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Les fraudeurs utilisent des numéros de téléphone locaux pour tenter de vous berner

Une jeune femme appuie sur l'écran de son téléphone cellulaire.

Attention aux fraudeurs qui utilisent des numéros de téléphone locaux pour tenter de vous berner.

Photo : iStock

Radio-Canada

Les escroqueries par téléphone deviennent de plus en plus sophistiquées, note le Centre antifraude du Canada, qui met le public en garde contre l'utilisation par les fraudeurs de numéros locaux pour tenter de faire croire qu'il s'agit d'un appel légitime.

C'est arrivé au Torontois George Baiden, qui ne répond pas généralement aux numéros inconnus sur son téléphone cellulaire.

Il a toutefois mordu à l'hameçon récemment en voyant que l'appel venait d'un numéro avec l'indicatif local, 416. Il s'est vite rendu compte qu'il s'agissait d'un fraudeur qui essayait de se faire passer pour un employé de l'Agence du revenu du Canada.

Je lui ai dit : "C'est vous qui m'appelez, alors dites-moi quel est mon nom". Il m'a répondu que c'était à moi de m'identifier, raconte M. Baiden.

George Baiden en entrevue.

George Baiden raconte qu'il reçoit souvent des appels de fraudeurs sur son téléphone cellulaire.

Photo :  CBC/Craig Chivers

Après que le fraudeur eut raccroché, exaspéré, M. Baiden a composé le numéro duquel il avait appelé pour tomber sur un autre homme de Toronto qui assurait qu'il ne l'avait jamais appelé. En fait, ce dernier lui a dit qu'il s'apprêtait à le rappeler, parce que son numéro apparaissait dans la liste des appels ratés sur son téléphone.

C'est inquiétant.

Originaire de Hearst, Sébastien Plamondon rapporte lui aussi que son numéro aurait été utilisé à au moins trois reprises en un peu plus d’un mois.

La première fois, quelqu’un m’a juste appelé en me disant : “J’ai reçu un appel de ton numéro, est-ce que tu m’as appelé? J’ai dit : “Non, je ne vous ai pas appelé, je ne reconnais même pas ce numéro." Ils me disent : “On a reçu un appel de ton numéro disant qu’on avait gagné de l’argent ou qu’on allait recevoir de l’argent”, raconte ce jeune de 17 ans qui vit présentement en Nouvelle-Écosse.

Bien qu’il n’ait rien remarqué d’anormal sur ses factures de téléphone, il admet être préoccupé.

C’est inquiétant. Je ne connais pas grand-chose dans la technologie, mais savoir que quelqu’un peut juste faire semblant d’être moi, d’avoir mon numéro de téléphone, ça m’inquiète. Quelles autres sortes de choses ces personnes-là peuvent faire avec la technologie concernant l’argent, les banques, notre information personnelle, utiliser notre nom?

Sébastien Plamondon

Ne vous fiez pas à l'afficheur

Le Centre antifraude conseille aux Canadiens de ne pas se fier à leur afficheur, décrivant cette fonction comme une commodité et non pas une fonction sécurisée.

Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) collabore actuellement avec les fournisseurs pour réduire le nombre d'appels frauduleux du genre.

Bell et Rogers, par exemple, disent être en train de tester de nouvelles technologies de protection d'appel.

Pour l'experte et professeure au campus de Mississauga de l'Université de Toronto Rhonda McEwen, les fournisseurs ont tout avantage à aider leurs abonnés à bloquer ces appels indésirables avant qu'ils choisissent d'autres moyens de communication. Il n'y a pas ce problème avec des applications comme WhatsApp, souligne-t-elle.

Entre-temps, elle recommande aux abonnés de faire ajouter leur numéro à la liste nationale de numéros de télécommunication exclus et de bloquer tout numéro inconnu qui apparaît fréquemment sur leur afficheur.

C'est une [fraude] à l'échelle mondiale, remarque-t-elle. [Les fraudeurs] gagnent beaucoup d'argent à faire ça.

Une recrudescence au pays

Un expert en cybersécurité, Steve Waterhouse, observe une recrudescence des fraudes téléphoniques à travers le pays bien que celles-ci existent depuis très longtemps.

Il explique que les faussaires sont capables de projeter n’importe quelle information en utilisant la téléphonie IP et met en garde contre l’afficheur des téléphones qui n’est pas un gage d’authentification sécuritaire.

Un homme dans une salle de nouvelles regarde l'objectif.

Steve Waterhouse est expert en cybersécurité et chargé de cours à l’Université de Sherbrooke.

Photo : Radio-Canada

En cas de doute, il conseille de raccrocher et de rappeler le numéro original de l'organisation dont la personne au bout du fil prétendait être le représentant.

De cette manière-là, vous aurez la certitude de parler avec de vrais agents, parce qu’il n’y a rien de plus grave que de donner des informations personnelles à la personne qui prétend être de cette organisation-là.

Il ajoute que c'est difficile de trouver l'origine des appels des fraudeurs.

C’est fort probable que ce sont des appels téléphoniques qui passent à travers l’Internet et, pour ce faire, ça prend du logiciel et du matériel spécialisés pour être capable de retracer la source de cet appel-là. Et si ce sont des professionnels, ils auront pris des mesures pour protéger la source de provenance de ces appels-là.

Avec les informations de CBC News

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Toronto

Fraude