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Des chiffres imprécis sur l'achalandage des sociétés de transport

Usagers du RTC embarquant dans un métrobus.

Usagers du RTC embarquant dans un métrobus.

Photo : Radio-Canada / Olivia Laperrière-Roy

Jean-François Nadeau

Le Réseau de transport de la Capitale (RTC) et la Société de transport de Lévis (STLévis) ont présenté durant plusieurs années des statistiques qui pouvaient laisser croire que leur achalandage était plus important. Cette situation était causée par une méthode de calcul basée sur des estimations plutôt que des données réelles.

Les données diffusées par le RTC en 2017 stipulaient que l'organisation avait comptabilisé dans l'année 45,4 millions de passages, une hausse de 1,1 % par rapport à 2016. Ces chiffres étaient alors basés sur des estimations.

En 2018, le RTC a commencé à diffuser les données électroniques, donc le nombre de passages réels enregistrés par la carte Opus. On enregistrait alors une hausse de l'achalandage de 1,1 % par rapport à 2017, mais avec 32,3 millions de déplacements.

Cela représentait une baisse de 13,1 millions de passages par rapport aux chiffres présentés l'année précédente.

La carte Opus du RTC.

La carte Opus du RTC.

Photo : Radio-Canada / Alice Chiche

À Lévis

Le même phénomène s'observe à la STLévis.

L'achalandage estimé s'élevait à 4,3 millions de passages en 2017, alors que le nombre réel, en 2018, était réduit de 1,2 million de passages selon les données de la carte Opus compilées par le Journal de Québec.

Une hausse réelle

Malgré les différences, les sociétés de transport assurent que la hausse de l'achalandage n'est pas une invention.

La croissance est réelle. Elle est aussi validée par l'Enquête origine-destination. Sur 10 ans, on a quand même 26 % d'augmentation. On est une des sociétés au Québec qui a la plus belle hausse. Avec l'avènement du laissez-passer universitaire cet automne, on a enregistré notre meilleur mois de septembre à vie, affirme le président de la STLévis, Mario Fortier.

Le RTC utilise la carte Opus depuis 2008, alors qu'elle est en fonction depuis l'été 2012 à Lévis. Les données réelles concernant l'achalandage sont enregistrées depuis ce temps dans les serveurs informatiques de la Société de transport de Montréal (STM).

Un usager du Réseau de transport de la Capitale embarque dans un métrobus.

Un usager du Réseau de transport de la Capitale embarque dans un métrobus.

Photo : Radio-Canada / Olivia Laperrière-Roy

L'estimation, toujours une référence

Les données estimées sont basées sur les ventes de laissez-passer, qu'on multiplie par un nombre moyen de passages par usager. Cette méthode de calcul est toujours utilisée par la plupart des sociétés de transport ailleurs au pays.

Elle sert de référence pour l'obtention des subventions des gouvernements provincial et fédéral.

Le RTC et la STLévis continuent donc d'utiliser les deux méthodes.

Pour des fins de comparaisons entre sociétés, entre villes, entre provinces, ça nous prend une même base de calcul. Pour comparer des pommes avec des pommes, il faut avoir la même façon de comptabiliser le nombre de passages. Par exemple, pour un titre mensuel vendu, on peut donner une valeur de 40 passages, pour faire une moyenne, explique Mario Fortier.

Avant de changer quoi que ce soit et d'utiliser le portrait réel, il faut s'entendre avec le gouvernement, ajoute le président du RTC, Rémy Normand.

Il rappelle que le RTC a été la première société de transport à publier, il y a trois ans, les données obtenus via la carte Opus.

L'opposition s'inquiète

Le conseiller de Québec 21, Stevens Mélançon, dit bien comprendre la différence entre les deux méthodes de calcul. Il se dit toutefois préoccupé par le fait qu'il y ait une différence de 28 %, soit l'équivalent de 35 616 passages par jour, entre l'estimation et la réalité à Québec.

L'écart entre les données réels et estimés était de 15 % à Montréal, 14 % à Laval, 21 % à Longueuil et 18 % en Outaouais. Les chiffres les plus gonflés étaient à Québec, affirme-t-il.

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