•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Deuxième journée sans temps supplémentaire obligatoire pour la FIQ

Le reportage de Marie-Pier Mercier.

Photo : Radio-Canada

La Presse canadienne

Les infirmières membres de la FIQ tiennent à compter de 16 h, ce vendredi, leur deuxième « Journée sans TSO  », le fameux temps supplémentaire obligatoire.

C'est la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ), qui représente 76 000 infirmières, infirmières auxiliaires et autres professionnelles en soins, qui a lancé ce mouvement : une journée sans heures supplémentaires obligatoires, de vendredi 16 h à samedi 16 h.

Les infirmières avaient déjà tenu une journée similaire, le 8 avril dernier, en colère et lasses de voir que les promesses d'abolir le fameux TSO tardent à se concrétiser.

Elles en refont donc une deuxième, parce que le TSO continue, selon elles, d'être un mode de gestion dans les établissements de santé, plutôt qu'une situation d'exception.

Aujourd’hui on veut pour les professionnels en soins une journée de qualité et des soins sécuritaires à la grandeur du Québec. Une journée normale de travail, sans temps supplémentaire obligatoire.

Nancy Hogan, présidente du Syndicat interprofessionnel du CHU de Québec

Une prise d'otages

On gère avec le temps supplémentaire obligatoire. C'est une prise d'otages. C'est néfaste. C'est de la violence organisationnelle. Et je le dis haut et fort : il n'y a pas un corps d'emploi qui accepterait ça, à longueur de semaine et d'année, comme on fait là. Ça ne se peut plus! Il faut que ça cesse!, s'est exclamée la présidente de la FIQ, Nancy Bédard, en entrevue avec La Presse canadienne.

La Journée sans TSO n'est pas une consigne lancée à ses membres de refuser systématiquement de faire du TSO, mais une demande adressée aux directions des établissements de santé de tout faire pour éviter de contraindre les infirmières à en faire.

Ils doivent prioriser la gestion des horaires, faire une gestion humaine des horaires. On se cache derrière la pénurie pour recourir trop facilement aux heures supplémentaires obligatoires.

Nancy Bédard, présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé

Moi, je peux vous dire que, outre la pénurie, tous les jours j'ai des témoignages de gens qui me disent "j'ai juste deux jours/semaine, et l'employeur ne m'a pas appelée hier, et ma chum a fait du temps supplémentaire obligatoire". Le problème, c'est qu'on a aussi coupé énormément au niveau des gestionnaires, dans les dernières années, et ils ne sont plus assez pour gérer les postes, a résumé Mme Bédard.

Autres problèmes

La FIQ veut aussi profiter de cette deuxième Journée sans TSO pour colliger les moyens pris par les gestionnaires pour contourner le recours au TSO, notamment en ne comblant pas les absences.

Du temps supplémentaire obligatoire il y en a tous les jours dans les îlots parents-enfants, dans les urgences… il y a des gens qui demeurent au travail 16 heures, d’autres 12 heures, il y en a tous les jours.

Nancy Hogan, présidente du Syndicat interprofessionnel du CHU de Québec

Par exemple, pour éviter de contraindre une infirmière à faire du TSO pour remplacer une collègue malade, un gestionnaire va tout simplement ne pas combler son absence. Les infirmières en poste se retrouvent donc surchargées de travail.

D'autres gestionnaires font des substitutions de postes, comme demander à une infirmière auxiliaire de remplacer un préposé aux bénéficiaires qui est malade.

On perd plus de monde qu’on est capable d’en recruter […] Sans compter les étudiants qui entrent de moins en moins dans les programmes de soins. C’est 21 000 embauches dont on va avoir besoin à Québec pour donner les soins de santé d’ici cinq ans.  Si on continue à perdre des gens comme on le fait présentement bien ça sera peut-être 30 000 voire 35 000 embauches dont on aura besoin.

Patricia Lajoie, présidente du CIUSSS de la Capitale-Nationale

Lundi dernier, le Tribunal administratif du travail a donné son aval à l'entente qui était intervenue entre la FIQ et le Comité patronal de négociation, afin d'encadrer cette deuxième Journée sans TSO.

Ainsi, la FIQ s'est engagée à diffuser auprès de ses membres un appel à ne pas refuser systématiquement de faire des heures supplémentaires obligatoires. En revanche, les représentants des employeurs se sont engagés à rappeler aux établissements d'utiliser les moyens à leur disposition pour limiter le recours au TSO.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Santé

Société