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De plus en plus « d’ambassadeurs » de marque sur les réseaux sociaux

L'icone de l'application Instagram affichée sur un téléphone mobile.

De plus en plus d'ambassadeurs de marque, de simples citoyens qui font la promotion gratuitement d'un produit, sont approchés sur Instagram et Facebook.

Photo : Getty Images / bigtunaonline

Catherine Bouchard

Le phénomène des ambassadeurs, simples citoyens qui font la promotion d’une marque moyennant des rabais, prend de l’ampleur, estiment des spécialistes. Offrir des échantillons ou des rabais en échange de visibilité coûte moins cher aux entreprises que d’avoir recours à des égéries ou à des influenceurs sur Instagram ou Facebook.

J’aimerais t’offrir un 30 % de rabais sur les produits pour que tu puisses t’afficher sur ton compte. En achetant avec ce code qui donnera 10 % de rabais à tes amies et à ta famille. Lorsqu’il sera utilisé 5 fois, tu reçois un produit gratuit pour ajouter à ta collection.

Pas besoin d'être très populaire sur les réseaux sociaux pour recevoir une offre comme celle-là.

Des offres de rabais sur les produits en échange d'une visibilité pour un produit sont de plus en plus fréquentes sur les réseaux sociaux.

Des offres de rabais sur les produits en échange d'une visibilité pour un produit sont de plus en plus fréquentes sur les réseaux sociaux.

Photo : Radio-Canada

Les offres d’être ambassadeur d’une marque, même lorsqu’un compte est suivi par moins de 3000 abonnés sur Instagram, sont de plus en plus fréquentes.

Ce qu’on appelle des ambassadeurs, ce sont des gens comme vous et moi. On s’abonne à ces gens-là, parce qu’on est souvent amis avec ces gens-là. Donc, il y a plus d’interactions naturelles, explique le professeur en publicité de l’Université Laval, Christian Desîlets.

Or, aucune rémunération monétaire n'est offerte à ces internautes, qui n'ont droit qu'à des rabais ou des échantillons. Certaines offres nécessitent même que l'ambassadeur achète le produit pour lequel il fait de la promotion.

En message privé, sur Instagram, un message en anglais, indique : « Allô! Merci de ta réponse. Voici les quatre étapes pour devenir ambassadeur. 1- Reçoit ton code promotionnel de 40 % de rabais et de livraison gratuite aux États-Unis. Utilise ce coupon pour acheter n'importe lequel de nos produits au : http://. 2- Reçois un code promotionnel de 20 % en plus de la livraison gratuite aux États-Unis pour des abonnés, amis et ta famille . »

« Allô! Merci de ta réponse. Voici les quatre étapes pour devenir ambassadeur. 1- Reçoit ton code promotionnel de 40 % de rabais et de livraison gratuite aux États-Unis. Utilise ce coupon pour acheter n'importe lequel de nos produits au : 2- Reçois un code promotionnel de 20 % en plus de la livraison gratuite aux États-Unis pour des abonnés, amis et ta famille », peut-on lire dans ce message privé sur Instagram.

Photo : Radio-Canada

Le spécialiste en publicité indique que cette pratique fait d’abord et avant tout appel à la flatterie pour convaincre les internautes de se prêter au jeu.

On fait appel à la vanité de ces gens pour qu’ils disent à leur réseau qu’ils ont été ciblés, sélectionnés et invités à devenir ambassadeurs de leur marque, indique M. Desîlets. Pour l’égo, c’est formidable, mais financièrement, c’est ridicule.

Le professeur en publicité de l'Université Laval, Christian Desîlets, indique que les entreprises ont de plus en plus recours à des micro-influenceurs.

Le professeur en publicité de l'Université Laval, Christian Desîlets, indique que les entreprises ont de plus en plus recours à des micro-influenceurs.

Photo : Radio-Canada

Christian Desîlets dénonce la pratique qu’en échange d’un rabais, une entreprise demande de la visibilité. Selon lui, d’un point de vue éthique, les compagnies devraient au minimum fournir un échantillon du produit dont ils veulent mousser la vente.

C’est du cheap labor. [ ...] C'est non seulement condamnable, mais il faut que ce soit dénoncé sur la place publique. [ ...]C'est scandaleux.

Christian Desîlets, professeur en publicité à l'Université Laval

Selon lui, les marques utilisent de plus en plus d’ambassadeurs ou de micro-influenceurs, parce qu’il coûte moins cher de faire appel à eux qu'aux influenceurs très connus.

Des agences ciblent des comptes avec de belles photos dont la thématique cadre avec celle de l’entreprise, indépendamment du nombre d’abonnés. Selon lui, les faux abonnés de comptes très populaires posent un risque que les entreprises tentent d’éviter.

Il y a aussi de plus en plus d’influenceurs et c’est comme dans tous marchés, quand ils commencent à être sursollicités, les prix augmentent, élabore M. Desîlets.

Selon le site Influenceurs Québec, géré par l’agence de marketing Leeroy, la belle province aurait environ 1600 influenceurs, dont une grande proportion a moins de 3000 abonnés sur Instagram. Il n’existe aucun registre pour connaître le nombre exact d’influenceurs au Québec, selon les spécialistes en publicité questionnés par Radio-Canada.

L'avocate Sophie Deschênes-Hébert est spécialiste en droit du marketing.

L'avocate Sophie Deschênes-Hébert est spécialiste en droit du marketing.

Photo : Radio-Canada

Les règles pour les mineurs

L’avocate spécialisée en droit du marketing, Sophie Deschênes-Hébert, est souvent sollicitée pour des questions de droit entourant la publicité sur les réseaux sociaux. Elle indique que la loi permet aux entreprises d'offrir à leurs ambassadeurs des rabais à titre de rémunération. Par ailleurs, la loi ne prescrit pas un traitement spécifique pour les ambassadeurs d'âge mineur.

C'est sûr que par rapport à l'âge des influenceurs, à partir du moment où ils sont en âge de consentir à l'achat de produits, ou de faire des achats eux-mêmes, je vous dirais que d'un point de vue légal, il n'y a pas nécessairement d'implication mise à part l'interdiction de faire de la publicité destinée aux enfants de moins de 13 ans, indique l’avocate.

Parmi la soixantaine de plaintes reçues à l’Office de la protection du consommateur dans la dernière année, concernant la publicité qui cible les enfants, une seule porte sur la publicité dans les réseaux sociaux. Celle-ci dénonce une publicité sur YouTube.

Me Deschênes-Hébert indique que la loi évolue avec les nouvelles technologies. Les internautes qui font la promotion d'un produit ou d'un service sur le web doivent obligatoirement indiquer qu'ils prennent part à une campagne publicitaire.

Les normes canadiennes de la publicité ont changé les règles récemment. [ ...] Il faut indiquer clairement que ce témoignage-là est motivé par une rétribution monétaire, en produits ou en rabais.

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Mauricie et Centre du Québec

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