selon Peter Dorrington, les futurs étudiants auraient pu être amenés à choisir des établissements anglophones afin de maximiser leurs chances de réussir le test d’aptitude en anglais.

Un panneau sur lequel il est écrit Université de Saint-Boniface devant l'édifice.

L'Université de Saint-Boniface à Winnipeg

Photo : Radio-Canada / Gavin Boutroy

M. Dorrington avait été choisi par les autres établissements comme l’un des représentants qui ont interpellé l’Ordre des infirmières.

Groupe de travail

Ainsi un groupe de travail a été créé, dans le but d’explorer d’autres avenues pour assurer que les diplômés auront les compétences nécessaires en anglais.

Ce groupe composé de représentants de l’Ordre, ainsi que de représentants des établissements d’éducation postsecondaire, s’est réuni pour la première fois en juillet 2019. Ce travail va très bien, je trouve que c’est constructif, c’est productif, indique M. Dorrington.

Sans vouloir s’aventurer dans les détails, il suggère une piste de solution qui permettrait d’assurer la qualité de la langue de futures infirmières : un test de compétence linguistique au moment de commencer un programme de sciences infirmières.

Comme ça, la question linguistique est réglée dès le début, il n’y a pas de mauvaises surprises, et donc l’étudiant peut se concentrer sur les compétences cliniques, fait-il valoir.

Le groupe devrait terminer son travail d’ici juillet 2020. Peter Dorrington a bon espoir qu’il pourra, d'ici là, trouver une solution de rechange pour éviter la mise en place de ce test d’anglais.

Une première au Canada

Un tel test aurait été une première au Canada. Bien qu’il soit normal qu’un organisme de réglementation requière une preuve de compétence linguistique, l’obtention d’un diplôme d’un établissement local est habituellement suffisante.

Katherine Stansfield croit que le Manitoba est la première province à constater qu’il existe une lacune dans ce domaine. Elle ne voulait pas se prononcer sur l’origine de ce problème.

Selon un document de l’Ordre des infirmiers et des infirmières, la plupart des plaintes qui visent ses membres portent sur la communication. Le rapport note sept cas où le manque de compétences linguistiques était un facteur dans des pratiques professionnelles non sécuritaires.

Avec les informations de Kristin Annable

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