•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Programme de Joé Juneau à Nutashkuan : quand le hockey s’invite à l’école

Le logo du Programme de développement de hockey-école sur le manteau que porte un homme dans un vestiaire.

Les élèves de Nutashkuan peuvent participer au Programme de développement de hockey-école de Joé Juneau depuis le mois d'octobre.

Photo : Radio-Canada / Laurence Royer

Laurence Royer

Depuis la fin du mois d’octobre, 77 élèves du primaire et du secondaire de l’école Uauitshitun, dans la communauté innue de Nutashkuan, et des écoles de Natashquan troquent leurs crayons et leurs cahiers pour un bâton de hockey. Trois fois par semaine, ils se rendent à l’aréna pour suivre le programme de développement hockey-école de Joé Juneau.

Mercredi matin, 10 h 30. Une vingtaine de jeunes de deuxième et de troisième années arrivent en autobus à l’aréna Brad Shimun. Certains sont accompagnés de leurs parents. Ils se préparent pour une des trois pratiques de hockey qu’ils auront cette semaine pendant les heures d’école.

Un père aide son jeune garçon à mettre son équipement de hockey.

Les enfants se préparent à embarquer sur la glace pour leur pratique de hockey.

Photo : Radio-Canada / Laurence Royer

Ils se sont inscrits au programme de développement hockey-école mis sur pied par l’ancien joueur des Canadiens de Montréal, Joé Juneau.

Le programme, d’une durée de 28 semaines par année, est implanté dans 13 communautés autochtones et allochtones du Québec. Sur la Côte-Nord, en plus de Nutashkuan, il est offert à Uashat mak Mani-utenam, à Matimekush-Lac John et à Kawawachikamach.

Un père aide son fils à attacher ses patins de hockey.

Des parents sont venus aider les jeunes joueurs à mettre leur équipement de hockey.

Photo : Radio-Canada / Laurence Royer

Pour offrir le programme à un si grand nombre de jeunes, Joé Juneau s’est entouré d’une équipe qui est déployée partout au Québec. Il travaille avec cinq entraîneurs qui ont une formation en hockey et en pédagogie.

Ce sont des gens en qui j’ai confiance et qui ont beaucoup d’expérience. Ils connaissent mon programme et ont de l’expérience à travailler dans des milieux éloignés aussi. Ce sont aussi des gens respectueux des différentes cultures et ça, c’est essentiel.

Joé Juneau donne des conseils à de jeunes joueurs de hockey.

Joé Juneau donne des conseils à de jeunes joueurs de hockey.

Photo : Radio-Canada / Laurence Royer

Des entraîneurs issus du milieu sont aussi embauchés dans chacune des communautés pour coordonner le programme. À Nutashkuan, c’est Bernard Lalo-Malec qui s’occupe du bon déroulement du programme au quotidien.

Bernard Lalo-Malec explique le prochain exercice aux élèves. Les élèves écoutent assis sur la glace.

Bernard Lalo-Malec explique le prochain exercice aux élèves.

Photo : Radio-Canada / Laurence Royer

Joé Juneau s’est toutefois engagé à visiter chacune des communautés où son programme est offert au moins deux fois pendant l’année scolaire.

Plus que du hockey

Le programme de développement hockey-école vise le développement humain, scolaire et athlétique des jeunes, affirme Joé Juneau.

Sur le plan humain, avec le sport on peut aller chercher plein de valeurs fortes et plein de compétences de vie qui sont très importantes.

Joé Juneau

Joé Juneau ajoute que le programme ne vise pas la performance. L’objectif, poursuit-il, c’est d’utiliser le sport dans un but d’éducation et de développement humain.

Des jeunes joueurs de hockey sur la glace

Les élèves de deuxième année et de troisième année du primaire s'entraînent ensemble.

Photo : Radio-Canada / Laurence Royer

Bernard Lalo-Malec explique aussi que le programme a pour but de garder les élèves sur les bancs d’école. L’absentéisme et la ponctualité sont des problèmes très présents à l’école Uauitshitun.

T’aimes ça le hockey? Pour venir pratiquer sur les heures d’école, il faut que tu sois présent, que tu arrives à l’heure et que tu donnes un effort constant, dit-il.

Bernard Lalo-Malec regarde les jeunes joueurs de hockey s'entraîner.

Bernard Lalo-Malec est le responsable du programme de développement hockey-école mis sur pied par Joé Juneau à Nutashkuan.

Photo : Radio-Canada / Laurence Royer

Collaboration avec l’école

Le programme Joé Juneau est offert par les écoles. Pour que les enfants inscrits au programme puissent participer aux pratiques de hockey, ils doivent absolument avoir un bon comportement en classe, affirme Joé Juneau.

Le succès du programme, c’est la communication entre l’école et le hockey.

Joé Juneau
Les jeunes joueurs de hockey se préparent pour un exercice de patin.

Les jeunes joueurs de hockey se préparent pour un exercice de patin.

Photo : Radio-Canada / Laurence Royer

Chaque semaine, les enseignants doivent fournir un rapport aux instructeurs sur l’attitude des enfants à l’école. Les entraîneurs doivent aussi informer les enseignants du comportement des jeunes à l’aréna.

Si le rapport nous dit que l’élève a été en retard trois jours sur cinq, il faut faire de quoi, explique Joé Juneau. Il faut essayer de corriger la situation. Le jeune ne mérite pas de venir sur la glace. Ce n’est pas une question de punir le jeune, mais chaque semaine, il doit mériter sa présence ici.

La collaboration avec les écoles dans les communautés représente aussi des défis. Les écoles ne sont pas toujours convaincues des bienfaits du hockey, soutient l’ancien joueur des Canadiens.

Des fois, on arrive avec des directions d’école qui n’ont aucune notion de la puissance qu’un sport comme le hockey peut apporter par rapport à l’éducation des jeunes. Alors on part de loin.

Joé Juneau sur la glace de l'aréna de Nutashkuan

Joé Juneau a joué pour les Canadiens de Montréal pendant trois saisons, soit de 2001 à 2004.

Photo : Radio-Canada / Laurence Royer

Les enseignants aussi sont parfois réticents. Le programme exige une plus grande charge de travail aux enseignants, qui doivent maintenant remplir des rapports chaque semaine et qui perdent des heures de classe au détriment du temps sur la glace.

Le programme est gratuit pour les élèves. C’est le conseil de bande qui finance entièrement ce programme qui coûte plus de 100 000 $ pour l’année. Selon Bernard Lalo-Malec, le programme devrait être renouvelé pour plusieurs années encore.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Côte-Nord

Jeunesse