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Les verts prévoient voter contre les libéraux lors des votes de confiance

Elizabeth May rit et Justin Trudeau sourit dans le bureau du premier ministre.

La leader parlementaire et ex-chef du Parti vert, Elizabeth May, a été reçue par le premier ministre Justin Trudeau, vendredi, à Ottawa.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

François Messier

Le Parti vert n’appuiera pas le gouvernement minoritaire libéral de Justin Trudeau lors des votes de confiance tant et aussi longtemps que ses politiques environnementales ne seront pas conformes aux prescriptions de la science, assure sa leader parlementaire, Elizabeth May.

Nous ne pouvons pas [accorder notre] confiance à un gouvernement qui a un plan pour la destruction globale, ce qui est notre cas, j’en ai bien peur, a commenté vendredi la chef démissionnaire du parti, au terme d’une rencontre avec M. Trudeau.

Mme May était la dernière leader politique à être reçue par le premier ministre dans le cadre de consultations menées en vue du retour des députés à la Chambre des communes, le 5 décembre.

C’est une question morale. […] Nous ne sommes pas prêts à donner notre appui à un gouvernement qui ne comprend pas l’urgence climatique.

Elizabeth May, leader parlementaire du Parti vert

Trudeau invité à se fier aux experts

Pour Mme May, le Canada doit impérativement rehausser sa cible de réduction des gaz à effet de serre (GES), qui est de 30 % par rapport au niveau de 2005 d'ici 2030.

Cela est nettement insuffisant, selon elle, pour contribuer à ce que la température globale de la planète ne grimpe pas de plus de 1,5 °C par rapport à l'ère préindustrielle d'ici 2100, comme le prescrit l'Accord de Paris.

Pour y parvenir, dit Mme May, M. Trudeau devrait se fier au Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), qui recommande de diminuer les émissions de CO2 de 45 % d'ici 2030.

Pour ce faire, Ottawa doit abandonner le projet d’expansion du pipeline Trans Mountain, qu’a pourtant promis de concrétiser le premier ministre Trudeau, et refuser de subventionner tout projet de gazoduc.

Je ne crois pas qu’il est possible de construire de nouveaux pipelines et de prétendre que vous avez fait ce qu’il fallait pour assurer que la civilisation humaine va survivre, a dit Mme May.

Selon Mme May, Justin Trudeau ne s'est pas prononcé lorsqu'elle l'a informé des intentions de son parti, se contentant de dire qu'il en discuterait avec son ministre de l'Environnement.

Elle dit également lui avoir enjoint de se rendre à Madrid, en Espagne, pour le prochain sommet de l'ONU sur le climat (COP25), qui aura lieu du 2 au 13 décembre.

Lors de la campagne électorale, les libéraux se sont engagés à faire du Canada un pays carboneutre en 2050, mais pas à modifier la cible de réduction des GES du pays pour 2030, qui avait été initialement fixée par les conservateurs de Stephen Harper.

Le Parti vert proposait pour sa part de faire passer cette cible de 30 % à 60 % par rapport au niveau de 2005.

La leader parlementaire a aussi affirmé que M. Trudeau lui a confirmé son intention de faire adopter la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones lors de la prochaine session parlementaire.

Selon elle, M. Trudeau est également disposé à utiliser des dispositions de la Loi canadienne sur la santé pour s'assurer que la Clinique 554, la seule institution de santé privée qui pratique des avortements au Nouveau-Brunswick, demeure ouverte.

Interrogée sur la course à la direction de son parti, Elizabeth May a dit être d'avis que le prochain leader doit être complètement bilingue dès le départ.

Un désaccord prévisible

M. Trudeau n'a pas parlé aux journalistes après la rencontre.

Dans de brèves remarques offertes au préalable, il avait toutefois dit s'attendre à ce que lui et Mme May soient en désaccord quant au niveau d'ambition requis dans la lutte contre les changements climatiques.

Le premier ministre a profité de l'occasion pour vanter la contribution de Mme May à la vie politique du pays lors de son mandat comme chef du Parti vert.

Grâce à elle, a-t-il dit, le Canada ne se demande plus s'il doit lutter contre les changements climatiques, mais cherche les meilleurs moyens à préconiser pour y parvenir.

Mme May l'a remercié pour cette attention, avant de lui lancer, sourire en coin :Je promets d'être tout aussi dérangeante en tant que leader parlementaire!.

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