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L’ex-Hôpital chinois de Villeray sera transformé en logements sociaux

La devanture de l'ancien Hôpital chinois.

Le bâtiment de l'ancien Hôpital chinois, évalué à plus de 4 millions de dollars, est inoccupé depuis 1999.

Photo : Radio-Canada

Romain Schué

Montréal deviendra propriétaire du bâtiment qui accueillait jadis l'Hôpital chinois à Villeray. Les élus, qui avaient déjà fait part de leur intérêt pour l'immeuble il y a près d’un an, approuveront lundi la transaction de près de 4 millions de dollars. La ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, devra par la suite la confirmer.

L’objectif de la métropole est simple : utiliser ce bâtiment laissé vacant depuis une vingtaine d’années par le CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal pour y construire des logements sociaux et communautaires, dans un quartier où la demande est criante.

Selon la Ville, qui s’apprête à débourser 3,5 millions de dollars plus taxes, il s'agit d’« une rare opportunité », selon des documents qu'a pu consulter Radio-Canada.

Cette somme est bien inférieure à la valeur de la propriété selon le dernier rôle d’évaluation foncière, où elle est évaluée à 4,4 millions.

Situé au 7500, rue Saint-Denis, non loin du parc Jarry, dans le secteur de Villeray, cet immeuble pourrait accueillir entre 35 et 55 logements. L’idéal, explique la conseillère municipale Rosannie Filato, serait de construire « de grands logements familiaux ».

« C’est une volonté de la communauté, précise-t-elle. Ça fait longtemps que les citoyens avaient demandé à la ville et à l’arrondissement de faire quelque chose. Pour nous, c’est un lieu idéal, en fonction de son emplacement et de sa superficie [1801 m2]. »

C’est exactement le type de projets qu’on doit viser pour construire des logements sociaux. Dès qu’on a pu le faire, on a commencé les négociations pour acheter ce bâtiment.

Rosannie Filato, conseillère de Villeray et membre du comité exécutif

Des besoins « urgents » pour des logements sociaux familiaux

Alors que la mairesse Valérie Plante a promis de construire 12 000 logements sociaux et abordables au cours de son mandat, cette décision ravit l’Association des locataires de Villeray.

« Ce n’était pas un long fleuve tranquille, mais on est très contents », assure Geneviève Breault, organisatrice communautaire, qui espère une inauguration des lieux en 2023.

Les besoins, reprend-elle, sont « urgents » dans cet arrondissement qui compte à peine 0,1 % de logements de trois chambres et plus disponibles, selon les dernières données de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL).

« Il y a actuellement des gens qui doivent payer des prix absurdes ou accepter de s’entasser dans des logements insalubres ou trop petits. Il faut vraiment des 4 ½, 5 ½ et 6 ½ », soutient-elle.

La Ville de Montréal ne compte cependant pas rester propriétaire de cet immeuble durant de longues années. Dans un délai de deux ans, l’administration compte revendre le futur bâtiment à un organisme à but non lucratif, qui sera alors chargé de ces logements sociaux et communautaires.

Rénovations ou démolition?

La décision n’a pas encore été prise concernant une éventuelle démolition du bâtiment actuel, avant une nouvelle construction, ou une complète rénovation de cette infrastructure. « On va voir le niveau de toxicité », indique Rosannie Filato. Une partie des coûts de décontamination et de réhabilitation des sols – budgétés à 416 000 $ – est d’ailleurs incluse dans cette transaction.

Un bâtiment créé en 1965

Cet Hôpital chinois a vu le jour en 1965. Il avait une capacité de 64 lits et la plupart des bénéficiaires y recevaient des soins de longue durée, selon les archives du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal.

Près de 20 ans plus tard, les autorités de l’hôpital ont déposé un projet d’agrandissement et de déménagement, mais dans le quartier chinois.

Cette nouvelle infrastructure a été inaugurée en 1999, laissant, depuis, ce bâtiment de la rue Saint-Denis vacant.

Un projet de transformation de cet espace en centre d’hébergement pour patients autochtones avait été étudié, avant d’être abandonné en 2010.

La mairesse de l’arrondissement de l’époque, Anie Samson, avait notamment fait part de ses craintes, notamment quant à de possibles incivilités qui pourraient excéder les résidents du quartier.

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