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L’Île-du-Prince-Édouard delie les cordons de la bourse pour l’École Évangéline

Le Centre d'éducation Évangéline.

Le Centre d'éducation Évangéline en avril 2019

Photo : Radio-Canada / Julien Lecacheur

François Pierre Dufault

Grande oubliée du dernier budget d'immobilisation de l'Île-du-Prince-Édouard, l'École Évangéline se retrouve, cette année, en tête de liste des investissements du gouvernement provincial.

Les progressistes-conservateurs de Dennis King prévoient investir 20 millions de dollars sur cinq ans dans le remplacement ou la rénovation de trois écoles, dont la plus ancienne école de langue française de la province, située à Abram-Village dans la région Évangéline.

De cette somme, le gouvernement a réservé 8,8 millions de dollars d'ici 2025 pour l'École Évangéline, qui connaît des problèmes de chauffage et d'infiltration d'eau, selon des élèves et des membres du personnel. La Commission scolaire de langue française (CSLF) de l'Île-du-Prince-Édouard doit d'abord déterminer si le bâtiment construit dans les années 1960 doit être remplacé ou rénové.

Le reste de cette enveloppe, soit 11,2 millions de dollars, sera consacré à des projets de rénovation des écoles de langue anglaise d'Eliot River et de Montague.

Le gouvernement augmente aussi de 3,3 millions de dollars le budget prévu pour le remplacement de l'École Sherwood, à Charlottetown, annoncé depuis deux ans.

Les progressistes-conservateurs ajoutent également 1,2 million de dollars en 2020 pour l'achat de 30 nouveaux autobus scolaires, dont un premier autobus électrique dans le cadre d'un projet pilote.

C'est grâce à l'ambition, la ténacité et la créativité des Insulaires que notre économie demeure forte et en santé, ce qui nous permet de faire des investissements significatifs pour le bien-être à long terme des Insulaires, a déclaré la ministre des Finances, Darlene Compton, en marge du dépôt de son premier budget annuel d'immobilisation, vendredi.

Nous reconnaissons tous l'importance de la communauté francophone. Nous voulons prendre un engagement envers cette communauté. Cet investissement de 8,8 millions de dollars est le début d'une conversation.

Darlene Compton, ministre des Finances de l'Île-du-Prince-Édouard

En tout, le gouvernement King prévoit investir 156 millions de dollars dans l'infrastructure de la province au cours du prochain exercice financier. Il s'agit d'une somme comparable à celle investie par l'ancien gouvernement libéral de Wade MacLauchlan dans son dernier budget d'immobilisation.

Encore cette année, c'est le ministère des Transports, de l'Infrastructure et de l'Énergie qui obtient la part du lion du budget d'immobilisation. Les progressistes-conservateurs prévoient investir un total de 42 millions de dollars dans l'amélioration du réseau routier. Nos routes sont en mauvais état, concède la ministre Darlene Compton.

Une semaine après le dépôt d'un plan d'action visant les transports durables, le gouvernement promet 1,8 million de dollars pour l'amélioration du sentier de la Confédération dans le secteur du marais Fullerton, près de Stratford, en banlieue de Charlottetown. Il signale aussi son intention d'installer davantage de bornes de recharge pour les véhicules électriques, une dépense totale de 750 000 $.

Modernisation des installations pour la santé mentale

En santé, les progressistes-conservateurs annoncent 48 millions de dollars de plus que les 100 millions de dollars déjà prévus sur cinq ans par les libéraux afin de moderniser les installations et la façon dont les soins de santé mentale sont fournis. Une part importante de cet investissement doit être dédiée au remplacement du vieil hôpital psychiatrique Hillsborough, à Charlottetown, dont certaines sections sont âgées de plus de 90 ans.

Le gouvernement King prévoit aussi consacrer 8 millions de dollars en 2020 pour l'informatisation des dossiers médicaux des Insulaires, et 5 millions de dollars pour la mise sur pied de centres de santé ruraux, à la demande du Parti vert.

La ministre des Finances, Darlene Compton, dépose son budget à l’Assemblée législative.

La ministre des Finances, Darlene Compton, déposant en juin 2019 le premier budget de fonctionnement du gouvernement progressiste-conservateur de Dennis King à l’Assemblée législative de l'Île-du-Prince-Édouard.

Photo : Radio-Canada / François Pierre Dufault

Finalement, alors que l'Île-du-Prince-Édouard traverse une crise du logement sans précédent, les progressistes-conservateurs s'engagent à investir 17,5 millions de dollars au cours de la prochaine année dans la construction d'une centaine de logements communautaires.

Le gouvernement promet, par ailleurs, une somme de 12,3 millions destinée à l'aménagement d'une section pour les femmes à la prison provinciale à Charlottetown. Il s'engage à investir 6,6 millions de dollars afin de convertir à la biomasse les systèmes de chauffage de près d'une vingtaine d'immeubles publics.

L'opposition, qui détient la majorité des sièges à l'Assemblée législative, a réagi plutôt favorablement au dépôt de ce premier budget d'immobilisation des progressistes-conservateurs.

Je suis encouragée de voir qu'il y a de l'argent pour les centres de santé ruraux. C'était dans notre programme électoral, s'est réjouie la députée Michele Beaton, du Parti vert. Je suis aussi encouragée par l'engagement du gouvernement à acheter un autobus [scolaire] électrique. Nous ne pouvons pas aller de l'avant [avec l'électrification des transports] tant que nous n'aurons pas franchi cette première étape.

Ce serait assez difficile de voter contre ce budget. Si c'est bon pour les Insulaires, c'est bon pour les Insulaires. Je ne vais pas m'y opposer seulement pour m'y opposer, a déclaré à son tour le député libéral Heath MacDonald, qui a été ministre des Finances dans l'ancien gouvernement. Ce serait égoïste de notre part de critiquer ce budget alors qu'il ressemble à 90 % à un budget libéral.

Le chef du Nouveau Parti démocratique, Joe Byrne, salue l'investissement dans le renouvellement de l'École Évangéline. Par contre, le politicien qui ne siège pas à l'Assemblée législative, affirme qu'il aurait aimé voir un plus grand investissement dans le logement communautaire. Une centaine de logements, c'est bien. Mais ce n'est pas assez. On doit cesser de socialiser les coûts du logement et privatiser les profits. Ça ne marche pas, a-t-il insisté en mêlée de presse.

Un symbole de la résilience acadienne

La communauté acadienne et francophone de l'Île-du-Prince-Édouard attendait, quant à elle, un signal clair du gouvernement King dans son premier budget d'immobilisation.

Pour la CSLF, le feu vert de Charlottetown au renouvellement de l'École Évangéline est une marque de respect à l'égard de la minorité linguistique et de ses institutions. Le président de l'administration scolaire, Gilles Benoît, explique que l'école d'Abram-Village est devenue avec le temps un symbole de la résilience de la francophonie insulaire. Son ouverture dans les années 1960 a coïncidé avec une vaste réforme de l'éducation qui a entraîné la fermeture de toutes les autres écoles de langue française.

La communauté a maintenu ici l'éducation de langue française. Même dans les années les plus difficiles, la communauté a résisté et a gardé son école. C'est un château fort.

Gilles Benoît, président de la Commission scolaire de langue française de l'Île-du-Prince-Édouard

Pour sa part, Nick Arsenault, qui dirige le centre communautaire rattaché à l'École Évangéline, se dit rassuré par l'annonce du gouvernement. Maintenant, on va être capable de renouveler le centre [scolaire et communautaire] pour le rendre plus fort. En faisant ça, on va renouveler notre fierté acadienne, et notre fierté communautaire dans la région Évangéline, a réagi le père de trois enfants, vendredi.

L'ancien gouvernement libéral de Wade MacLauchlan avait refusé de financer le renouvellement de l'École Évangéline, reprochant du même souffle à la CSLF de se livrer à des machinations politiques.

Un homme debout devant un mur.

Gabriel Arsenault a pris la tête d'un groupe de travail sur le renouvellement de l'École Évangéline et du centre communautaire qui y est rattaché, à l'Île-du-Prince-Édouard.

Photo : Radio-Canada / Rose St-Pierre

Peu après ce refus, Gabriel Arsenault a pris la tête d'un groupe de travail sur le renouvellement de l'école et du centre communautaire qui y est rattaché. On a beaucoup consulté nos partenaires. On a développé un plan des espaces et des besoins d'un [édifice] renouvelé, a-t-il précisé en entrevue avec Radio-Canada. Au cours de la dernière année, le comité ad hoc a aussi fait du démarchage auprès des gouvernements provincial et fédéral afin de sensibiliser les élus à son projet.

Une enveloppe de 8,8 millions de dollars sur cinq ans ne sera peut-être pas suffisante pour mener à bien le projet de renouvellement de l'École Évangéline, selon la CSLF. C'est sûr que ce n'est pas suffisant pour une nouvelle construction. C'est peut-être bon pour une première phase, pour explorer les rénovations qui doivent être faites, a indiqué Natascha Joncas, la directrice générale de l'administration scolaire, vendredi.

L'ancien gouvernement libéral avait estimé les travaux à 20 millions de dollars.

Une contribution d'Ottawa serait également nécessaire pour compléter le montage financier du projet puisque l'école abrite des espaces communautaires dont le financement dépend en grande partie du gouvernement fédéral.

Avec des renseignements de Rose St-Pierre

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