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Vox Théâtre fête 40 ans de fierté et de folie

Des comédiens dans une scène de la pièce La plus grosse poutine du monde

La pièce « La plus grosse poutine du monde » a été présentée à La Nouvelle Scène Gilles-Desjardins au mois de mars 2019, alors que la compagnie Vox Théâtre fête cette année ses 40 ans.

Photo : MarianneDuval

Angie Bonenfant

Mine de rien, Vox Théâtre — véritable institution dans le milieu du spectacle franco-ontarien — célèbre, ce mois-ci, son 40e anniversaire. Celui qui porte la compagnie à bout de bras depuis le tout début, le cofondateur Pier Rodier, a accepté de faire un retour dans le temps et d’en revoir avec nous les principaux jalons.

Lorsque la compagnie Vox Théâtre voit le jour, le 19 novembre 1979, Pier Rodier et ses complices (Lucie Desjardins, Marie-Thé Morin, Luc Dorion et Louis Robillard) étaient loin de se douter que leur projet persisterait dans le temps.

Vox Théâtre est la création de ces cinq jeunes étudiants : (à partir de la gauche, dans le sens des aiguilles d'une montre) : Louis Robillard, Marie-Thé Morin, Lucie Desjars (Desjardins), Pier Rodier, Luc Dorion.

Les cofondateurs de la troupe Vox Théâtre (à partir de la gauche, dans le sens des aiguilles d'une montre) : Louis Robillard, Marie-Thé Morin, Lucie Desjars (Desjardins), Pier Rodier, Luc Dorion.

Photo : Marie-Thé Morin

À l’époque, est-ce qu’on avait derrière la tête de fonder une compagnie professionnelle? Je ne sais pas! Peut-être que oui, mais avant tout, ce qu’on voulait, c’était de faire des spectacles, de raconter une histoire et de jouer sur scène, se rappelle celui qui assume la direction artistique et générale de la compagnie.

Pier Rodier avait 17 ans lorsqu’il s’est lancé dans cette folle aventure. À ce moment-là, tout ce qu’on voulait, c’était de donner la parole aux gens de notre âge.

Les cofondateurs de Vox Théâtre au Centre Overbrook, en 1982 : Luc Dorion, Marie-Thé Morin, Pier Rodier et Lucie Desjars (Desjardins).

Les cofondateurs de Vox Théâtre au Centre Overbrook, en 1982 : Luc Dorion, Marie-Thé Morin, Pier Rodier et Lucie Desjars (Desjardins).

Photo : Marie-Thé Morin

Du théâtre identitaire raconté autrement

Vox Théâtre fait son entrée à une époque où les artistes franco-ontariens revendiquent avec force leur place sur les différentes scènes culturelles de la province. Au théâtre, cela se traduit par l’apparition de pièces engagées faisant davantage de place à la réalité franco-ontarienne.

Vox Théâtre, qui était composé de jeunes francophones issus du centre-ville d'Ottawa, réussit rapidement à se tailler une place.

On était bien appuyé pour que cela fonctionne, reconnaît M. Rodier. À l’époque, il y avait cette grande prise de conscience d’être Franco-Ontariens. Il y avait cette identité à tout prix!

La jeune troupe fait toutefois le choix délibéré de raconter le quotidien franco-ontarien d’une autre façon. Nos personnages sont teintés, étant minoritaires, mais ce n’est pas le propos, précise le directeur artistique.

L’écriture scénique était très artistique pour le milieu franco-ontarien. On était dans la marge de ce qu’était l’écriture de l’époque, c’est-à-dire différent de Jean-Marc Dalpé ou Robert Marinier.

Pier Rodier, directeur artistique et général, Vox Théâtre

De Cabano à Vox Théâtre

La troupe fait ses débuts sur la rue McArthur, à Vanier, dans un petit théâtre de poche de 35 places. La compagnie s’appelait Le Cabano, parce que ça avait l’air d’un cabanon, rigole M. Rodier, mais après quatre ou cinq ans, c’est devenu Vox Théâtre.

La troupe Vox Théâtre a fait ses débuts dans une petite salle de 35 sièges située sur la rue McArthur, à Ottawa.

La troupe Vox Théâtre a fait ses débuts dans une petite salle de 35 sièges située sur la rue McArthur, à Ottawa.

Photo : Marie-Thé Morin

La compagnie avait le mandat de monter des pièces pour jeunes adultes et faisait du théâtre expérimental. Mais au fil du temps, M. Rodier réalise que le théâtre pour enfants demeure un filon inexploité.

On a fait du théâtre musical pendant des années, puis mon fils est né en 2002. Il y avait le Théâtre de la Vieille 17 à Rockland qui produisait du théâtre jeunesse, mais seulement à tous les trois ou quatre ans. Ça me trottait dans la tête depuis plusieurs années et, à un moment donné, je me suis dit qu’on pouvait [nous aussi] se donner le mandat de développer cette dramaturgie-là, se souvient-il.

Je trouvais que le théâtre pour jeune public était vraiment important parce que c’est là qu’il y avait plus de possibilités de changement de société.

Pier Rodier, directeur artistique et général, Vox Théâtre

Permettre aux enfants d’avoir accès à du théâtre francophone de qualité s'avère d’ailleurs la plus grande fierté de M. Rodier.

Le comédien Pier Rodier interprète un personnage de la pièce « Pinocchio dans ma valise ».

La pièce « Pinocchio dans ma valise » présentée à La Nouvelle Scène en 2012.

Photo : Gracieuseté Vox Théâtre

Quand je vois un parent ou un grand-parent regarder son enfant découvrir une oeuvre théâtrale, quand je vois cet enfant développer un esprit critique et que je pense que je participe à ça… C’est pour ça que je suis encore là et que je fais encore ça!


Deux pièces particulièrement importantes

Deux comédiens costumés sur scène interprètent des personnages de la pièce « Oz ».

Les comédiens Marie-Thé Morin et Pier Rodier dans la pièce « Oz », présentée en décembre 2005, à la Nouvelle Scène, Ottawa.

Photo : Gracieuseté de Vox Théâtre

La pièce Oz demeure encore aujourd'hui la production qui a le plus touché Pier Rodier. C’était tout un défi artistique, avec la verve de Marie-Thé Morin et sa façon de jouer Dorothée. C’était un grand monologue qu’elle a assumé complètement. Et moi [...] qui jouais tous les autres personnages, c’était un tour de force pour moi.

Les comédiens Marie-Thé Morin, Mario Gendron, Sasha Dominique et Marc-André Charette interprètent des personnages de la pièce « Jacques Brel toujours vivant ».

La pièce de théâtre « Jacques Brel toujours vivant » présentée au Théâtre de la Cour des arts d’Ottawa en mars 1998.

Photo : Gracieuseté de Vox Théâtre

Jacques Brel toujours vivant est la pièce la plus appréciée du public, selon M. Rodier. Si vous saviez comment je reçois encore des courriels de gens qui me demandent : "Quand allez-vous reprendre le spectacle?”, raconte-t-il. Il y avait les 20 chansons de Brel, mais aucun dialogue entre les chansons. C’était une vraie communion.


Pier Rodier devant un micro dans le studio de Sur le vif à Ottawa

Pier Rodier, directeur artistique et général de Vox Théâtre

Photo : Radio-Canada / Manon Bouvier-Nerbonne

L'heure de la retraite n'a pas encore sonné

Même s’il admet d’emblée qu’il fait partie des meubles de la compagnie, Pier Rodier n’est pas encore prêt à passer le flambeau. La retraite, dit-il, peut attendre encore un peu.

En Europe, un metteur en scène devient mature et accepté alors qu’il arrive dans la cinquantaine. Alors qu’ici, l’âgisme est tellement présent, surtout en francophonie ontarienne. Tout est basé sur l’éducation, la jeunesse et l’émergence, constate-t-il.

Je vis encore de beaux moments.

Pier Rodier, directeur artistique et général, Vox Théâtre

Moi, je vais être résilient et être combattant. Je vais aller jusqu’au bout, parce que je pense que les grands-pères et les grands-mères peuvent encore raconter des histoires à leurs petits-enfants. Cette "intergénérationnalité" (sic) des propos, puis des valeurs, est importante.


Avec les informations de Stéphanie Rhéaume

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