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Les petits francophones en immersion devraient-ils aller à l'école française?

Des sacs à dos d'élèves accrochés sur un mur.

Les parents ayants-droit qui envoient leurs enfants en immersion contribuent-ils à l'engorgement de ces écoles?

Photo : CBC/Robert Short

Abdoulaye Cissoko

Les parents francophones dont les enfants sont en immersion devraient plutôt les inscrire dans les écoles françaises, selon le président de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA), Jean Johnson. Cela permettrait de libérer des places en immersion pour les jeunes anglophones qui veulent apprendre le français.

Jean Johnson a fait cette suggestion lors d'un forum sur l'avenir de la francophonie canadienne qui a eu lieu à Regina samedi dernier. Le président de la FCFA a proposé de travailler avec Canadian Parents for French (CPF), l'association nationale qui fait la promotion de l'apprentissage du français langue seconde au pays, pour désengorger les écoles d'immersion.

Il dit que CPF est une association alliée avec laquelle il est possible d'avoir ce genre de discussion.

Jean Johnson.

Le président de la Fédération des communautés francophones et acadienne, Jean Johnson.

Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

On peut dire : vous manquez d'espaces dans vos écoles, peut-être qu'on est capable de travailler ensemble pour trouver des solutions sans changer grand-chose? Vous avez des enfants de nos communautés qui sont en apprentissage soustractif de leur langue. Donc, le programme d'immersion nuit à nos jeunes, envoyez-les dans nos écoles. Ça va libérer des places pour les anglophones qui veulent, et qui ne peuvent pas trouver de places en immersion, a-t-il déclaré samedi.

Selon la directrice générale de CPF, Nicole Thibault, il faut cependant comprendre pour quelles raisons certains parents francophones choisissent l'immersion.

C'est peut-être parce que l'école française est située très loin. Parfois aussi, le jeune veut suivre un programme spécialisé, et c'est l'école d'immersion qui l'offre, fait-elle remarquer.

Une femme debout seule en train de sourire.

Nicole Thibault, directrice générale de Canadian Parents for French.

Photo : Canadian Parents for French

Selon Nicole Thibault, c'est pourquoi il faut travailler ensemble pour s'assurer qu'on puisse avoir ce genre de programmes dans les écoles françaises.

Elle pense que cela permettrait à ces jeunes de se tourner vers les établissements francophones. Le président de la Commission scolaire franco-manitobaine, Bernard Lesage, est du même avis.

Quand on parle d'équité [entre les différents systèmes], on parle aussi de programmation, dit-il.

À la Division scolaire franco-manitobaine, on demande depuis longtemps la mise sur pied d'une école de métiers, comme c'est le cas dans d'autres divisions scolaires. Pour répondre aux besoins de ces parents, il faut qu'il existe une équité non seulement en termes d'infrastructures, mais en termes de programmation, souligne-t-il.

Un homme assis en rencontre écoute attentivement.

Le président de la Commission scolaire franco-manitobaine, Bernard Lesage.

Photo : Radio-Canada / Bert Savard

Bernard Lesage estime que le manque d'écoles françaises dans certaines régions du pays est l'un des dossiers importants sur lesquels se penchent les conseils scolaires francophones depuis des années.

Nicole Thibault estime que le manque d'écoles françaises et de programmes explique en partie la popularité de l'immersion dans l'Ouest canadien.

En Ontario et dans l'Atlantique, les chiffres en immersion stagnent, mais ça augmente beaucoup plus à l'Ouest où les écoles françaises sont moins nombreuses, affirme-t-elle.

L'immersion et les jeunes francophones

Le programme d'immersion nuit-il aux élèves francophones? Nicole Thibault explique que les deux systèmes éducatifs sont différents.

Dans l'école française, il y a aussi un aspect culturel et identitaire. L'immersion n'a pas cet objectif, note-t-elle. Toutefois, elle ne croit pas que l'immersion désavantage les écoles francophones, bien au contraire.

Elle explique que la plupart des jeunes qui apprennent la langue de Molière en immersion seront en mesure de mieux comprendre le besoin et la nécessité des services en français dans leurs communautés.

Des gens, assis, participent à une table ronde.

Six intervenants francophones de partout au pays ont abordé plusieurs thèmes à propos de la francophonie canadienne, samedi, à Regina.

Photo : Radio-Canada / Olivier Férapie

Quant à la directrice générale de l'Association canadienne des professionnels de l'immersion, Chantal Bourbonnais, elle rappelle qu'en immersion les élèves apprennent aussi le français.

Au primaire, 80 % du temps en classe se déroule en français. L'école française devrait toujours être le premier choix des parents, mais si c'est un choix secondaire, ce n'est pas la fin du monde, estime-t-elle.

Chantal Bourbonnais, directrice générale de l'Association canadienne des professionnels d'immersion.

Chantal Bourbonnais est la directrice générale de l'Association canadienne des professionnels d'immersion.

Photo : Chantal Bourbonnais

Elle ajoute que c'est avant tout le choix des parents et qu'il convient de le respecter.

Chantal Bourbonnais insiste cependant sur l'importance d'informer les parents afin qu'ils fassent le meilleur choix possible au moment d'inscrire leurs enfants à l'école. Il y a probablement plus de travail à faire pour faire la promotion de l'école française, dit-elle.

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