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Ingérence russe : un tribunal condamne Roger Stone, un proche de Donald Trump

Roger Stone est assis dans une voiture.

Roger Stone n'a pas réagi en entendant le verdict du jury.

Photo : Getty Images / Win McNamee

Radio-Canada

Un jury américain a reconnu coupable Roger Stone, un conseiller de longue date de Donald Trump, de sept chefs d'accusation liés à l'enquête sur l'ingérence russe lors de la présidentielle de 2016.

M. Stone – qui se définit lui-même comme un « sale arnaqueur » (dirty trickster, en anglais) – est condamné pour avoir menti au Congrès, pour avoir fait obstacle aux travaux d'un comité de la Chambre des représentants et pour avoir corrompu des témoins, entre autres, relativement à ses tentatives d'en apprendre plus sur la publication par WikiLeaks de courriels démocrates piratés lors des élections présidentielles américaines de 2016.

Il devient ainsi le sixième proche de Donald Trump à être déclaré coupable dans le cadre de l'enquête qu'a menée le procureur spécial Robert Mueller.

Arrêté à sa résidence de Floride en janvier dernier, Roger Stone avait plaidé non coupable aux accusations portées contre lui, puisqu'il était d'avis que son procès était motivé par des considérations essentiellement politiques.

Le président Trump a aussitôt dénoncé le verdict sur Twitter, évoquant « deux poids, deux mesures », du jamais-vu dans l'histoire du pays, alors que l'ex-candidate à la présidence Hillary Clinton, l'ancien directeur du FBI James Comey et plusieurs autres n'ont jamais été condamnés. N'ont-ils pas menti?, a-t-il gazouillé.

Impassible lors du verdict, l'accusé a quitté la cour de justice avec ses avocats sans faire de commentaire.

Roger Stone connaîtra sa peine en 2020. Son retour devant le tribunal est prévu pour le 6 février.

Il est passible d'une peine maximale de 50 ans d'emprisonnement – 20 ans pour l'accusation de manipulation de témoin et 5 ans pour chacun des autres chefs d'accusation. Puisqu'il en est à sa première condamnation, il risque cependant une peine beaucoup moins longue, en vertu des lignes directrices fédérales sur la détermination de la peine.

Un intérêt pour WikiLeaks

L'acte d'accusation de Stone a été le dernier porté par le procureur spécial Robert Mueller. Il a révélé des détails importants sur le vif intérêt de la campagne Trump pour les fichiers informatiques piratés par la Russie et rendus publics par WikiLeaks.

Au cours de son procès, qui a duré près d’une semaine, Roger Stone a notamment été accusé par les procureurs d’avoir menti au Congrès au sujet de ses conversations à propos de WikiLeaks avec l'animateur radio et comédien new-yorkais Randy Credico, qui a obtenu une entrevue du fondateur de WikiLeaks Julian Assange, en 2016, et avec l’écrivain conservateur et théoricien du complot Jerome Corsi.

Au cours de la campagne électorale de 2016, Roger Stone avait mentionné lors d'entrevues et d’apparitions publiques qu'il était en contact avec Julian Assange par l'entremise d'un intermédiaire de confiance et il avait laissé entendre qu'il connaissait les plans de WikiLeaks.

Selon le témoignage de Randy Credico, Roger Stone aurait fait pression sur lui pour qu’il le mette en contact avec M. Assange. Randy Credico a toutefois déclaré qu’il lui avait dit de passer par un autre intermédiaire.

Cependant, lors de son témoignage en septembre 2017 devant le Comité du renseignement de la Chambre des représentants, qui enquêtait sur l’ingérence russe dans la campagne de 2016, Roger Stone avait affirmé que Randy Credico était bien la personne qui l’avait mis en contact avec Julian Assange.

Toujours selon le témoignage de Randy Credico, quand ce dernier avait été contacté par le Congrès, il en avait averti Roger Stone, qui lui avait alors dit de ne pas le contredire et de plaider le cinquième amendement, qui donne le droit de refuser de témoigner pour ne pas risquer de s'auto-incriminer.

Randy Credico a aussi assuré que Roger Stone lui aurait répété plus d’une fois de faire comme Frank Pentangeli, en référence à un personnage du film Le Parrain II qui ment devant le Congrès.

Selon les procureurs, Roger Stone aurait aussi menacé Randy Credico de lui enlever son chien.

Les procureurs ont utilisé les propres textos et courriels de Roger Stone, dont certains semblaient contredire son témoignage au Congrès, pour prouver qu’il avait effectivement menti au Congrès et menacé un témoin.

Roger Stone n'a pas lui-même témoigné, et ses avocats n’ont appelé aucun témoin pour sa défense.

Steve Bannon, qui a été le directeur général de la campagne de Donald Trump, a pour sa part témoigné pendant le procès du fait que Roger Stone s'était vanté d'avoir des liens avec WikiLeaks et son fondateur, Julian Assange. Les responsables de la campagne voyaient Roger Stone comme un point d'accès à WikiLeaks, a-t-il dit, leur permettant d’être au courant de l’existence de nouveaux courriels préjudiciables aux démocrates.

Mardi, un haut responsable de la campagne de Trump, Rick Gates, qui a aussi été un témoin clé dans l'enquête de Robert Mueller, a affirmé de son côté que Roger Stone avait essayé de contacter Jared Kushner, le gendre de Donald Trump, pour discuter avec lui des courriels piratés.

Avec les informations de Reuters, Associated Press, et Washington Post

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