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Moins d'engouement pour la « résistance » franco-ontarienne un an plus tard

Un jeune enfant sur les épaules de son père dans la foule.

Il y a un an, débutait le mouvement de résistance contre les compressions de Doug Ford en francophonie.

Photo : Radio-Canada / Michel Aspirot © 2018

Radio-Canada

Un an après les compressions du gouvernement Ford dans les services en français et les manifestations qui s’en sont suivies, plusieurs jeunes francophones ne se sentent plus aussi mobilisés.

Alex Tétreault s’est toujours exprimé sur les enjeux francophones, mais depuis quelques mois, il ne s’identifie plus comme franco-ontarien.

Le mouvement de la résistance des Franco-Ontariens n’a pas su s’allier aux autres communautés touchées par les compressions du gouvernement Ford, selon lui.

Pendant le jeudi noir, il y avait l'intervenant pour les enfants et le commissaire à l'environnement, dont les deux postes ont été coupés. Sur ces fronts-là, on n'a absolument rien entendu

Alex Tétreault

Il choisit plutôt de s'identifier comme franco-sudburois, ce qui reflète mieux les valeurs de sa communauté selon lui.

La communauté franco-sudburoise privilégie les arts, la culture, des choses qui sont ouvertes, qui sont davantage accessibles à tous. C’est un langage que tout le monde peut parler qui n’est pas fondé sur l’idée d’être un francophone de souche, dit-il.

Alex Tétreault en studio à Radio-Canada Sudbury

Alex Tétreault préfère s'identifier comme franco-sudburois que franco-ontarien.

Photo : Radio-Canada

Mathieu Gagnon, lui, n'a pas participé aux manifestations même s'il est francophone.

Il fait plus d'efforts pour parler en français depuis l'an dernier, mais il n'est pas imité par ses proches.

Des fois je vais leur parler en français pour essayer de les encourager, mais c'est difficile, avoue-t-il.

L'essayiste et professeure en science politique Aurélie Lacassagne estime tout de même que la résistance a eu un effet mobilisateur.

Je pense que les attaques de Doug Ford contre la communauté ont réussi à mobiliser des personnes qui, auparavant, n’étaient pas nécessairement des francophones combatifs.

Aurélie Lacassagne, auteure de Perspectives créoles sur la culture et l'identité franco-ontarienne

Mais le mouvement a manqué l’occasion d’attirer de nouveaux francophones en son sein, selon elle.

On a vu quand même, lors de ces mobilisations [une] francophonie ontarienne qui était très traditionnelle, beaucoup plus canadienne-française que franco-ontarienne. Il manquait un peu de diversité et de couleur, ça a été noté par plusieurs, dit-elle.

Aurélie Lacassagne, entrevue à Radio-Canada

Aurélie Lacassagne est professeure de sciences politiques à l'Université Laurentienne.

Photo : Radio-Canada

Malgré le manque d’enthousiasme de certains, la résistance a cependant porté fruit pour plusieurs entreprises et organismes francophones.

L’ACFO du Grand Sudbury, qui détient les droits de distribution du drapeau franco-ontarien, a connu une hausse des commandes du drapeau.

L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario a pour sa part répertorié 300 nouvelles adhésions, seulement un mois après les compressions.

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