•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Limiter les locations Airbnb à Ottawa : le projet de réglementation va de l'avant

De nombreuses personnes sont assises dans les sièges, regardant le comité et de grands écrans.

Le Comité des services communautaires et de protection d'Ottawa a déménagé sa réunion spéciale à la salle du conseil municipal pour recevoir le grand nombre de citoyens souhaitant y assister.

Photo : Radio-Canada / Kate Porter

Radio-Canada

Plus de 65 personnes ont participé vendredi à la réunion spéciale du Comité des services communautaires et de protection de la Ville d'Ottawa au sujet de la réglementation envisagée pour encadrer les locations à court terme, de type Airbnb. Le cadre proposé a finalement été approuvée par le Comité.

Défilant au micro, les résidents ont semblé aussi nombreux à approuver qu’à critiquer un resserrement des règles.

Des résidents ont partagé les inconvénients de côtoyer des logements à court terme. Bruit excessif, trafic accru, dommages à la propriété, stationnement illégal, sacs de déchets qui s’accumulent, craintes pour leur sécurité… Leur quotidien s’en trouve altéré.

C'est difficile pour un contribuable moyen de combattre une machine comme Airbnb.

Rob Hanlon, résident de Nepean

Rob Hanlon, du quartier Nepean, estime avoir vu en un an plus de 1500 inconnus louer la résidence voisine de la sienne – et pas une seule fois le propriétaire.

Une fusillade a même récemment éclaté dans cet « hôtel fantôme » un dimanche matin, poussant M. Hanlon à demander l'intervention de la Ville.

Des entreprises gérant clé en main des dizaines d'unités Airbnb ont quant à elles affirmé qu'il y aurait des conséquences directes si la réglementation, selon eux trop restrictive, allait de l'avant.

Genevieve Walton, propriétaire de Short and Suite BnB, emploie une trentaine de personnes, dont plusieurs nouveaux arrivants et mères de familles monoparentales. Elle craint de devoir congédier ses employés si la réglementation est approuvée.

Airbnb est accepté partout, mais on a de la difficulté à nous faire accepter à Ottawa.

Genevieve Walton, propriétaire de Short and Suite BnB

Pour Victor Menasce, membre du Ottawa Real Estate Investors Organization, la Ville possède déjà un mécanisme pour limiter les activités indésirables associées à la location à court terme, soit les Codes de zonage. Pas besoin d'un autre niveau de démocratie, a-t-il lancé.

Que prévoit la réglementation

  • Seules les résidences principales, les chalets et les résidences secondaires pourraient être loués à court terme. Les immeubles commerciaux et de placement ne pourront pas le faire.
  • Un permis valide pour deux ans serait exigé au coût de 100 $.
  • Les plateformes, comme Airbnb, devraient s'inscrire auprès de la Ville.
  • Une nouvelle équipe s’assurerait d’appliquer la réglementation, financée par les frais de permis et une partie de la taxe municipale d'hébergement de 4 %.

Après dix heures de débat et de délibérations, cinq des huit conseillers membres du Comité des services communautaires et de protection ont voté en faveur de la réglementation. La prochaine étape est son examen par le conseil municipal d'Ottawa, le 27 novembre.

Selon la Ville d'Ottawa, les locations à court terme ont augmenté de 83 % depuis 2016, malgré le zonage qui interdit ce type de location à des fins commerciales.

Des conseillers inquiets

De leur côté, plusieurs conseillers ont exprimé leurs préoccupations quant aux répercussions des locations à court terme pour les résidents.

J'envisage davantage le bâton que la carotte dans ce dossier [des locations à court terme].

Matthew Luloff, conseiller du quartier Orléans

Même si la majorité des locations s’effectuent sans problème majeur, il reste des enjeux dans certains secteurs – particulièrement au centre-ville d'Ottawa, dans la Basse-Ville et au marché By. Les risques d'incidents sont plus élevés, estime-t-on, lorsque les propriétaires ne sont pas sur place, d'où l'intérêt de permettre la location dans une résidence principale où habite le propriétaire.

Une réglementation trop sévère, selon d'Airbnb

Pour Airbnb, cette limite serait trop contraignante.

L'approche actuelle est trop restrictive et ferait du mal aux familles et à l'économie.

Alex Dagg, directrice des politiques publiques d'Airbnb Canada

Les hôtes à Ottawa ont cumulé un revenu total de 36 millions de dollars en un an, a rappelé la directrice des politiques publiques d'Airbnb Canada, Alex Dagg. Elle s'est cependant dite en faveur d'un système de permis avec des frais modestes, qualifiant cette proposition de logique.

Mme Dagg sourit à la caméra durant la réunion du Comité des services communautaires et de protection.

Alex Dagg, directrice des politiques publiques d’Airbnb Canada

Photo : Radio-Canada / Kate Porter

Mais selon elle, une réglementation plus sévère n'augmenterait pas directement le nombre de logements disponibles à Ottawa, contrairement à ce qu'avance la Ville.

Elle a donné l'exemple de Vancouver, où de telles mesures n'ont pas modifié significativement le taux d'occupation. Les unités ne sont pas revenues dans les locations à long terme, a affirmé Mme Dagg.

Partager ou non les données sur les hôtes

De son côté, le conseiller Keith Egli a demandé si Airbnb accepterait de partager ses données sur les hôtes, une question jugée compliquée par Alex Dagg.

À Vancouver, on a accepté, a-t-elle précisé. Mais nos concurrents ne le font pas et prennent une part de plus en plus importante du marché et ça ne nous aide pas. La règle devrait donc s'appliquer à toutes les entreprises offrant ce type de location.

La porte-parole a rappelé la collaboration d'Airbnb avec la Municipalité, incluant la taxe municipale d'hébergement qui a rapporté en un an plus d'un million de dollars destinés au tourisme de la capitale nationale.

Si la réglementation est approuvée, Mme Dagg a souligné qu'Airbnb souhaiterait rencontrer de nouveau la Ville pour contribuer à la rédaction du libellé. L'entreprise a beaucoup appris des autres villes depuis 18 mois, a-t-elle précisé. On a vu ce qui fonctionne et on veut continuer de travailler avec la Ville pour que ce soit bien fait.

Avec les informations de Kate Porter de CBC

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Ottawa-Gatineau

Politique municipale