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Des chercheurs africains en IA empêchés d'assister à un congrès à Vancouver

Immigration et Citoyenneté Canada a refusé des visas à une trentaine de participants.

Un stylo et un formulaire

De nombreuses demandes de visa remplies par des chercheurs africains en intelligence artificielle ont encore été rejetées cette année par Immigration et Citoyenneté Canada.

Photo : iStockPhoto.com

Radio-Canada

Pour la deuxième année de suite, des experts originaires de l'Afrique peinent à venir au Canada pour assister à la Neural Information Processing Systems conference (NeurIPS), un important colloque consacré au développement de l'intelligence artificielle (IA).

Comme le rapporte la BBC, une trentaine de chercheurs – des Africains, pour la plupart – se sont vu refuser leur demande de visa pour participer à l'événement, qui se tiendra le mois prochain à Vancouver.

C'est la deuxième année de suite que survient ce type de difficulté. En décembre 2018, plus de 100 chercheurs s'étaient vu refuser le visa nécessaire pour venir assister à l'événement, au Palais des congrès de Montréal.

Cette année, les organisateurs avaient pourtant travaillé avec le ministère fédéral de l'Immigration en leur transmettant en amont une liste des invités.

Mais le problème a persisté.

Plusieurs des chercheurs ayant échoué à obtenir un visa disent que, dans la lettre de refus qu'ils ont reçue, Immigration et Citoyenneté Canada affirme ne pas avoir reçu les garanties nécessaires pour s'assurer que le demandeur quittera le pays une fois le congrès terminé.

Un couac qui ne devait pas se répéter

Le premier ministre Justin Trudeau avait pourtant laissé entendre l'an dernier que la situation ne se reproduirait pas, assurant que le Canada était parmi les meilleurs au monde dans sa façon de gérer l'approbation des visas et d'encourager les gens de partout dans le monde à venir participer à des événements internationaux d'importance comme celui-là.

Je suis certain qu'il y aura des gens qui se pencheront sur la situation, avait-il déclaré à la revue spécialisée Wired.

Comme les refus ont été transmis par différentes ambassades, les organisateurs du congrès de Vancouver ne savent pas exactement combien de visas ont été refusés jusqu'à maintenant. Les responsables de l'atelier « Black in AI » (« Les Noirs et l'intelligence artificielle », en français) estiment toutefois que les demandes d'environ 30 chercheurs ont été rejetées, la plupart dans des pays africains.

Depuis la semaine dernière, des pressions de la NeurIPS auraient toutefois permis de changer la décision du gouvernement dans 15 des 30 dossiers.

M. Bengio devant un tableau blanc, les mains sur les hanches.

Yoshua Bengio est l'un des leaders mondiaux dans le domaine de l'intelligence artificielle.

Photo : Radio-Canada / Tom Howell

C'est une loterie, a résumé le Québécois Yoshua Bengio, l'une des figures de proue de la révolution en intelligence artificielle, dans un entretien accordé à la revue MIT Technologie Review. Très souvent, ils [les agents d'Immigration Canada] vont utiliser n'importe quelle excuse pour refuser l'accès [aux invités provenant de l'étranger]. C'est complètement injuste.

Ces ennuis ont d'ailleurs poussé les responsables d'un autre congrès international en intelligence artificielle à présenter leur prochain événement dans un autre pays que le Canada, et ce, malgré sa réputation enviable en la matière.

Après la NeurIPS de Montréal, l'an dernier, M. Bengio et les autres organisateurs de l'ICLR (International Conference on Learning Representations) ont choisi de tenir leur colloque de 2020 à... Addis-Abeba, en Éthiopie.

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